dimanche 3 juillet 2016

Dimanche 03/07/16 : Elsass'Bike Marathon

Les reportages sur l'excellent magazine web Vojo m'avaient donné envie de participer à une nouvelle épreuve, créée en 2015 , l'Elsass'Bike. Lorrain d'origine et ayant passé beaucoup de temps dans les Vosges dans ma jeunesse, j'avais très envie de retrouver cette région magnifique. Benoit qui avait gardé un bon souvenir de nos participations à l'XXX'Trem de Remiremont n'hésite pas à chambouler son planning perso pour m'accompagner. 
Nous partons le samedi en début d'après-midi en direction de Wangenbourg-Egenthal, lieu de départ de l'épreuve. Le trajet sur l'A4 que je n'ai pas empruntée depuis des années et le décès de ma maman , évoque plein de souvenirs en lisant sur les panneaux les noms de lieux qui ont jalonnés mon enfance. J'ai l'impression de rentrer à la maison. La circulation est fluide malgré les départs en vacances et nous sortons à Saverne après à peine 3h30 de route. En quelques kms, la paysage change du tout au tout. Nous passons de la fureur de l'autoroute au calme de toutes petites routes dans les bois. Ca nous rappelle notre arrivée à l'AltaVTT dans les monts du Lyonnais il y a maintenant presque 10 ans. Nous suivons les panneaux pour rejoindre la magnifique salle polyvalente de Wangenbourg. 
Le point de départ est idéal avec un équipement au top , de la place pour les voitures et un petit salon VTT où sont exposés de bien belles machines ainsi que des vélos électrique. L'épreuve étant parrainée par le grand champion local Thomas Dietch, la marque Bulls qu'il représente a un stand sur place. Comme il était possible de faire le parcours sur 2 jours, il y a du monde à notre arrivée les participants du samedi étant en plein rangement des vélos. Nous sommes accueilli avec une gentillesse incroyable, on nous serre la main et nous avons le droit à un sac Elsass'Bike contenant tout un package participant ainsi que notre plaque de cadre, gravée à notre nom. On ne lésine pas ici pour faire plaisir ! Le briefing nous inquiète un petit peu : il a plu pendant la journée, on nous annonce du soleil mais 8°C au départ ( en juillet !!! ) , un terrain gras et une végétation gorgée d'eau censée nous tremper dans les premiers kms. Gloups .... ça m'intrigue quand même, l'herbe bien sèche et visuellement les sentiers aussi ... Bon on verra bien . 
Alors que j'admire en sortant un beau Spé Levo électrique, notre organisateur me dit "tu veux l'essayer ?" . Je ne me fais pas prier. Première sur un vélo électrique. Il m'explique le fonctionnement de la bête et c'est parti. Wouah ! Incroyable. Sans qu'on entende le moindre bruit et sans avoir l'impression qu'il y a un moteur, l'assistance se déclenche au pédalage et d'un coup, les bosses deviennent des descentes ! Ca avance absolument tout seul. Je saute un talus .... en montée puis file sur un multiples singles du coin . Le vélo est en 27,5+, combiné à l'assistance, c'est un tapis volant. Les raidars ne sont que des amusements et le poids ( conséquent ) de l'engin en fait un rail en descente. Sympa ! 
Retour à l'hôtel des Vosges à Birkenwald, très bel établissement niché dans un petit village , avec beaucoup de charme et une patronne aux petits soins pour nous. Elle veut même changer la chambre de Benoit en voyant sa taille.  Je réserve un resto alsacien pour le soir, ayant une grosse envie de Flammekueche, j'en ai pas mangé depuis des années. Belle soirée au resto, là encore super accueil par une jolie petite serveuse. Petit verre de vendanges tardives en apéro, une salade gourmande et une Flammekueche gratinée, miam ... plein de forces pour le lendemain. 
Lever matinal, ça rigole pas , départ à 6h30 , le départ de l'Elass'Bike Marathon 110km est à 7h15  , grrr, j'aime pas me lever tôt ! 
A peine un quart d'heure depuis l'hôtel, nous voilà au départ. 
7h15, c'est parti ! On y va tranquille, on est partis pour 110 km et plus de 3000 de D+, donc gardons nos forces. Un petit coup de cul bien raide nous chauffe de suite en plein milieu du village. Et nous voilà déjà sur un beau single en balcon avec vue sur la vallée. Il faut beau, top ! Je sens de suite que la journée va bien se passer, les jambes tournent toutes seules. Pour commencer, on a le droit à 12km d'ascension vers le plus culminant du parcours, le col du Hoellenwasen à 910m. 500m de D+ pour s'échauffer. On alterne passages sur pistes et singles dans les bois. Nous sommes bien lancés maintenant, je gère au cardio pour ne pas m'emballer et nous remontons de nombreux concurrents avant le sommet, bon pour le moral. 
Le temps d'apprécier la vue, quelques montées descentes, et nous voilà au ravito 1 après 17 km effectués à 13 de moyenne, on va se caler sur ce rythme toute la journée. Il ne fait pas très chaud sur les hauteurs, les manchettes sont appréciables car je les remettrai plus d'une fois dans les passages descendants. Le terrain est parfait sur cette partie, notre organisateur était soit un grand plaisantin soit très pessimiste hier. 
Au fur et à mesure de notre progression, on rencontre quand même des passages gras, rien d'effrayant pour qui connait l'état de nos sentiers en RP actuellement :-). Le Taipan devant et l'Ikon derrière font le job à la perfection, vélo au top, qui grimpe comme un cabri avec ses nouvelles roues XR1501.
On est bien secoué dans les longues descentes pierreuses dont on n'a plus l'habitude. Les bras souffrent un peu, mais on a la banane. Benoit est en pleine confiance et franchit marches et autres dalles "bleauesques" sans la moindre hésitation. Beaux passages technico ludiques dans des paysages superbes, qu'est-ce qu'on est bien ici ! 
Ravito 2 au km34 après une montée dans les racines , au pied d'un beau rocher rouge. Le temps de se restaurer et il faut justement grimper vers le rocher, dur , dur c'est raide et mal pavé. Mais la vue au sommet est exceptionnelle, j'ail le vertige en prenant la photo sur un rocher qui s'avance dans le vide avec 300m sous mes pieds.  La suite est plus grasse, on longe un torrent . L'Ikon est top car il tracte bien mais ne colle pas. Benoit a un peu plus de mal , au point de lâcher un peu dans la longue montée qui suit où nous prenont 400m de D+, les 3/4 sur un single enraciné qui grimpe dans une pente soutenue. Je reprend encore pas mal de monde. Grosse descente technique avec plein d'épingles ensuite. Il y a de la pente et du technique. Pensée pour Bast. Je ne me sens absolument pas fatigué, donc la concentration est là et je suis tout content de tout passer sur le vélo bien que je sois sur le SR. Marchounettes, dalounettes, epinglounettes avec de la pente raide, mais ça passe, youpi . 
Retour au point de départ, une bonne chose , car on fait un pit stop à la voiture pour remettre de l'huile sur la transmission. 
Et nous voilà repartis pour la boucle 2. 
Evidemment, ça monte, ça monte, interminable et plutôt raide par ce versant. Benoit a un petit coup de pompe et se dit qu'il aurait du rester à la voiture . On s'encourage, on grimpe, parfois à pieds car certains passages sont impassables sur quelques mètres. Après 10km à grimper , la récompense arrive. Un super descente. Longue. Pendant 15km , on file sur des singles dans les bois, peu d'obstacles ici, c'est archi fluide. Le vélo file sans un bruit ( sauf les cui-cui de la selle de Benoit :-) ) , à toute vitesse, ça saute, ca virevolte, super terrain bien sec avec de l'adhérence, le pied absolu, une des plus belles descentes que j'ai faite. On continue ensuite quelques km en pente descendante à plus de 30 km/h, ça remonte la moyenne. On roule depuis un bout de temps avec un groupe de locaux de 8 concurrents, qui nous passe puis on les rattrape, ils nous repassent etc ... sympa. Il y a manifestement des pointures dans le lot qui nous passent à toute vitesse avant de s'arrêter pour attendre les copains.
Km 85, ravito "fontaine à chocolat" . Mais les petits parcours ont tout bouffé ! Il faut dire qu'ici , les ravitos sont royaux. Sucré, salé, boisson energétique, enfin tout ce qu'on peut espérer, barbecue etc ... Pas de fontaine à chocolat mais un gâteau qui sort du four pour se faire pardonner. 
Nous repartons pour le final, il reste 25km . L'altimètre m'inquiète, on est descendus à 250m, ça laisse craindre une grosse remontée. On commence par un très joli sentier en balcon qui ne monte pas trop. Ludique. Puis ça monte. Fort . Longtemps . Benoit a un peu de mal, on reste ensemble, nos copains locaux repassent. Comment ils font pour monter si vite ? Mais en fait, l'écart ne grandit pas et finalement on revient au train. Un raidar terrible. Benoit grimpe à pieds, je m'arrache pour passer. Arrivé en haut, une décharge d'adrénaline, d'un coup, j'ai des jambes de feu. Raah , tiens je vais impressionner les pointures du groupe 8 . J'atomise les 8 gars en mode turbo avec 10km/h de mieux, le FM056 vole littéralemment dans la pente, grisant ! Ca dure pas longtemps, je suis vite atomisé aussi :-) . Je réalise que dans le groupe il y a un grand type avec un Bulls Black Ader. Ce n'est qu'à l'arrivée que je me dirai soudain : un grand type sur un Bulls Black Ader ? C'était peut-être Thomas Diestch qui les accompagnait ?  Bon, je saurai jamais . Je rejoins le dernier ravito et attends tout le monde. 
Final en descente me dit un organisateur. Je lui raconte qu'on m'a fait le coup plusieurs fois et qu'en général ça monte. 
Gagné ! Après une descente dans les pavasses que Benoit dévale comme si c'était plat ( gaffe les gars, le Benoilator il prend confiance dans le technique ), on remonte, ça n'en finit pas. Je roule avec les 8 gars qui alternent accélérations et ralentissement pour attendre leurs potes. Enfin, ça descend, il reste 6km. Je lâche tout ... et fait l'erreur de parcours du jour, à ma décharge, le balisage avait disparu sur une bifurcation à gauche dans la pente, seul endroit où il y avait un souci , le reste était absolument irréprochable . Heureusement, on a la trace GPS qui me rappelle à l'ordre, un peu tard car je regardais plutôt devant moi que sur l'écran, 2km de plus quand même revenir au bon endroit  :-)  Très belle descente fluide encore pour le final , avec la dernière bosse de 1km, bien raide , pour rejoindre l'arrivée après 9h10 de roulage, 115km et 3920m de D+ . Je récupère mon tee-shirt finisher et on engloutit 3 tartes flambées offerts par une charmante hôtesse. 
Retour à la maison, France 5 - Islande 2 , il y a des jours comme ça où tout tourne dans le bon sens !
Un super souvenir . Et une épreuve magique, à refaire absolument . 

1 commentaire:

David Schuster a dit…

J'en veux :)
Merci pour le répérage, ça fait envie