dimanche 26 juin 2022

Vendredi 24/06/22 : Gravel of Legend Ultra 300

 

J'avais initialement prévu de tenter le Tour du Mont Blanc en 2022 en vélo de route mais le manque de temps pour m'entraîner suffisamment m'incite à renouveler la bonne expérience de la Gravel of Legend 2021 dont nous avions bien apprécié la première édition. 

La Gravel of Legend est organisée dans le cadre du salon Gravel Nature is Bike à Angers et relie Arromanches les Bains ( Gold Beach d'où le nom de l'épreuve : Gravel Of LegenD = GOLD ) 

Me voilà donc inscrit, tout seul sur la version Ultra Distance 320 km car mes copains de club ont cette année opté pour la version bikepacking qui se fait en 2 jours avec bivouac le premier soir. Pas fan ( du tout ) des bivouacs sous la tente, je préfère rester sur la version en un jour, dont le coté extrême me plait bien. 

L'entraînement, limité en temps, mais efficace en qualité se passe bien , et les indicateurs de forme sont au vert les 2 dernières semaines avant l'épreuve avec de bonnes performances sur mes segments Strava favoris. Je suis donc plutôt confiant et pas stressé par l"évenement. 

L'année dernière, j'étais allé en voiture à Angers pour rejoindre Arromanches en train via le Mans et Caen , mais cette année , il est possible de revenir d'Angers en TGV sans démonter le vélo , qui plus est avec un train qui arrive à Massy pas loin de la maison . Adjugé donc , départ en TER avec Yann jusqu'à Bayeux le jeudi matin et retour TGV le samedi depuis Angers . Oliv et le reste de la troupe adopte mon scénario 2021 avec voiture déposée à Angers et train jusqu'à Caen. 

Lever à 8h jeudi matin pour rejoindre la gare Saint Lazare , départ à 11h . Arrivés à Bayeux nous retrouvons les copains en provenance de la gare de Caen pour un déjeuner sympa au café en face de la Gare où le chef ne lésine pas sur les quantités . 



Nous arrivons à Arromanches vers 16h30 . Contrôle technique des vélos puis chacun va déposer ses affaires au gite . Le mien est en haut de la fameuse côte d'Arromanches à l'entrée du petit village de Saint Côme de Laisné . Le gite est top , il y a juste 100m de D+ à faire pour le rejoindre 😱 . A faire deux fois puisqu'on boira une bonne petite bière sur notre terrasse préférée en bord de mer avant le briefing prévu à 19h30 


Second orage , j'attends une accalmie pour rejoindre le site du briefing ( différent de celui de 2021 ) heureusement sité à 100m du café . 

Il y a un monde fou cette année ( 400 ultra 300 + 100 bikepacking sur 2 jours ) . Le briefing comme l'année dernière insite sur la sécurité . Briefing néanmoins à revoir car la position des ravitaillements indiqués et les horaires de passage donnés sont un peu fantaisistes ( Porte horaire annoncée à 10h30 à Bagnoles de L'Orne ) soit 133 km de Gravel et 2000 de D+ à faire en 4h30 !!! On est plusieurs à poser la question sans que l'organisation n'y fasse beaucoup attention , à revoir pour 2023  . Pas inquiet pour les portes horaires, on était passés plus que large en 2021 . 

Diner super à la Créperie Recto-Verso à recommander chaudement, patronne A-D-O-R-A-B-L-E . 




Une bonne nuit , un peu courte , lever 4h30 pour un petit déjeuner à base de "Sport Dej" , je n'aime qu'à moitié le gout mais cela avait bien fonctionné en 2021 , on ne change pas les choses qui marchent sur ce genre d'épreuve. 

5h30 , sac déposé à la consigne pour le récupérer à Angers . 5h45 , je suis sur le site de départ . 

On fera le départ en deux fois cette année : nous sommes à marée haute , donc impossible de partir de la plage GOLD . Donc l'organisation à prévu un 2ème départ massif ( télévisions mobilisées ) sur une autre plage 3 km plus loin . On nous explique bien que la bande de roulement sera étroite ( rappel : marée haute ) et qu'il faut rouler à la limite de l'eau sous peine de resté bloqué dans le sable mou . 

Conclusion : faut etre dans les premiers ! 

Le départ se fait derrière moto pour ces 3 km de liaison 





Cette fois c'est parti , je reste bien à gauche au bord de l'eau , le virage à droite en bout de plage se fait en poussant le vélo , c'est quand même bien mou . 

Enfin nous voilà en action . Comme souvent le matin , je suis à moitié réveillé et sans grandes sensations . Je ne vois plus mes camarades de St Michel , accompagnés de Eric et David . Je connaissais déjà Eric , un copain de Stephane , mais bien content d'avoir fait la connaissance de David , un nouveau venu dans la bande qui sait mettre de l'ambiance. 

On nous a annoncé un terrain miné pendant le briefing ce qui m'étonnait quand même : deux gros orages , mais secheresse depuis quelques semaines . Effectivement , c'est un peu humide par endroit mais rien de bien méchant. J'etrenne de nouvelles lunettes achetées à l'InterSport de Bayeux , mes lunettes habituelles étant tombées du sac dans le train quand je l'ai ouvert pour récupérer le chargeur du téléphone. 

Lunettes bien sombres, en arrivant dans la première forêt, c'est tout juste si je distingue ce qui se passe devant ma roue. Pour le coup , il y a une petite couche de boue liquide bien glissante et paf , je ne vois pas une racine , le vélo part en sucette et je m'étale sur le coté gauche . Pas de bobo , si ce n'est l'amour propre. 

Me voilà reparti , je fais environ 1 km , re-racine, repaf , cette fois à droite . Toujours pas de bobo , mais je repars doucement , l'entrée en matière ne se passe pas idéalement , petit coup au moral. 

Quelques minutes plus loin, le support du GPS s'affaisse d'un coup . La vis du support à cassé , ayant sans doute subit une contrainte dans une des chutes . Gros souci : pas de balisage , impossible de rouler sans le GPS . 

Heureusement, j'ai des colliers rilsan ( la force de l'expérience 😀 ) et cela me permet de bricoler une solution de fortune en attachant le GPS à la potence 



Je n'ai pas la place de mettre plus d'un seul rilsan . Je serre fort , mais j'ai un doute pour les descentes qui tabassent. Pendant la réparation, je vois passer les copains qui m'ont rejoint . 

Je repars, rattrape la bande "bikepacking" , bien sympa d'entendre leurs encouragements , aller faut pousser sur les pédales , j'ai 300 km à faire ! 

Première descente qui tabasse , arrivé en bas ... plus de GPS ! Aaaarrrrggghhh ! La catastrophe ! Je suis dégouté , je freine pour faire demi tour et en freinant je vois le GPS pendouiller suspendu à sa dragonne . Toujours fixer le GPS à la dragonne ! Ouf , sauvé . Bon il va falloir faire gaffe dans les descentes , j'ai une petite pince sur moi, je serre le rilsan autant que possible et miraculeusement, cela tiendra jusqu'à l'arrivée ( du moins ... la fixation mais on en reparle ) 

On roule à 90% sur des sentiers plus ou moins larges, peu de route , sauf pour une montée de 2km à 20% qui va bien faire mal aux jambes , elle est nouvelle pour cette année et bien costaud , je benis le pignon de 40 à l'arrière et remonte un grand nombre de concurrents en train de zigzaguer . 

Arrivée au ravito 1 au bout de 56 km , juste après avoir rejoint la première voie verte qui ne durera que quelques kms . Le nombre de kms sur voie verte est divisé par deux par rapport à 2021 , cela change tout sur la difficulté du parcours . 

Ravito 1 


Remplissage des gourdes, vidange du cycliste , je grignote banane, compote , chips et barre energétiques et c'est reparti . 

Prochain ravito km 133 à Bagnoles de l'Orne . 

Entre les deux : du D+ , du chemin, du single , parfois technique avec racines . La luminosité augmente et je vois enfin ce qu'il y a devant mes roues , plus de chute à craindre , le GPS tient . 

Les sensations arrivent petit à petit  . 

Nouveau passage sur voie verte à la sortie de Flers . Cette année , toutes les villes sont contournées . Sympa pour la qualité du parcours , mais du coup , on ne croise quasiment aucun commerce. J'ai reperé une boulangerie pas loin du parcours au km 101 à Messei . C'est mon objectif pour la pause déjeuner, il est presque midi . 

Arrivée à la boulangerie : vendue, fermée 😢

Heureusement, il y a un CocciMarket juste à coté , ouf ! 




J'achète deux sandwichs, un coca , un yaourt à boire et je m'installe sur un banc de la place du village pour dévorer tout ça . 

Avant de repartir, je regarde le site de la course : http://course.solustop.com 

Quoi !! Je suis 248 ??? Oulala mais ça craint, je pensais être plus devant ! 

Je repars le couteau entre les dents , et dès que je rejoins la voie verte, j'enclenche le turbo. 

A partir de ce moment, je ne vais faire que dépasser des concurrents . Je les compte 1 par 1 😀 . Les jambes répondent super bien, je me sens en pleine forme comme souvent l'après-midi. Et ce petit jeu du "allez encore un de dépassé" me motive bien . 

On arrive au joli site des buttes rouges, pour une longue montée vers Bagnoles . 



Enfin c'est l'arrivée au ravito 2 , près du chateau . 



Ravitaillement rapide , j'ai des places à remonter moi ! 

Le départ du ravito est un chantier . Je doute de mon GPS quand il m'indique un petit sentier rocheux improbable à droite mais on est plusieurs et nos GPS nous disent tous la même chose. 

Bon je descends le truc à vélo histoire d'impressioner la concurrence , mais là , le GPS dit à gauche , et à gauche , cà monte à pic , improbable . Quelle idée de nous faire passer par là . Séance escalade à Gravel . Puis ça redescend sur des rochers glissants . Je me rappelle une histoire de pierrier au briefing , on doit y être . 

Le gars devant moi met un pied sur le rocher et paf , il finit 3 m plus bas avec le vélo sur la tête heureusement sans bobo . 

Hum ... descente ... prudente ... 

On finit par arriver en bas mais franchement, je ne vois pas l'intérêt d'avoir mis ça sur le parcours . 

C'est reparti , on traverse la campagne , c'est joli, vallonné mais il y a un vent de face de fou ! . Je ne pense qu'à une chose, voir et dépasser des gars devant moi . Un vrai obsédé le JP . Ce n'est pas la foule , et je peux compter les gens que je passe . 

Arrivée finalement assez rapide dans la "zone des chateaux" . Chateau du Bois Thibaud puis Chateau de Lassay où il y a un ravito ... surprise ( je ne l'avais pas en tête celui là ) . Joli passage, entièrement en single entre les deux châteaux, avec même des passerelles au-dessus des étangs, on regarde bien devant histoire de ne pas aller dire bonjour aux canards . 







Ravito éclair, remplissage des gourdes , car malgré la petite pluie qui nous arrose de temps en temps , le vent terrible assèche bien l'organisme et je bois beaucoup . 

Bon après ce ravito, on devrait rejoindre rapidement une voie verte si je me souviens bien . 

En réalité , pas tant que ça , car on roule encore dans les champs et les forêts avec toujours des bosses pendant 20 km avant de rejoindre enfin le velorail . 

Ca y'est je vais pouvoir accélérer . La moyenne est à peine de 19,5 à ce stade . 

Allez zoup , tout droit , on pousse sur les pédales . Les arbres autour de la voie verte protégent à peu près du vent, le compteur grimpe à 30 . 

Soudain, un groupe me dépasse roulant grand train. D'où il sortent ceux là ? "Bon courage" me dit un petit jeune taillé comme un radis en passant . 

Comment ça bon courage ??? Mais il croit parler à qui celui-là ? 

Je saute dans leurs roues , et nous voilà pour un remake d'un passage de l'année dernière : à fond sur la voie verte , "BARRIERE!" , freinage, relance , "BARRIERE!" etc ... 

Curieusement , encore un ravito au km 190 . 30 km à peine depuis le précédent , le suivant est au km 275 , bizarre comme répartition . Je jette un oeil au classement : 190 , 60 places de gagnées , allez ! 

On repart, je me rends compte que je suis de plus en plus facilement mes nouveaux camarades . On approche de Laval , et je me souviens que cette section n'est pas plate même si on contourne cette année la ville par l'est . 

Une bosse se profile : vais-je pouvoir suivre le rythme , ils ont l'air jeunes et forts mes nouveaux copains . Le "Bon Courage" me trotte encore dans les neurones. 



Réponse au milieu de la côte : oui , aucun souci , je dirais même que j'ai l'impression qu'ils fatiguent . 

2 côtes plus loin, je suis tout seul , incroyable , ils ont lâché . 

Frisson dans l'échine, j'accélère un peu plus , l'adrenaline coule à flot , me voilà presque en wheeling avec la fumée qui sort des pneus . Bon, j'exagère un peu , mais à peine hein ! 😀

Les concurrents que je récupère ont l'air de plus en plus fatigués , il y en a qui se trainent , et vont avoir du mal à rejoindre Angers certainement . 

On reprend les voies sur berge et cette fois , c'est tout droit jusqu'à l'arrivée . Le vent de face est de nouveau bien présent . Le GPS indique 22/23 alors que j'ai le sentiment d'appuyer pour rouler à 30 . Je me dis que le GPS buggue ... mais rapidement je me rend compte que non, j'ai de la force mais ça n'avance pas comme je voudrai à cause du vent. Pfuiii ça va être long . 

Un jeune stoppé au bord me demande si j'ai une chambre à air. Je lui file une de mes deux chambres à air de rechange , vive mes pneus tubeless. 

Soudain je réalise que le GPS branché à une batterie externe ne charge plus . Le cable à pris l'eau . Hum , ça va être juste en autonomie . Mais je pense encore que la moyenne va remonter , ça devrait aller. 

Je n'ai plus d'eau . Je stoppe à un resto en bord de rivière pour remplir . Je repars avec un gars qui cherchait à manger mais le resto ne servait pas pour cause de mariage . 

On rejoint le ravito 5 au km 275 . Je suis 168 , yes , les 150 sont jouables . Je tente de secher le cable de la batterie. Aux autres ravitos ils avaient des chargeurs pour les GPS , mais évidemment , pas à celui-là maintenant que j'en ai besoin. Rien à faire avec le cable, je me rends compte qu'il chauffe à mort en court-circuit, donc on oublie la batterie externe... 

Je repars bien motivé et en pleine forme . 

Mais ça n'avance toujours pas . Saloperie de vent de face ! La moyenne stagne depuis 60 km . La nuit s'approche, je passe le GPS en mode eco , l'écran ne s'allume que s'il faut changer de direction . J'aurais du le faire avant pour avoir de la marge . J'estime l'arrivée à 23h , bien plus tard que prévu mais le parcours n'avait rien à voir avec 2021 . Deux fois moins de voies vertes , 1000m de denivelé positif en plus et surtout , le vent pleine face qui souffe à 30/40 km/h en ce début de nuit. 

Il pleut fort , j'ai mis la veste de pluie jaune fluo qui protège super bien , phare allumés . A 15km de l'arrivée après avoir laissé sur place deux gros paquets , je me dis que je dois être dans les 150 . Arrivée 22h50 dit le GPS , je pousse encore plus fort mais je peine à dépasser 25 alors qu'on était 10 km/h plus vite en 2021 à cet endroit. 

Je me dis : bon super les pneus tubeless, je n'aimerais par crever maintenant. 

500m plus loin , sentiment de flou dans la direction . Non , non , non , c'est pas vrai !!!! 

Et si .... j'ai crevé de l'avant . Bon on prie pour le preventif marche . Arrêt regonflage sous la pluie , pas sympa du tout , les deux groupes repassent, fait chier ! 

Reparti, 1km plus loin de nouveau à plat , le préventif n'a pas marché ... 

Extinction du mode course, passage au mode survie , je continue à plat , je me vois pas mettre une chambre à air dans le noir sous la pluie battante.

J'appuie sur le bouton du GPS pour voir où j'en suis : rien , le GPS a rendu l'âme . 😨😨😳😱

Passage au mode survie++ , allumage de la montre GPS pour enregistrer la fin de parcours . Et comme je suis très très malin , j'ai aussi mis le tracé sur la montre . Eh, eh , eh !! 

Yep , mais le tracé est énorme , trop long pour la pauvre montre, pas moyen d'enclencher le guidage 😱😱😪

La galère ... 

Il ne reste qu'à utiliser le téléphone, j'allume Komoot,  jamais vaincu le JP , I'm the Finisher ! 

J'arrive à un carrefour , il y a des signaleurs . Je demande s'ils ont une pompe : yes ! Le temps de laisser plusieurs groupes ( aie, aie , aie mon pauvre classement 😪) , il me filent une pompe à pied . Je tente , gonfle à 4 bars et ça semble tenir .  

Pas évident de rouler avec le téléphone dans la main . Arrivé à un carrefour avec plusieurs chemins, je tourne en rond ... et repart en arrière sans m'en rendre compte . 

Je croise un concurrent , je comprends mon erreur , et je décide de le suivre , il ne reste que cela à faire . 

Le gars roule à une allure très tranquille mais c'est mon sauveur et enfin voilà l'arrivée il est minuit , une heure de perdue sur la fin mais ce n'est pas grave . J'ai passé une super journée , super sensations sur le vélo , plein d'aventures , des paysages magnifiques et des souvenirs pour longtemps . 

Vive la Gravel of Legend ! 





dimanche 22 mai 2022

Samedi 21/05/22 : Villepreux-Les Andelys-Villepreux

 


Message de Franck semaine dernière qui propose la rando Villepreux-Les Andelys-Villepreux samedi 21. Je jète un oeil sur le parcours sur le site de l'organisation , je connais le coin qui est très joli. Un 200 km route est une bonne idée en cette période de préparation de la Gravel of Legend le 24 juin et ses 300km d'une traite. Je suis donc partant , avec le Graxx histoire d'en profiter pour tester le vélo sur 8h de selle , mais avec des roues route pour suivre le tempo qui s'annonce bien rythmé au vu de la forme de Franck et Ludo qui préparent le Paris-Nice cyclo mi-juin. 

Je profite même des jours qui s'allongent pour faire une petite reconnaissance aérienne . 




Mise en place du dérailleur avant du Graxx , sans souci après avoir reçu d'Origine le support spécifique , le 40 dents mono plateau s'annonçant un peu court sur un tel parcours. Je remet le pédalier GRX en configuration double 46x30 et installe les roues Campa Zonda de mon Axxome. Voilà le Graxx en config route. 

RDV fixé à 7h à Villepreux avec 45 minutes de trajet depuis chez moi . Dur dur , mais vraiment , j'ai envie de faire ce parcours, donc je me lève sans trop de mal à 5h , pour un décollage à 6h après un bon petit déjeuner oeufs-jambon et je suis sur place , en avance à 6h45 . Il y a déjà du monde, récupération rapide d'un bracelet pour avoir le droit aux ravitos et repas à mi parcours. Franck est accompagné de Jean-Luc et Etienne, Seb et Ludo nous rejoignent peu après et à 7h15 on roule. 

Soleil, mais il ne fait pas bien chaud . J'hésite à garder le coupe vent, Franck me pousse à l'enlever, je prends le risque ayant reperé qu'on a une bosse qui arrive rapidement au début du parcours et devrait nous rechauffer.



Première descente,  je vois le bidon de Franck qui se doute bien de ce qui l'attend sur 200km tenter une évasion en sautant discrétement du porte bidon . Malheureusement pour lui , nous sommes trop nombreux pour qu'il passe inaperçu , arrêt récupération du bidon qui se résignera à rester sur le vélo mais prépare sa vengeance en discutant avec les autres pièces présentes sur le destrier de notre ami. 

Une longue bosse de 5km se présente, heureusement en paliers . Franck , et Ludo suivent un groupe qui vient ne nous rattraper et mène bon train. J'ai de bonnes sensations ce matin , mais je manque de confiance dans les ascensions donc je reste avec Jean Luc et Seb qui décide d'accompagner son coach, Etienne est un peu en retrait. Jean-Luc et Seb accélèrent dans la dernière partie, je reste sur mon rythme , pause regroupement au sommet pour récupérer Etienne. 





Le rythme est bon, on arrive rapidement au premier ravito à Aincourt , je profite d'un moment d'inattention de Franck et Ludo pour démarrer de l'arrière et remporter la pancarte par surprise 😀. 





Arrêt ravito rapide, nous repartons sur les belles routes en direction de la patrie de Franck qui a passé son enfance dans le coin. Une petite bosse dans un village et je vois Franck se garer après ce que je pense être un saut de chaîne. On continue avec Ludo et Seb s'attendant à voir revenir Franck, Jean-Luc et Etienne rapidement. Les routes sont belles et on avance à très bonne allure dans un petit groupe qui s'est constitué en chemin.  On finit par réaliser qu'il n'y a personne derrière aussi loin qu'on puisse voir et nous nous arrétons pour attendre. Nous ne savons pas encore que notre ami le bidon tient sa revanche. 

Etienne arrive dans un groupe , mais toujours pas de Franck et Jean-Luc . Il nous dit que la chaine de Franck est coincée et manifestement pas facile à remettre en place. Je tente de les appeler au téléphone sans succès , on se dit qu'il y a eu un souci. Finalement, coup de fil de Franck, ils arrivent . 

Nous voilà enfin réunis et là on apprend qu'une vis cheminée est HS , à l'origine du déraillement . Las , Franck en remontant a serré fort les vis restantes et l'une d'elle n'a pas resisté . Une minute de silence pour la vis de Franck qui a donné sa vie pour le vélo, nous repartons, sur le petit plateau pour le vélo blessé. 

Situation peu rassurante : pour avoir vécu une situation similaire en VTT , les deux dernières vis avaient vite lâché contraignant à l'époque Seb et Benoit à me pousser pendant 10 km pour rejoindre la voiture. Les contraintes sont énormes sur un pédalier. Et ça c'est pour un cycliste ordinaire . Quiconcque a déjà vu les cuisses de Franck peut imaginer l'effort à subir par deux malheureuses vis cheminées . Les plateaux n'étant pas assez serrés, nous ferons 2 ou 3 stops remise de chaine avant de rejoindre le ravito de mi-parcours aux Andelys avec plateau repas. Au passage, mon cable de dérailleur avant se dessère et je fais les 20 derniers kms sur le petit plateau par solidarité avec Franck le temps de tout remettre dans l'ordre au ravito. 





Pause repas, on discute plan d'action transmission . Colliers rilsan ? Pourquoi pas , mieux que rien . En se renseignant , Franck apprend qu'il y a un magasin de vélos à un km en bas de la descente . L'espoir revient , Franck et Jean-Luc filent au magasin avant qu'il ferme, on les rejoint peu après . 

Je retrouve Jean-Luc en train de dévaliser la boulangerie , pour compléter le plateau repas d'un flan bien savoureux . 

Et je retrouve Franck dans l'atelier, où le mécano demonte ... la roue arrière ! 




Euh , c'est pas un problème de plateau ? Ah , si , deux vis cheminées neuves sont en place . Mais on découvre que la cassette a 1cm de jeu, roue libre fatiguée ....  Rando finalement providentielle pour une révision à chaud urgente du vélo censé rouler 12 jours consécutifs sur Paris-Nice ! 

Rien à faire pour la roue libre qui devrait quand même tenir jusqu'à l'arrivée , transmission réparée , flan dévoré , nous voilà repartis pour de nouvelles aventures . 

Applaudissements nourris du public pour Franck dont les talents d'animateurs restent inegalés pour être sûr qu'on ne va pas s'ennuyer. 

Sortie des Andelys magnifique avec passage de la Seine sur un pont suspendu . On récupère quelques concurrents sur la route qui se joignent au groupe qui s'étoffe et avec un leger vent favorable on lance le rush vers le ravito 3 à 70km de là . 

Ca va passer vite, ça pédale fort avec le compteur qui oscille entre 32 et 40km/h en permanence . Les kms défilent sur des petites routes vraiment très jolies et avec un terrain vallonné mais avec des bosses moins longues qui passent bien . La chaleur arrive , je me sens bien et je me poste devant en compagnie de Ludo , Seb prenant régulièrement un peu d'avance. Je me fais vraiment plaisir sur cette partie, avec des routes vallonnées mais des cotes pas trop longues qui me permettent de monter en injection et de rester sans difficulté en tête de peloton.

Ludo & Franck sprintent à chaque pancarte, sans sembler en subir les conséquences avec Seb qui joue parfois avec eux . 

Je tente une nouvelle pancarte surprise, ca marche presque mais Ludo me voit passer et remporte le sprint d'une roue . 

Nous voilà déjà au ravito 3 , très joli et champètre . Le plein d'eau est bien utile , la consommation de liquide a explosé avec la chaleur . 


Il ne reste que 40km jusqu'à l'arrivée . Tout le monde attendait notre départ , et le groupe , augmenté de nouvelles unités se reforme quand on repart. Ca fait un beau petit peloton, les 40 derniers km s'annoncent plutôt reposants au milieu du groupe. 

Quelques petits rushs quand Jean-Luc ou Seb se mettent pousser devant , mais tout rentre dans l'ordre .Je fais attention à m'hydrater étant souvent sujet aux crampes les premiers jours de chaleur et je sens l'adducteur droit qui tire parfois. 

Le bidon tente sa dernière carte : il sabote le rilsan qui tient le capteur de vitesse de Franck , provoquant un bruit d'enfer . On pense tous que les rayons arrière ont lâché , fausse alerte , Franck repart une nouvelle fois . Rien ne peut l'arrêter , pas même un bidon ensorcelé qui tente de saboter chaque pièce du vélo. Notre groupe a filé , mais Seb, Ludo , Jean-Luc et Franck nous ramènent rapidement . 

Dans la dernière bosse, le petit plateau ne veut pas passer, réglage approximatif quand j'ai retendu le câble et la crampe arrive . Aaaaargh !  Je parviens heureusement à monter sur une jambe 1/2 . Je double les rations d'eau juqu'à l'arrivée et pas d'autre alerte ( ni de bosse ) heureusement ! 

Mathieu nous avait dit " je viendrai vous encourager " ! A 300m de l'arrivée , le voilà 😀 . Il serait exagéré de dire qu'on avait encore besoin d'être encouragés mais ça fait plaisir de le voir et il nous mitraille de magnifiques photos. 







Super journée dans une belle ambiance et sur un parcours magnifique, effectué en 7h20 de roulage, à plus de 28 km/h de moyenne , bon signe en vue de la G.O.L.D . Merci Franck pour cette belle idée et merci le bidon pour les anecdotes 😂 . 

dimanche 21 novembre 2021

Dimanche 21/11/21 : Le retour du Benoilator 😀😀😀


Samedi 20 Novembre 2021, date historique. A 13h30 , je reçois un SMS de Franck qui me pousse un échange avec Benoit laissant entendre qu'il serait prêt à rouler avec nous demain. Mirage ? Hallucination ? Je m'empresse de vérifier auprès du Benoilator lui-même qui confirme. Waouuuh ! Alors là , je suis aux anges. Après quelques milliers de tentatives sans succès ces derniers mois, malgré une lueur d'espoir après un bonjour de Benoit qui passait devant chez moi à vélo il y a quelques semaines. Le vélo sans Benoilator , c'est toujours super mais ça n'a pas la même saveur quand même. On a fait tellement de sorties ensembles ces 15 dernières années. Je passe l'info à Seb qui n'hésite pas une seconde à renoncer temporairement au coté Obscur qui l'a monopolisé cette année. Comme son VTT est HS , je propose de lui prêter mon Spé, et je file au garage pour préparer les vélos, le Spé n'ayant pas roulé de l'année, il faut remettre du préventif qui a séché. Mon Dengfu quant à lui a fait quelques sorties ces derniers temps et est de nouveau opérationnel, merci à Franck qui après avoir passé des années à me pousserr du coté Obscur, s'est désormais transformé en vieux maître Jedi qui fait tout pour ramener les brebis egarées du bon côté de la Force. Comme quoi il ne faut jamais jurer de rien 😀. Petite erreur de ma part , ayant des courses tardives à faire, je ne mets pas les VTT dans le coffre de la voiture, ce qui aura des conséquences le lendemain. 

Malgré la fatigue d'une grosse semaine à 16h par jour au boulot, avec tellement de séances tardives avec mes nouvelles équipes américaines que j'en viens même à réver en anglais, je suis tout guilleret ce samedi soir,  rien qu'à l'idée de retrouver l'ambiance de notre dream team vététiste formée un 11 novembre de l'année 2008 . On avait trouvé avec Benoit, un jeune routier appelé Franck égaré sur son VTT dans la forêt de Milly. 

Dimanche matin, je saute du lit , bien motivé pour arriver à l'heure ( il y a une légende qui m'attribue une tendance à être en retard 😀 ), et après un bon petit déjeuner, je mets les deux vélos dans la voiture et je file vers Barbizon. Le GPS annonce une arrivée à 8h28 nickel. En arrivant à la Croix Blanche, un neurone mieux réveillé que les autres m'envoie une image sous forme d'une roue de VTT posée le long du garage. Aaarrghl ! Demi-tour, je file rechercher la roue avant qui aurait beaucoup manquée à Seb, tout en prevenant d'1/4h de retard. 

Me voilà à Barbizon, avec des vélos complets . Comme il bruine, je scrute le parking d'un regard inquiet, craigant d'apprendre que notre Benoit qui n'aime pas l'eau a renoncé à la sortie. Mais non, IL EST LA ! Alleluia . 

4°C à l'extérieur, bruine, la tenue Goretex , les gants néoprène et les chaussettes étanches ne seront pas de trop aujourd'hui. 


Nous voilà partis, départ "classique" , entre guillemets, puisque depuis fin 2017, je n'ai pas si souvent remis mes roues dans cette belle forêt. Direction le Désert d'Apremont. Ne connaissant pas l'état de forme de Benoit, j'ai enlevé tous les passages raides et techniques du parcours, mais ... Franck a remis quelques singles qu'il affectionne, au grand mécontentement de mon Garmin qui grogne des "hors parcours". Heureusement, Benoit lui, ne grogne pas. Arrêt reglonflage après le passage des cailloux, Seb étant quasi à plat. Gloups me dis-je, ai-je remis assez de préventif dans le pneu? Heureusement, le regonflage sera définitif. Comme quoi, il faut toujours se méfier d'un VTT qui n'a pas roulé depuis longtemps. 

On file ensuite sur les singles des Gorges aux Nefliers, je me sens rajeunir à vue d'oeil et d'ailleurs j'ai quelques cheveux qui repoussent le temps s'étant inversé ( bon, j'exagère un peu ... ) 

Encore une variante Franck , bien ludique, et arrivés à Franchard, il veut aussi absolument nous faire passer par la Mare aux Canards. Tromperie sur le marchandise, pas de canards en vue, par contre, ça glissouille bien sur les racines avec la bruine, les neurones se recablent petit à petit en mode conduite de VTT à Bleau sous la pluie, terrain très spécifique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs ( edit : Franck prétend qu'il s'agirait en fait de la Mare aux Pigeons, vérifications en cours ... ) 

On descend les Gorges du Houx, qui ont bien raviné ces dernières années, malgré le temps, l'ambiance est au beau fixe, grand soleil dans les têtes , on ne sens même pas l'eau.  

Le single en haut des Gorges est toujours aussi fluide et sympa dans ce sens, à condition de se méfier des cailloux mouillés dans les virages en devers, puis c'est la descente "Grand Huit" qui nous amène jusqu'au carrefour de la RN7 à Bleau . 

Les sapins de Noël sont déjà de sortie à leur emplacement habituel que nous longeons pour prendre le single qui remonte vers l'hippodrome de la Solle avec la belle bosse qui va avec. Pas mal d'arbres en travers , comme partout dans la forêt depuis la tempête d'Octobre. 

J'oubliais que préciser que notre Benoilator en reprise suit tranquillement la troupe, socquette légère dans son style caractéristique. 

Une fois montés puis descendus à l'hippodrome, on remonte en direction de la Croix d'Augas. Eric avale le faux plat montant à bon rythme pendant que Seb et Franck jouent le sprint pour le maillot à pois au sommet. Benoit ne se mèle pas la lutte mais ne lâche rien. 



On prend les bosses de Xav que j'adore contrairement à Franck, pour ensuite filer vers Denecourt. Mes compagons manquent de confiance dans la montée avec les marches, ça pousse le vélo et malgré un bon départ, je suis obligé de mettre pied à terre faute d'élan ( et d'un chouia de confiance, plus assez l'habitude ) . 





Pause ravito et nous voilà repartis , avec un bout de descente technique, je rate une petite chute d'Eric dans les cailloux mouillés heureusement sans bobo. On remonte ensuite dans le Rocher Cassepot pour rejoindre le Magic Single. 

Le terrain est mouillé mais bien ferme, les vélos filent comme le vent et on virevolte d'un virage à l'autre. Devinez qui emmène la troupe ? Le maillot vert du Benoilator comme à ses plus beaux jours.  Au détour d'un virage, une racine traîtresse happe ma roue avant et le vélo se couche à 45°. Aie , Aie, Aie je sens la catastrophe arriver, arbre droit devant mais dans un coup de rein désespéré, je redresse le vélo et reprend la bonne trajectoire, juste devant Seb qui observait la scène, ouf ! 

A l'approche de Samois, un énorme chien noir nous barre le passage. Franck n'échappera que par miracle aux crocs acérés du fauve. 

La Bête de Bleau 


Ce single est toujours aussi top, 4 vététistes qui rigolent avec la banane jusqu'aux oreilles se font plaisir. 

Je vois Benoit prudent à l'approche des Vestiges, mais pas d'inquiétude, aujourd'hui on tourne à droite sans tenter la montée impossible . 

Cela nous mène rapidement à la Grotte aux Cristaux, un de mes passages préférés car les singles au milieu des fougères sont toujours aussi magnifiques surtout à cette époque de l'année. 

Juste avant la montée, un groupe est précisement arrété en plein travers du chemin. Branchés à 2 de tension, car il leur faut 30 secondes pour nous libérer le passage. Je suis tout fier de mon exercice de surplace réussi pour patienter, je pousse un grand coup sur les pédales dès que le champ est libre et la roue avant s'enfonçant dans le sable, je m'étale de tout mon long sur le chemin sous les applaudissements nourris de la fine équipe 😀 . 

Une fois en haut , direction la route du Luxembourg. Haut lieu des attaques du Benoilator. Va-t-il sortir le fameux 44 ? ( et oui , notre Benoit est un adepte du triple plateaux, pièce de collection à l'époque des monos , d'où son surnom : Benoilator comme Velociraptor quoi 😀 , bref ère jurassique  ) . Ca file dans la descente, où je m'applique à descendre les vitesses pour arriver en bas sur le 32x11 prêt à suivre les attaques. 

Franck y va le premier, je prends la roue d'Eric et Seb derrière et voit Benoit ne pas chercher à suivre . On l'attend au tunnel , voilà la route des Artistes qui arrive. Autre lieu mythique. Cette fois c'est la victoire au sprint du parking qui va se jouer. 

Franck repart à l'assaut suivi par Eric. Je vois Seb virevolter derrière à la recherche d'une ouverture. J'ai un peu mal aux jambes du rush précédent, donc je suis mais je ne cherche pas encore à me méler à la lutte. Le Benoilator semble avoir renoncé une nouvelle fois à participer à l'emballage final. Alors que je reviens sur Seb, soudain j'entends un bruit de dérailleur derrière. Benoit attaque à grand coup de 44 et grille en 10 m les trois de devant médusés de voir un Benoilator passer à toute vitesse. Franck et Eric sont aux fraises, j'ai bondi dans la roue de Benoit car je m'attendais un peu à ce scénario et j'étais sur mes gardes. Seb en grande forme en ce moment fait l'effort et parvient à repasser devant. Mais les jambes sont encore là et alors que Seb savoure sa victoire, profitant de quelques sauts de chaine sur son Spé ( il va falloir que je mette une cassette neuve) , je sprinte à fond et franchis en tête la barrière du parking. 

Nous voilà de retour aux voitures, après une superbe matinée de VTT et d'amitié . Vivement la prochaine sortie ! 

dimanche 27 juin 2021

Vendredi 25/06/21 : Gravel of Legend

 






En plein milieu d'un hiver confiné ,  on reçoit un mail de Ludovic qui a trouvé une nouvelle épreuve Gravel longue distance : la Gravel of Legend . Le site annonce 278 km, de quoi inciter à la réflexion avant de cliquer sur "je m'inscris" . La course fait partie des évenements du premier festival du Gravel en France, organisé par Nature is Bike à Angers, elle est le fer de lance de la manifestation. 

Je ne rélfechis pas trop longtemps : les grandes épréuves me manquent après presque 2 ans dans un mode "sous cloche" pour cause de covid. J'ai besoin d'une motivation pour continuer l'entraînement et se donner un but , sans compter le plaisir de se retrouver avec l'équipe historique "grand raid" du SLC , renforcée par l'arrivée de Yann qui a décidé de se lancer dans cette catégorie d'épreuve un peu extrême. 

Avec une activité très intense au boulot liée à la création de Stellantis , je me demande aussi comment je vais faire pour m'entraîner suffisamment. Mais comme le veut l'adage "quand on veut , on peut !" . 

Allez, zoup , c'est cliqué me voilà inscrit.  La machine à rêve ne tarde pas à s'enclencher et je me projette déjà , tout en pensant à la logistique qui s'annonce un peu complexe . Départ d'Arromanches les Bains sur la plage du débarquement, à l'heure du débarquement : 6h31 . Moi qui n'aime pas trop me lever tôt , je vais être servi . Petit déjeuner à 5h15 servi par l'organisation, oulala !  Le tracé nous emmène ensuite à Angers,  et il faudra ensuite rejoindre Paris . Ce qui suppose de démonter le vélo pour prendre le TGV. Bon, on a le temps de refléchir à tout ça. 

Rapidement, tous les membres de l'équipe confirment leur inscription . Et voilà , c'est parti :-) 

L'entraînement commence ... par des séances Zwift . Confinement et hiver obligent . 

Petit à petit , avec des mesures sanitaires qui s'assouplissent et le temps qui s'améliore , retour à l'air libre avec de belles sorties route avec les copains . J'ai besoin de me rassurer sur le kilomètrage et je privlégie les sorties longues, peu de VTT donc pour ce début d'année. 

Même si les stats Strava sont rassurantes, les sensations ne sont pas exceptionnelles, le confinement est passé par là avec quelques kilos en trop qui se font sentir quand ça monte. Impossible de suivre Ludo ou Sebastien dans les bosses, sans parler de Marco ...  

Quelques conseils à Yann qui se lance sur la longue distance. Nous ferons quelques longues sorties ensemble et sa progression est impressionnante. 

L'échéance approche . Je ressors le gravel du garage et enchaîne quelques sorties de plus de 7h . 

Nous terminons notre préparation par un aller retour St-Michel/ Chartres magnifiquement tracé par Olivier notre président qui a le chic pour faire de superbes parcours gravel , avec une inspiration vététiste, qui sera précieuse pour la Gravel of Legend. Cette dernière sortie me rassure, les jambes arrivent et je termine bien les 200km du parcours. Ce sera moins bien le dimanche suivant avec Sebastien , où je termine une sortie en Vallée de Chevreuse complétement lessivé , sans trop comprendre pourquoi. Bon, on verra bien le jour J . 

La course étant positionnée un vendredi , avec le voyage à réaliser , je case deux jours de congés dans un emploi du temps compliqué. Du coup , je me fais une check list des affaires à emmener, sachant que je risque de partir à la bourre in extremis. Elle sera fort utile, seul oubli, la gapette du club, mais heureusement, la météo pas trop chaude limitera la transpiration. 

Mercredi soir 19h30, fin de ma dernière réunion, je saute dans la voiture et me voilà en route pour Angers. J'ai opté contrairement à mes camarades pour un aller en voiture à Angers , puis train de Angers à Caen , et vélo de Caen à Arromanches. Cela permet de ne pas avoir de contrainte samedi pour le retour et de profiter du salon Nature is Bike. 




Jeudi , me voilà dans le train pour Caen via le Mans . Bonne surprise, Richard qui in extremis s'est inscrit aussi et va en voiture à Arromanches propose de venir me chercher à la gare . Super sympa , ça me permettra d'arriver en début d'après-midi à Arromanches où on se retrouve tous . 

Le cadre , les copains , mon cerveau switche enfin du mode boulot au mode aventure Gravel. On y est et on est heureux d'y être. 

Contrôle des vélos par l'organisation et du matériel à emmener ( couverture de survie, strapping, eclairage, gilet fluo , ... ) et on récupère le package concurrent dont une balise GPS pour nous suivre et un beau maillot aux couleurs de l'épreuve. 





Le temps de dîner , et nous avons rendez-vous à 21h15 pour le briefing organisation . On nous promet un terrain humide et boueux avec les pluies des derniers jours . Mais j'ai un peu de mal à croire l'organisateur quand il nous parle de 100 premiers kms où nous allons le maudire avec des passages "qui ne sont pas du gravel" nous dit-il . Pas plus inquiet que ça , on n'est pas sur la Granit Montana non plus :-) ( parce-que sur la Granit , je l'avoue , j'ai maudit les organisateurs plus d'une fois !! ) 






Une courte nuit et nous voilà prêts pour le grand départ  




6h31 : c'est parti après une minute de silence en mémoire de l'histoire du lieu ! Départ prudent , la plage est humide et il y a des algues partout . Beaucoup partent à pieds, je reste sur le vélo , pendant que devant les quelques furieux et professionnels invités pour cette première édition se lancent à fond dans la première côte à 18% pour sortir d'Arromanches.

Le départ est magique , avec le soleil levant, les lumières sont magnifiques tout comme la multitude des vélos qui s'élance dans ce petit village de 500 habitants. L'organisation est de premier ordre, nous sommes filmés sous tous les angles y compris par un drone. Et il y a de nombreuses motos qui vont nous accompagner pour sécuriser les zones à risques de traversée de routes et de villes. 



Nous entrons rapidement dans le vif du sujet avec des chemins dans les champs et les forêts. Le terrain est effectivement un peu humide avec des flaques mais rien de bien méchant. On voit rapidement la discipline d'origine des concurrents. Certains qui viennent de la route semblent un peu perdus à la moindre flaque. Cela donnera quelques scènes cocasses comme ce concurrent qui s'arrête pour sortir une lingette afin d'essuyer sa jambe tachée de boue. Ou ces deux concurrents qui se couchent sans prévenir devant Yann et moi , bien synchros sans pour autant qu'on comprenne pourquoi ils tombent. 

On alterne champs et forêts , assez peu de route pour rejoindre le premier contôle au km 42 où nous faisons tamponner notre carnet de route. 



Nous roulons ensemble , les jambes vont bien et tout le monde a le sourire.  Richard quant à lui à disparu devant. 

Nous repartons, je surveille le GPS , on nous a parlé d'une descente dangereuse au km 51 . Quelques beaux passages en forêt avec une ou deux montées bien casses pattes dans les cailloux. 

Km 51 nous y voilà . Et bien pour le coup , il n'y avait pas d'exagération . Nous voilà devant une descente "granitesque" avec de terre glaise humide.  On ne voit pas les escaliers à gauche et du coup on descent droit dans la pente, même à pieds , c'est pas évident . Yann s'élance au trôt , n'arrive plus à s'arrêter et fini dans les buissons sans bobo :-) . Dommage, je n'ai pas filmé ! . Je ne fais pas le fier, pas sur que j'aurais descendue avec le VTT . 

Quelques km plus loin, encore une belle descente en lacet. Cette fois c'est sec et nous passons sans difficulté tous les cinq au grand etonnement de nombreux concurrents qui ne semble pas du tout à l'aise dans le technique. 

On arrive dans un bel enchaînement de D+ . Longue montée dans les cailloux au km70 pendant 1/4h . Je regarderai plusieurs fois la cassette pensant que le dernier pignon ne passait pas. Et pourtant si :-) . Mais ça monte raide. 

A peine descendus , on remonte au point culminant du parcours avec 200m de D+, le Mont Cerisy . Je suis avec OliVTTiste pendant que Ludo et Olipa sont partis un peu devant. 



Nouvelle descente / remontée dans les cailloux. 

Au sommet, le GPS se met à bipper en permanence, je regarde ce qui se passe et paf , me voilà à plat ventre dans une grosse flaque boueuse, grrrr . 


On arrive à Flers km 105 , fin du gros D+ . Pause boulangerie/sandwich après une séance de lavage à la linguette après mon bain de boue. 

Le temps menace depuis le départ mais nous n'aurons jamais pire que quelques gouttes finalement bienvenues pour nous rafraîchir. 

Nous repartons de Flers et nous voilà sur la voie verte Velo Francette, que nous allons suivre désormais en grande partie. 

D'un coup , le rythme change : les 30 km/h sont desormais accessibles . On forme un groupe et Ludo et un gars en blanc mettent un gros tempo en tête . Je fais de mon mieux pour prendre quelques relais, c'est sympa de rouler vite après 100 km plus "tout terrain". Mais en regardant le cardio , je me dis que ce n'est pas raisonnable. Mais bon, les jambes repondent bien, donc faisons nous plaisir. 

Qui dit voie verte dit barrière . Et à chaque barrière ça relance comme pour un sprint de Tour de France. Comme je ne veux pas me griller , je me prends 50m à chaque fois . Puis main en bas du guidon , on revient doucement, retour dans le groupe, barrière, relance , 50 m encore , retour , barrière etc .... Je me dis qu'ils vont se calmer mais non, enfin si , ouf , voilà le point de contrôle N°2 à Domfront . 

Yann avait un peu décroché , on se regroupe le temps de se restaurer . Les points de contrôles étaient annoncés avec juste de l'eau mais en fait , il y une montage de barres , compotes , crackers et chips à chaque fois. 

Tampon Domfront sur la carnet, on repart . km 128 , le prochain CP est à Laval km ... 210. 

Régulièrement sur le parcours , nous avons droit à des encouragements et à des petites animations avec drapeaux bleu blanc rouge en l'honneur du débarquement. Très sympa et motivant . 

Un marin et sa corne de brume nous retrouvera une bonne dizaine de fois sur le parcours . Avantage de nos maillots verts SLC bien identifiables . 

On est sur de beaux chemins de long de l'Orne puis de la Mayenne . Ca roule fort de nouveau,  Yann decroche un peu , puis OliVTTiste lève aussi le pied. Ca fait maintenant quelques heures que je me dis que je devrais rouler moins vite mais pas de signes de fatigue sur les jambes. 

Le phénomène " barrière/relances" continue . A un moment , je me dis que cette fois, on va leur montrer ce que c'est de relancer comme un malade. Je me dresse sur les pedales sur le 46x11 et appuie comme un furieux pour placer l'accélération de la mort qui tue . Et ... ça tue ma jambe droite . Crampe terrible à l'adducteur . Aiiiieeee !!! . Mode moulinette immédiat , ça passera. Alerte quelques kms plus loin à gauche cette fois . Donc je bois et je mouline et je me promets de manger un paquet de chips au CP pour recharger en sel . Les crampes me laisseront tranquille par la suite. 

Ludo & Olivier proposent une pause, ça permet à OliVTTiste de nous rejoindre, Yann arrive aussi et continue dans le petit groupe qu'il s'est trouvé . 

Le temps de repartir, crevaison d'Olipa qui semble avoir hérité de la malédiction des crevaisons que j'avais jeté puis levé pour OiVTTiste. Désolé Olipa , j'ai du faire une fausse manip avec la formule mais promis c'est involontaire. 

Heureusement qu'on est trois pour réparer, les pneux d'Olipa sont un enfer , il faut une force d'Hercule pour les déclipser. 





Réparation faite, on repart full gaz direction Laval. De nouveau du D+ dans les derniers kms avant Laval. Les jambes répondent toujours et on récupère Yann puis Olivier . Regroupement général au CP N°3 . Yann décide de faire une grosse pause et d'aller s'acheter un casse dalle.  Le temps d'huiler la chaine du vélo ( atelier au top sous le chapiteau ) et de manger un peu et nous repartons . Je ne peux plus voir le sucré en peinture, donc désormais c'est chips, crackers, banane et gels . 

Direction Chateau-Gontiers CP N°4 . 

Toujours de belles voies vertes, désormais au bord de la Mayenne, avec de nombreux moulins 





Nous voilà à Chateau-Gontiers où OliVTTiste s'arrête pour prendre l'hôpital en photo ( chassez le naturel ... ) . Je manque de loupé le CP qui n'était pas évident à voir , merci au concurrent qui me le signale. 

Pause, je m'inquiète pour le GPS , la cable de charge ne marche plus . Heureusement Olipa me prête le sien . Merci , sauvé ! 

Le temps de bricoler sur le GPS , zoup les copains étaient partis ! Arghl , je saute sur le vélo , retrouve Olipa . On se retrouve sur des chemins un peu boueux et collants, pas mon passage preféré . Le capteur de puissance affiche 310W pour 12 km/h sur un passage de 500m ... frustrant et Olipa qui me dépose, ça me met un coup au moral.  Je le vois au loin revenir sur Ludo & OliVTTiste . Je suis 500m derrière. Un peu de route , ouf , main en bas du guidon, 46x11 , ça revient doucement, on y croit, ne rien lâcher, je recolle . 

Curieusement, alors que je me sentais fatigué en arrivant au CP4 , cet effort debloque quelque-chose . Je sens mes jambes tourner à nouveau très bien , et même super bien . L'arrivée se rapproche . Alors qu'on avance à belle vitesse, un groupe nous rattrape. Ca m'étonne un peu car depuis longtemps , on ne fait que reprendre des gens . Ils nous dépassent, vont-ils partir loin devant ? Non , finalement,  on forme un petit groupe et ça roule bien mais sans forcer. 

Les kms défilent au rythme des moulins , je me sens presque chez moi :-) ( comprenne qui pourra ) 

15 km encore, je vois Olipa 150m devant , pas de réaction derrière . 

Ca faisait quelques kms que je me disait qu'il fallait tout donner sur la fin, juste pour le fun . 

Je descends deux dents, suivi par Ludo , on fait le jump pour rejoindre Olipa . Ludo prend le relai pour creuser l'écart . 

S'en suit une géniale partie de manivelles. Pour la première fois depuis 2 ans , j'ai des vraies sensations sur le vélo . Le cardio monte, les jambes tirent mais ça tient et l'adrénaline me pousse à pédaler encore plus fort.  Je perds 100m avec une barrière mal négociée, va falloir revenir , voilà la fin de la voie verte, oulalala une grimpette de la mort , pas le temps de tomber le grand plateau , je reste scotché . Faut rien lâcher , j'attrape le vélo sous le bras et je cours derrière Ludo et Olipa qui heureusement ne s'envolent pas , c'est raide. Un replat, je saute sur le vélo , ça monte, je force mais ça tient . Le sommet, ils sont 200m devant , allez on y croit, je reviens mètre par mètre et je les récupère à l'entrée d'Angers . On franchit la ligne ensemble après 14h30 d'effort dont 12h40 de roulage. 

On apprend que le neveu de Ludo à fini 7ème devant Steve Chainel ( !! ) et que son copain Jules ... a tout simplement remporté l'épreuve ! Waouh . Podium , photos tous ensemnble . De super moments . 

Le temps de se restaurer un peu et de boire quelques bonnes bières ( offertes à volonté :-) ) , et Yann nous rejoint. On n'était pas inquiets car on le suivait via sa balise GPS et le site de l'organisation . Top cette appli de suivi . 




Merci à Ludo ne nous avoir trouvé cette belle épreuve . Encore plein de souvenirs et de bon moments d'amitié . Vive le SLC VTT  et à bientôt pour de nouvelles aventures.