mercredi 29 janvier 2025

Jeudi 23/01/25 : Gravelman Marrakech 500 route

 

Benjamin, un ami qui s'est lancé dans le vélo depuis un peu plus de deux ans, nous avait accompagné avec succès sur le 350 km Verdun-Paris mi Novembre. 

En revenant et après en avoir entendu parler par l'équipe d'organisation des Gravelman, il nous dit qu'il aimerait bien faire le Gravelman Marrakech fin Janvier. Fichtre ! Les parcours de Steven le Hyaric, champion d'ultra distance et organisateur des Gravelman, ont la caractéristique d'être plus difficiles que la moyenne. Et le Maroc au vu de la configuration du terrain dans les montagnes de l'Atlas, m'a tout l'air d'être le top de la difficulté 😨. 

En y réflechissant , et voyant la météo vraiment pourrie en Ile de France depuis l'automne, je me dis que c'est une très bonne opportunité de préparer les épreuves de l'année 2025 et en particulier la Race Across France du mois de Juin. Je décide donc de m'inscrire, mais sur la version 500 km route plus en phase avec le programme de cette année. 

Benjamin et son ami Christian sont déjà inscrits de longue date , mais eux sur la version 350 Gravel et intérieurement, je leur souhaite bon courage 😀. 

Commence la première partie de l'épreuve : la préparation. Je cherche les infos que je peux trouver sur la région, les routes, les cols , ... . Le moins qu'on puisse dire est que le cylisme au Maroc n'est pas trop documenté. Sinon que s'y déroule l'épreuve ultra distance la plus difficile au monde, l'Atlas Mountain Race . Précisement là où nous allons 😱. L'organisation fait durer le suspense et tarde à nous envoyer les traces. Entre temps, j'ai compris qu'il fallait une carte SIM locale , le roaming coutant une fortune au Maroc ( 13 euros / Mo ! ) . En cherchant, je vois qu'on peut se procurer une eSIM , que l'on peut installer en avance, sans faire la queue à l'aeroport pour acheter une SIM physique. L'organisation recommande 30Go , ça me semble énorme . Mais l'importation des balises de suivi GPS habituellement utilisées n'étant pas possible ( contraintes telco locales toujours ) , nous devrons installer l'application de suivi sur notre téléphone qui va donc consommer de la data.  Malgré tout, étant du métier, je ne vois pas comment on pourrait consommer 30 Go avec ce type d'usage mais on ne sait jamais. On applique tous les recommandations à la lettre , ne connaissant pas le pays il est préférable de se fier à l'organisation. 

Ayant fait quelques Gravelman route avec des passages gravel voire VTT , je suis méfiant sur le terrain et je change mes pneus pour des Continental GP5000 all seasons en 700x32 tubeless . Des comparatifs trouvés sur internet indiquent que ces pneus sont 2 fois plus resistants que les GP5000 normaux, mes pneus préférés,  qui sont déjà solides tout en conservant les qualités de rendement bien connues de cette gamme de pneus. 

L'eau du robinet étant fortement déconseillée au Maroc, bouteilles obligatoires ce qui veut dire pas de possibilité de faire le plein la nuit , les nombreuses petites epiceries étant fermées entre 23h et 9h du matin. Et la nuit est longue à cette époque de l'année. Je réflechis à la meilleure solution, et n'aimant pas trop la solution des bidons sur le cadre lorsque le vélo a des sacoches ( durs à attraper même avec un porte bidon à ouverture latérale ), j'opte pour une sacoche "full frame" Restrap avec une réserve d'eau Apidura 3l . M'inspirant des conseils de mon ami David Schuster, dont l'expérience en ultra distance n'est plus à démontrer. 

J'ajoute une sacoche de top tube Restrap, et un petit sac de selle Decathlon qui contiendra le matériel de réparation et ma doudoune "de secours" . L'amplitude des temperatures sera importante , avec des passages à presque 3000m la nuit et le soleil à basse altitude de jour. Amplitude potentielle de -5 à +30 , mais impossible de se figurer précisement ce qu'il en sera car les infos météo sont limitées au Maroc . J'opte pour une tenue à couches : maillot thermoregulateur , maillot court en Merinos, veste d'hiver chaude et imperméable Ekoi , et la doudoune . Pas d'arrêt dodo prévu mais j'ai la couvertue de survie et un Bivvy en cas d'urgence. 



Il faut aussi organiser la logistique. J'ai une valise de transport avion, mais la combinaison vélo + valise dépasse largement les 23kg autorisés par mon billet  N'ayant pas de bagage soute autre que le vélo , j'achète la nouvelle sacoche souple de transport avion sortie par Buds. Elle coute 200 euros et je me dit qu'il y a moyen de la rentabiliser . J'opte pour la compagnie Air Maroc au départ d'Orly , les compagnies Low Cost devant plus couteuses dès lors qu'on a de gros bagages . 

L'option "Buds" va s'avérer super rentable vu que le personnel de Air Maroc à l'enregistrement ne me fera payer ni à l'aller ni au retour ce gros bagage qui ne pesait que 17kg . 

Je découvre que Steven vient d'ouvrir son camping "Superides Camp" à Ourika et que ce sera le lieu de départ . Il est donc possible d'y séjourner. Je sais déjà que les parcours Gravel repasseront par le départ après une première boucle, j'imagine qu'il en sera de même pour moi. Il est donc très intéressant d'avoir un point pour dormir en local ! . 

Je réserve donc la tente proposée par notre organisatrice en chef, Anne-Sophie. Mais quand je reçois un mail me recommandant des affaires chaudes, et un duvet 0° , mon enthousiasme baisse d'un cran . Quitte à se reposer , autant le faire dans des conditions confortables , je n'ai plus 20 ans 😀. 

Une petite recherche rapide montre qu'il y a un bel hôtel à 150 m du départ . Les Jardins de Taja. Ca a l'air top sur internet , mais en vrai c'est encore mieux : un petit paradis! 





Finalement, je réserve une Douira ( petite maison Berbère ) pour 4 : Benjamin, Albane son épouse, Christian et moi à un tarif défiant toute concurrence française ! 

Nous finissons par recevoir le parcours , tous mes logiciels de cartographie me disent "100% route". Je decouvre que si Benjamin et Christian repasseront au départ sur le 350 Gravel divisé en deux boucles, sur le 500 route, il n'y a qu'une boucle.  Il y a 7000m de dénivelé , mais cela semble faisable dans un temps de l'ordre d'une journée 1/2  . Le truc qui me chiffonne , c'est qu'en regardant les résultats des années précédentes, les "finishers" sur 3 ans cumulés se comptent sur les doigts ... d'une seule main . Il doit y avoir un facteur local qui m'échappe, donc je ne communique aucun temps prévisionnel à mes proches pour ne pas les inquiéter. 

Mercredi 22 , me voilà en route pour Orly , le départ étant prévu le jeudi 23 à 6h du matin . A la réflexion, c'était une erreur , il aurait été bien plus confortable de partir la veille. 



Sur les conseils de Christian, j'ai mis un Airtag dans la sacoche du vélo , super moyen d'être rassuré sur le fait que le vélo est bien avec moi dans l'avion.  

Déjeuner à Orly et à 12h25 , me voila en vol pour le Maroc , uen première pour moi en Afrique en général . 

Recupération ultra rapide du vélo à l'arrivée. On m'avait parlé de file d'attentes interminables à l'aeroport , ça va super vite y compris à la douane. Et les trois boutiques des opérateurs locaux sont désertes , j'aurai eu largement le temps d'acheter ma SIM , d'autant que l'organisation a un peu de retard pour venir me chercher mais on papote entre concurrents et c'est un moment de convivialité très agréable. 

Mon eSIM ne donnera pas de très bon résultats, mais heureusement, ayant un abonnement Orange, j'ai pris le pack "Maroc" qui m'autorise 10 Go pour un cout raisonnable de 30 euros. Essentiellement par sécurité pour ne pas payer une fortune en roaming en cas de mauvaise configuration du téléphone. En fait je n'utiliserai l'eSIM HolaFly qu'une journée avant qu'elle se désactive sans explication , donc mon pack Orange me sauvera la mise. La prochaine fois, je prends une carte locale ! 






Micka, un des organisateurs que je connais déjà , arrive avec une voiture de location pour nous emmener à Ourika à 40km de Marrakech ( mais attention aux routes marocaines, on va en reparler ! ) . Il est accompagné de Said dans une camionnette hors d'age comme toutes ses consoeurs locales pour transporter les vélos en valises ou cartons. 

Il nous faut une bonne heure pour arriver à Ourika . J'avais sous estimé cette partie transfert , j'arrive à 19h à l'hôtel , il fait nuit et ce n'est pas l'idéal pour remonter le vélo . 




Heureusement, un autre avantage de la sacoche Buds ( certe souple mais très bien rembourrée et avec des rigidificateurs ) , c'est que j'ai juste retiré la roue avant, les prolongateurs et baissé la selle . Remontage facile et rapide donc. 

Premier dîner pour moi à l'hôtel , un vrai bonheur, Azraf le cuisinier étant un génie de la cuisine 😀

Le temps de manger, de faire la connaissance de Christian, et finir de préparer le vélo ( eau , alimentation , vetements , montage des phares , ... ) nous voilà au lit avec le réveil à 4h30 . L'hôtel nous a prévu le petit déjeuner malgré l'heure. David & Fatiha , les patrons et toute leur équipe sont parmis les gens les plus gentils que j'ai rencontré ! 

Petit déj Marocain à 4h30 donc , puis nous voilà sur les vélos pour ... 150m jusqu'au Superides Camp et le briefing de Steven . 





6h , me voilà parti . Je pars vers le Sud , les Gravel vers le Nord , nos chemins se séparent rapidement . 

Je me retrouve ... tout seul , nous ne sommes que 12 sur le grand parcours route ( 1 sur le 500 , moi , et 11 sur le 600 qui est le 500 + une boucle après être revenu au départ ) 

La route pour partir du camp est un chemin de terre empierré . Le vélo saute dans tous les sens dans la descente mais à ma grande surprise, les GP5000 AS font un super job, ce n'est même pas trop inconfortable et ça me met en confiance pour la suite ( enfin, je ne savais pas ce qui m'attendait 😂 ) 

Après 2km , nous voilà sur de la "vraie" route, c'est parti. Après quelques minutes, mon organisme se reveille, les endorphines commencent à faire le job et les jambes tournent bien . Après de nombreux tests comparatifs, j'ai pris ma fidèle Klamp EXR1100 avec un powerpack 20000 mah qui m'assure normalement 3 fois plus d'autonomie que nécessaire. Mais tout seul dans un pays inconnu, il vaut mieux assurer.  La Klamp a indubitablement une qualité qui montre que les "lumens" ne sont qu'un élément de choix : certe sur le papier pas la plus puissante mais le faisceau est large et confortable. Doublé par le frontale Stoots Kiska3 sur le casque, même au premier niveau d'intensité, je vois à presque 100m avec une consommation faible de la batterie ( 2% par heure ) . 

Premier village, je découvre que le Maroc est peuplé de nombreux chiens errants . Curieusement très peu de chats dehors, ceci expliquant sans doute cela. Mais les chiens ont l'air bien nourris ou n'aiment pas la viande de touristes, il ne levent même pas la tête sur mon passage. 0 souci sur toute l'épreuve mais je me suis quand même posé des questions plus d'une fois : et celui là , il a faim ou pas ? 

A cette heure matinale , les routes et villages sont déserts. Tiens , une petite lueur rouge qui clignote. Je rattrape Matteo qui est sur le 600 et vient d'Italie. On papote , il habite à Turin que je connais bien, le temps passe plus vite en discutant. Malheureusement, au premier col de 10km , Matteo disparaitra dans la nuit derrière moi. Je décide de ne pas attendre, il y a quand même 500km en montagne à faire. 

Après le premier col, une belle route serpente devant moi mais le GPS bippe et me dit de prendre à droite ... A droite , c'est un chemin de pierres . J'ai beau vérifier , pas d'erreur. Sacré Stéven ! . 


J'ai confiance dans les pneus, mais le terrain est quand même très loin de la gamme d'usage d'un vélo de route. Je m'attendais à ce type de surprise mais pas aussi cassant.  J'y vais donc prudemment, la moyenne en prend un coup sur les 10 kms de cet tronçon malgré tout magnifique et totalement dépaysant. J'ajoute même une petite erreur de parcours pour finir sur un étroit sentier de 20cm spécial VTT. Mais mon Axxome avec ses pneus passent facilement et confortablement. Je ne suis pas en difficulté et totalement épaté par le comportement du vélo . Top  ! Je ne savais pas que mon Axxome Origine savait faire ça ! 

Au bout du single , la route et le 1er Check Point ( CP ) . Sur les Gravelman , ils sont virtuels, juste un selfie à envoyer avec le bon panneau . 


Ne cherchez pas , j'ai pas trouvé de panneau 😂😂

A partir de là , c'est parti pour l'ascension du Tichi N'Tichka ( 2300m ) , sur environ 70km par paliers . 






Les paysages sont magnifiques, non , sublimes , extraordinaires . Je me pince pour me convaincre que je suis vraiment là . 

Les jambes tournent, la chaleur monte rapidement. J'enlève les couches thermiques et passe en court. J'ai emporté un petit sac à dos juste pour mettre les vetements afin de faciliter les ajouts/retraits qui vont être nombreux sans m'embêter à tout remettre dans les sacoches à chaque fois.  

La pente est entre 3 et 4% avant quelques descentes, d'où la longueur de l'ascension. Mon objectif est de déjeuner au sommet que j'estime pouvoir rejoindre entre 13h et 14h. 

Les 15 deniers kms sont plus pentus , on passe sur du 6 à 8% , et finalement voyant un restaurant avec une terrasse au soleil je décide de m'arrêter là d'autant que la température baisse et que le somment risque d'ête inconfortable. Je remets d'ailleurs la veste sur la terrasse à cause du vent. 





Tajine, pain, Coca, cornes de gazelle, thé à la menthe , j'achète quelques Bounty aussi pour la route ( ce sera la surprise , ici les bounty sont des biscuits à la noix de coco ! ) Le personnel du restaurant s'attroupe autour du vélo. On ne voit quasi aucun vélo ici sur les routes : 5 au total en 500 km , dont 3 concurrents . Evidemment hors vélos des enfants dans les villages  . On discute , ils sont adorables , c'est fou comment les gens sont gentils ici, ça réchauffe l'âme, et redonne du sens au mot "humanité" et des joies simples. 

Après avoir payé l'équivalent de 8 euros pour un délicieux repas complet, j'attaque les 8 derniers kms, un peu inquiet par la digestion 😀 . J'y vais sans forcer, le paysage est tellement beau qu'il incite prendre le temps de le comtempler. 

Et me voilà au sommet 



Ca ne se voit pas sur les photos , mais il ne fait pas chaud du tout et le vent est fort. Il sera d'ailleurs très génant dans la descente, la sacoche full frame donnant une grosse prise au vent. Je ne pourrai pas profiter de l'asphalte refait et lisse comme un billard pour prendre beaucoup de vitesse et ... heureusement ! 

Je découvre dans la descente la grande spécificité des routes locales : au détour d'un virage, l'asphalte lisse laisse la place à une piste de terre sur 500m , route détruite par je ne sais pas quoi. J'arrive à 60 km/h, mode freinage d'urgence avec tout le poids sur l'avant pour ralentir in extremis le vélo. Calmé pour le reste de la descente. Je cherche encore l'explication à ce cas de figure qui se reproduira de multiples fois : il semble que ce soit avant tout un pb de qualité du revétement et d'eboulements aussi. 

Me voilà en pays Berbère. Profil globalement descendant mais avec quelques remontées raides pendant 100km jusqu'à Ouarzazate. La moyenne remonte et j'en prend plein les yeux . Les paysages sont incroyables , on se croirait sur Mars. Difficile de croire que des gens habitent dans cet environnement de montagne rouge et totalement aride. Les villages sont pauvres mais les gens sourient à mon passage et souvent les gamins sautent sur leur vélo pour faire la course en riant et en m'encourageant. J'en ai les larmes aux yeux souvent. A l'heure de sortie de l'école, plein de gamins marchent au bord des routes. Au milieu de ces montagnes il semblent y avoir des écoles partout. Impressionnant. 








Les jambes vont de mieux en mieux et je me retiens de trop relancer dans les raidars. Moral au beau fixe, quelle épreuve magnifique ! La circulation est quasi absente, à part quelques deux roues motorisés et chargés de manière improbable. 

Soudain, je débouche dans un désert de cailloux. D'un coup le terrain devient plat et droit . Je suis dans la vallée en direction de Ouarzazate. 



Pour la première fois , je peux me poser sur les prolongateurs. Je mettrai moins 1h30 pour faire les 50 km jusqu'à Ouarzazate avec un vent favorable. 

Je rattrape un scooter chargé , ne résiste pas à la tentation de le doubler.  Said le pilote ne s'en laisse pas compter et couché sur sa machine avec son frère à l'arrière , il me redouble . S'en suit une course poursuite dans le désert. Mes adversaires du jour manquent de pratique : ils sont contents de prendre la tête, ignorant qu'ainsi je bénéficie de l'aspiration et ne me fatigue pas. Je me cale confortablement dans la roue, roulant entre 35 et 40 km/h sans effort. Ca se finira au sprint pour la pancarte de Ouarzazate dans des grands éclats de rire réciproques, un moment génial que je ne suis pas près d'oublier. Petite pause pour discuter un peu avec mes nouveaux amis et je me pose sur une terrasse de restaurant pour un dîner bien mérité. Il ne me faut que quelques minutes pour demander à être rappatrié à l'intérieur la température ayant chuté de 10° en un rien de temps. 

Ouarzazate est incroyable : après 200km dans les montagnes aride et pauves, me voilà dans une cité ultra moderne avec des néons partout et le serveur parle mieux anglais que français. Contraste total. Quand au serveur, il est tellement persuadé que je suis américain ( pfuiii s'il savait ) qu'il m'apporte ... un hamburger 😂




Dessert , café , thé à la menthe , remplissage aussi du réservoir Apidura au maximum de ses 3L. Car les 130 prochains km , ce sont 3 cols à 2300 m dans la montagne qui revient pour remonter vers le Nord. Aucun espoir de ravitaillement en eau ni nourriture avant d'avoir traversé la montagne . Les cartes donnent les cols à 5/6% , je me dis que je dois pouvoir monter à 15/16 km/h sans trop forcer. Surtout que la route à l'air belle. 

Après le dernier col au km 360 , il reste 140 km de descente/plat , et une légère remontée de 300m au final car Ourika est déjà un peu en montagne. 

Je calcule un horaire de passage au dernier col vers 6/7h du matin en fonction du terrain qu'on va découvrir. 

Je repars en pleine forme , après avoir aussi remis de la cire sur la chaine. Le vélo marche à la perfection, et file sans bruit sur une belle route qui reste plate sur 30 km. Jambes au top , le capteur de puissance affiche des valeurs parfaites, je suis en mode sortie du dimanche matin avec les copains, ça avance bien. Je vais surement mettre moins de temps que prévu me dis-je . 

Soudain, un bip du GPS qui me demande de faire demi tour. Erreur de ma part : j'ai oublié de desactiver le recalcul automatique, et je suis bêtement la trace GPS qui m'envoie en fait en dehors du parcours. Il y avait juste un bug de 10m sur le tracé ce qui a entrainé le recalcul . Un conseil : sur ce type d'epreuve , il ne faut jamais laisser le GPS recalculer l'itinéraire et desactiver cette fonction. 

J'en suis quitte pour 12 km de détour et 30 minutes de perdues , ma montre GPS Suntoo en backup finissant par m'alerter que je suis hors parcours et me remettant dans le bon sens . 

La route est toujours superbe. La pente augmente progressivement, mais les jambes sont tellement bien que je grimpe à 5% à presque 20 km/h à ce moment . 

Je suis vraiment seul , pas une voiture, pas un être qui vive, les rares villages sont dans le noir, on n'entend que quelques chiens aboyer au loin. 

Soudain, la route tourne à gauche et .... devient très mauvaise. La moitié du bitume a explosé , il faut slalomer entre des trous d'obus. Incroyable et pourtant , c'est une route nationale ! 

La pente augmente sévérement. On dépasse les 10%. Mon GPS s'acharne à me montrer un profil "en vert" à 4% , ça c'est particulièrement agaçant. Je vais passer 70km à espérer ce "vert" qui ne vient jamais . En fait , la moyenne des montées est de 5% mais sous forme de passages raides à souvent plus de 11% suivis de descentes. Ascension particulièrement casse pattes et bien plus difficile que prévu. Clairement les cartes "internationales" ne sont pas à jour au Maroc. Rien ne remplace l'expérience du terrain. 

Et surtout, le bitume se fait de plus en plus rare et disparaitra totalement sur 60km. Me voilà sur des montées et descentes raides dans les cailloux et le sable. Evidemment du jamais vu sur une épreuve sur route ! . Mais le vélo passe plutôt bien, c'est juste beaucoup plus énergivore que prévu. 

Il fait maintenant nuit noire. Avec les efforts importants, je n'ai pas vu le temps passer . Je regarde ma montre, il est déjà 3h du matin ! Je viens de descendre sur plusieurs kms, bien frustré de reperdre en permanence l'altitude chèrement gagnée. Soudain, une fissure mentale apparait. Putain !! y'en a marre de ce terrain infernal ! Stéven, je vais l'étriper au retour. Faut être fou pour envoyer des vélos route sur un terrain pareil en pleine nuit. 

La route est encastrés dans les rochers. C'est minéral et impressionnant.  Il fait froid, il fait noir, je me sens tout petit dans cette montagne et bien content que le vélo et l'éclairage marche parfaitement. J'ai de l'eau, j'ai à manger, la situation est sous contrôle. Mais je suis seul , incroyablement seul au milieu de nulle part dans un pays inconnu.  Un cri strident dans la nuit . Soudain mon cerveau fige sur une question "mais au fait , il y a des animaux dans ces montagnes ?" . Petit frisson dans l'échine. Incroyable il y a du réseau ici ( merci Orange ) . Je cherche sur Google " animaux sauvages Atlas" . Qui me répond " dans l'Atlas on trouve des Lynx , des putois, des renards, le dernier lion de l'Atlas a disparu en 1922 " . Bon ouf, je ne finirai bouffé par un ours ou un lion 😀😂 . 

Une petite barre et ça repart ! Un lapin traverse à fond de train devant mes phares. 

Me voilà reparti, mais je sens que les jambes commencent à toxiner avec tous ces raidars qui se succédent . 


L'état du terrain oscille entre très mauvais et totalement improbable . J'arrive à un endroit où la rivière à emporté la route . Il y a 40cm d'eau . Il fait -3°C , pas question de me mouiller les pieds . J'ai du sortir la doudoune de secours pour la mettre au dessus de ma veste thermique car je me gèle dans les descentes avec les dents qui claquent . J'ai trop attendu pour mettre la doudoune et maintenant j'ai du mal à me réchauffer. 

Pendant 20 minutes, je déplace des gros cailloux pour fabriquer un petit passage qui me permette de passer au sec. La route au Maroc c'est l'aventure ! Au passage, ça réchauffe 😀

J'arrive dans la dernière montée,  8 km à 9%, une descente encore puis 2km à 10% , je sens que ça va être dur. Les premières lueurs du jour pointent dans la montagne et avec elle les premiers véhicules ( rappel : c'est une nationale ) . Des camions dans un état extérieur inquiétant passent à toute vitesse : le mécano qui entretient ces camions est surement un génie car d'évidence moteurs et suspensions sont performants. Presque tous les camions s'arrêtent après m'avoir dépassé : pour vérifier qu'ils ont bien vu un vélo , puis pour me demander si j'ai besoin d'aide ou me proposer de monter le vélo en haut. Trop gentils . Je leur explique je fais une course, que je suis en tête et qu'il n'est pas question de profiter d'une assitance. Stupéfaction générale des chauffeurs devant ces explications. 






J'avoue que je pousserai le vélo quelques centaines de mètres pendant cette ascension. Les montées raides m'ont tuées, plus de force dans les jambes et le mental sature un peu de cette montée interminable. 

Et enfin la délivrance , le sommet ! 



Maintenant c'est globalement descendant ou plat jusqu'à l'arrivée hormis les 20 derniers km en légère montée pour atteindre Ourika à 900m . 

La descente est belle , la route est de nouveau une route même si on n'échappe pas aux fameux tronçons detruits au détour d'un virage. Par contre, il fait très froid, la route est à l'ombre. 

40km de descente et petit déjeuner à Demnate. Je prends mon temps pour reconstituer les réserves. 

Le soleil aidant , les forces reviennent et je vais pouvoir envoyer des watts sur les lignes droites dans le désert jusqu'à Ourika . 

Les 120 derniers km se font en un peu plus de 4h et je rejoins l'arrivée à 17h . 








Super accueil par Steven et son équipe , Micka , Cecilia et Anne-Sophie . La médaille de finisher , une bonne discussion dans le salon du très joli camping tout en mangeant de fruits frais cueillis sur les arbres. Ici Steven est chez lui et le partage est encore plus intéressant que d'habitude avec lui. Une personnalité attachante, hyper sensible et atypique.  Beaucoup resteront quelques jours de plus pour faire des sorties avec le champion qui ne demande que ça. 

Pour moi , ce sera repos dans le paradis des Jardins de Taja, à profiter de la gentillesse du personnel et de la cuisine d'Azraf. 

Ces quelques jours auront été une aventure formidable , un peu initiatique. J'ai découvert un pays attachant ( mais avec des routes dans un état déplorable ) où les gens ont encore la capacité à se réjouir des choses simples et font preuve d'une humanité et d'une bienveillance incroyable. Le contraste avec l'égoisme et le coté blasé de beaucoup de nos compatriotes est saisissant et une partie de mon coeur et mon esprit sont encore sur place. J'y retournerai c'est sûr, ne serait-ce que pour essayer la version tout terrain de l'épreuve qui est un beau challenge : vu l'état des routes, vous imaginez bien la difficulté des pistes 😀 . VTT obligatoire plus qu'un Gravel pour ce type d'environnement. 

Ci-dessous le montage vidéo de ma course. 




lundi 18 novembre 2024

Vendredi 15/11/2024 : Gravelman Verdun-Paris

 

J'avais pris tellement de plaisir sur la Gravel Fever ultra 500 , que je ne me voyais pas finir l'année sans une nouvelle épreuve ultra . Le Gravelman Verdun-Paris prévu mi novembre me faisait donc de l'oeil , en version route pour assurer vis à vis de la météo. J'en parle à la team ultra , Ludo et Sam sont partants 😀 . Et Benjamin, un ex collègue et ami qui s'est récemment mis au vélo décide de tenter le challenge avec nous .  Voilà encore une aventure qui s'annonce bien ! 

Je réserve un appartement pour 6 , tentant jusqu'au bout de convaincre Marco , ce ne sera pas encore pour cette fois,  mais ça y était presque. J'avais même commandé une méteo favorable malgré la saison. Avec le changement climatique, désormais il fait mauvais en été en beau en automne : il faisait plus froid la nuit sur la Gravel Fever en septembre que sur le Gravelman de Novembre. 

La phase de préparation est fertile en échanges dans l'équipe et c'est déjà une partie sympa de l'aventure.  Pour Benjamin , c'est une première sur cette distance et ça compte dans une vie de cycliste. 

Je repère sur le parcours les points ravitaillements boulangerie , tout en aidant l'organisation à débugguer la trace qui comportait de curieux aller-retour ajoutant articifiellement 20 km . Finalement le parcours fait 358 km , déjà de quoi s'amuser. Selon les outils utilisés pour analyser la trace , on obtient des prévisions de dénivelé très variables , allant de 2700 à 4000. Sujet toujours difficile à prévoir le dénivelé , on verra bien, mais ça alimente les discussions sur ntore groupe Whatsapp 😀. 

Au lieu d'arriver avenue de la Grande Armée , comme pour les précédents Gravelman, l'arrivée sera cette fois au parking du Bois de Boulogne. Je prévois de garer ma voiture en sécurité dans un parking à Puteaux , puis de rejoindre la Gare de l'Est à vélo, un TGV+navette nous amenant à Verdun en moins de 2h. 

Arrivé au jour J, le plan se déroule à merveille, et ayant pris 2 jours de RTT, j'arrive le premier à Verdun , avant mes petits camarades qui arrivent par le train du soir. Benjamin vient lui en voiture avec madame comme chauffeur et fait le taxi pour Xavier , un autre participant. 

J'en profite pour passer à l'hôtel B&B, lieu de départ, pour récupérer pour toute l'équipe, les balises GPS qui permettent de nous suivre en temps réel via le site Dotvision. Je fais la connaissance de Cecilia et Mickaël qui assurent l'organisation aujourd'hui . Comme toujours, l'équipe est super bienveillante et sympathique,  un plaisir . 

 Contre tout attente, c'est Sam, le frère de Ludo , qui est victime de l'aventure du jour avec un RER stoppé qui lui fait rater le train. Normalement, ça n'arrive qu'à moi ce genre d'aventures 😀 . Aurais-je refilé le virus à Sam ? Bien possible , çar le lendemain c'est son phare avant qui refuse de s'allumer au départ ! 

Pendant que notre pauvre Sam mange comme il peut dans un fastfood Gare de l'Est en attendant le train suivant, nous dînons dans une adresse très chaudement recommandable à Verdun : le Bistrot d'Elo . Un restaurant qui mérite qu'on lui fasse de la pub ! . Par égard pour Franck qui va surement lire ce compte-rendu, je resterai discret sur la carte , mais on s'est tous RE-GA-LES ! 




Verdun est une jolie ville, pleine d'histoire, qui mérite d'être découverte, pas seulement pour les momunents commemorant la 1ère guerre mondiale. 

Sam nous rejoint au retour du resto , dernière séance de réglage des vélos 



Une courte nuit , et lever à 4h15 pour prendre un petit déjeuner consistant au vu de la journée de 360 km qui nous attend.  Mais il nous faut au préalable déposer les sacs que l'organisation transportera jusqu'à l'arrivée. 

Nous voilà au départ. Je me sens en pleine forme , bien reveillé et j'ai hâte de savoir si les très bonnes sensations ressenties les deux dernières semaines vont se confirmer sur le vélo. 

Un petit briefing de Mickaël et c'est parti ! 




Une première bosse de 4km nous attend à peine 2km après le départ histoire de bien s'échauffer. On monte au train, dans la nuit , surplombant les lumières de Verdun en direction de Douaumont, haut lieu historique et premier point de contrôle ( CP ) virtuel. 

Les jambes tournent toutes seules, on monte au train. Benjamin qui n'aime pas (encore) les bosses s'en sort très bien, il va nous épater en tenant le rythme sur les 200 premiers km . Il a prévu de son coté un stop à Chateau-Thierry pour boucler le parcours en 2 étapes , largement dans les clous des 50h autorisées pour être finisher. 

Nous arrivons en haut de cette première montée sans difficulté, nous voilà dans une belle forêt et le terrain se fait plus roulant. Alors on roule ! . Le GPS indisque largement plus de 30km/h. Bien qu'il n'y ait pas de grosse difficulté, il n'y a pas non plus de longues portions plates. On est sur un terrain valloné, ça monte et ça descend, ce qui évite toute monotonie. On s'imaginait le parcours un peu plus plat se dit-on 😀 . La suite confirmera que les estimations de D+ les plus élévées étaient les bonnes ! 

Pour la première fois depuis longtemps sur une épreuve ultra , nous avons une bonne météo et un léger vent dans le dos. Ca change des 70km/h de vent de face de la Gravel Fever 2023 😰 . 

Notre petit groupe file à très bonne vitesse, accompagné par quelques concurrents qui sont venu se joindre à nous. Sur les Gravelman, rouler en groupe est autorisé.  Un gars en Bianchi ( notez bien ) , est avec nous , s'échappe parfois , avant qu'on le retrouve au grès des arrêts des uns et des autres lors des photos CP ( une specificité du Gravelman: le jeu est de prendre des photos des CP virtuels bien que pas obligatoire ) 

La moyenne n'arrête pas de monter et frôle les 28 km/h . Je vois un message de Richard sur mon GPS qui me dit "vous êtes 5ème !" . Ah oui ! Ca motive ! 

Le parcours est superbe sur des routes désertes et dans de belles forêts aux couleurs d'automne, puis bientôt les premiers côteaux de Champagne. 


Je verrai même à un moment un message de Karine mon épouse qui me dit "vous êtes premiers ! " . Mazette . Juste avant la pause boulangerie de midi où on perdra quelques places , certains ayant manifestement décidé de boucler le parcours sans aucun arrêt. 

Mais nous ne pouvons pas resister à cette belle et bonne boulangerie, "La Case à Pain" à Verzy .  On y découvre un principe jamais vu ( par moi du moins )  : les garnitures de sandwichs sont posées sur de petites lames en plastique . On choisit la garniture et ensuite la boulangère prépare le sandwich dans du pain frais . Genial et délicieux.  



On se régale, il ne fait même pas froid et on peut tranquillement manger dehors. Il est temps de repartir, nous sommes au km 137 , il en reste quand même 220 😉. 

Ca monte fort pour repartir, et on enchaîne quelques bosses bien plus costaud que celles qu'on a déjà passées , dont une avec un long passage à 17% où la cassette de 34 de mon Axxome trouve tout son intérêt. Benjamin s'arrache et on n'a même pas le temps de faire une pause pipi au sommet qu'il arrive déjà ayant gobé quelques concurrents en difficulté. Chapeau ! 

On se rapproche des 200km , arrêt prévu pour Benjamin au km 220 à Chateau-Thierry. Sam et Benjamin commencent à gérer un peu, le rythme ayant été très intense jusque là . 

Nous alternons passages bucoliques le long des canaux et vallons dans les vignes 








Benjamin fait un stop boulangerie , nous laissant filer vers l'arrivée . Les sensations sont toujours excellentes , le moteur n'a pas perdu de puissance et nous montons les bosses ensemble avec Ludo , attendant nos compagnons au sommet. 

Il est 16h et temps de faire la pause goûter dans une seconde boulangerie à Nogent l'Arthaud. Encore un très bon etablissement , avec mention spéciale à la baguette tradition gratinée et fourrée aux merguez. Ludo nous en offre une partager. Un régal ! . Quelques viennoisseries achèvent de refaire le plein de glucide du moteur. 

La température descend avec la tombée de la nuit, il fait un peu frisquet en sortant de la boulagerie chauffée mais une bosse nous permet de remettre rapidement notre organisme en température de fonctionnement. 

Le nombre de côtes restant diminue, le plus dur est fait , mais il en reste 3 ou 4 quand même d'ici à l'arrivée , sachant que les 50 derniers kms sont plats . 

On a un peu ralenti le rythme et l'homme au Bianchi ( vous vous souvenenez ) revient sur nous.  Il s'appelle Arnaud . 

Et voilà qu'Arnaud attaque dans une bosse en danseuse. Je passe en mode Pogacar, et mouline tranquillement derrière. Il insite, je mouline un peu plus. Il insiste toujours, une petite lumière s'allume dans mon cerveau : non mais , il ne va pas me piquer la 5ème place qui me tend les bras ce Bianchi ! L'année ayant été plutôt dure sur un plan professionnel, mon cerveau a besoin de cette petite satisfaction . Je sens comme une frissonnement d'adrénaline dans mon échine. Je tombe 3 dents et ajoute 50W,  toujours en mode je mouline assis sur le vélo, je passe devant, j'ai l'impression de pouvoir accélérer autant que je veux ! . Le rascal s'accroche puis j'entends le derailleur qui claque et le bruit de son vélo s'attenuer dans la nuit. Au sommet je ne vois plus personne. 

J'ai un peu mauvaise conscience de ne pas attendre les copains, mais d'un autre coté , je n'ai jamais occupé une si bonne position auparavant. Alors je décide de me faire plaisir et d'attendre à l'arrivée. Les jambes sont incroyablement bonnes , je ne ressens pas de fatigue à ma grande surprise. Je me mets sur les prolongateurs et j'appuie comme si j'étais sur un sortie du dimanche avec Marco devant 😀 

Je rattrape deux concurrents qui étaient apparemment passés devant, dont un avec un vélo équipé de sacoches à l'arrière et sur la fourche. J'ai beau lui dire bonjour, pas de réponse . Bon je continue . 

Soudain dans une bosse, mon GPS me dit de faire demi-tour en plein milieu de la bosse . J'hésite, reviens sur mes pas,  le GPS est complétement perdu etr recalcule en boucle.  Sans doute un bug que je n'avais pas vu sur la trace. Qui plus est mes lunettes de vélo ont juste la correction de loin et de nuit , j'ai du mal avec le tracé du Garmin qui est trop fin.  Alors que je sors le téléphone , un motard arrive à ma hauteur "c'est bon JP , tu es sur le parcours mais dans le mauvais sens !' . C'est Franck XXXL , un copain de vélo , venu à notre rencontre. Ludo et Sam ont même profité de l'apero qu'il avait amené. Pour ma part je décline, vous savez , je vise une place ... 😁. Merci Franck pour le sauvetage ! 

Je repars dans le bon sens le couteau entre les dents . J'ignore le GPS qui me redemande évidemment de faire demi-tour au même endroit que précedemment et appuie comme un forcené . 

Je redouble rapidement le fameux gars avec les sacoches, je retente un bonjour sans plus de résultat . 

10 km plus loin , rebug , pas de Franck pour me sauver , je tourne encore en rond 5 min . 

Je repars à fond , et ... redouble encore une fois mon concurrent mystère qui doit se demander à quel cinglé il a affaire. 

La traversée du 77 est bien moins sympa que le reste du parcours : trop urbaine, trop de voitures  . Heureusement on remonte au Nord pour prendre le canal de l'Ourcq pour rentrer dans Paris . 

Je me plante à une intersection , retrouve assez vite le bon chemin , ... et redouble pour la 4ème fois vous savez qui 😂. 



Le canal de l'Ourcq est beaucoup plus sympa , féerique même par endroit . Faune parfoit un peu suspecte dans les coins sombres, j'appuie sur les pédales ! 

Le canal nous mène jusqu'à République et là c'est moins cool : on se retrouve en plein trafic du vendredi soir dans Paris . Evidemment, je me plante deux fois , ayant du mal à lire le GPS ebloui par les lumières et les phares. Ce qui a pour conséquence ... deux nouveaux dépassements de notre pauvre concurent qui doit penser que je cherche à le persecuter . 

J'ai alors l'idée géniale d'enlever la carte pour laisser juste le tracé qui devient bien plus facile à lire sur le GPS , j'aurais du y penser plus tôt . Il me reste à filer jusqu'au camping du Bois de Boulogne, je regarde un instant le classement sur le tel et voit que je suis en fait 6ème précédé par une féminine . 

Traversée du Bois de Boulogne à 23h un peu "chaude" . Je serre les fesses 😰. 

A 500 m du camping, je vois la concurrente qui me précède arrêtée et perdue . Elle me demande si elle peut me suivre n'arrivant pas à localiser le camping . Ayant souvent tourné à Longchamp , je le situe bien et du coup , me voilà 5ème in extremis. Never give up ! 

Il reste à attendre Sam et Ludo qui ne tardent pas , accompagnés d'Arnaud . 

Encore une belle aventure avec de très bonnes sensations qui m'encouragent à perséverer dans cette filière ultra qui semble bien me réussir . 

Petit bilan de l'épreuve 

Ce qui a bien marché 

  • L'Axxome équipé de sa nouvelle transmisison electronique : vraiment appréciable sur longue distance , ça réduit la fatique.  
  • Idem pour les pneus de 30, qui faisient presque 32 sur les jantes ICAN de 23mm interne. Super confort, aucune fatigue ou douleur. 
  • Les vétements techniques : jamais eu froid 
  • Le Garmin 1040 , sauf pour la lisibilité de nuit , il va falloir trouver une solution 
  • Le radar Varia qui a tenu toute la sortie en mode radar seulement , avec une lampe en plus dédiée à l'éclairage arrière 
  • La camera Insta 360 GO3S , par contre , la télécommande n'a tenu que les 2/3 du parcours .
  • Les prolongateurs adaptés au cintre carbone, un bonheur sur longue distance 
  • les jambes ! 
A revoir 

  • la batterie fixée sur le support GPS , trop de vibrations avec le Garmin dessus , il est trop grand , j'ai plusieurs fois eu peur que ça casse mais ça a tenu 





lundi 16 septembre 2024

Vendredi 13/09/2024 : Gravel Fever Ultra 500.


 J'avais adoré la Gravel Fever Ultra 400 de 2023 , malgré les conditions météo exécrables. L'organisation se distingue par une grande convivialité et j'avais aussi beaucoup aimé la nuit passée sur les chemins. Et donc très envie de repartir en 2023. Je construis mon programme de l'année en conséquence avec l'objectif de travailler l'endurance. Et lorsque je reçois le premier mail des organisateurs, je découvre avec surprise que le parcours a gagné 100 km en un an ! C'est donc une ultra 500 qui nous attend 😱

Je me dis que les 100km ne feront peut-etre pas une si grande différence si on évite les 70km/h de vent de face de 2023, d'autant que l'épreuve a judicieusement été avancée d'un mois , les dates retenues sont donc le 13 et 14 septembre. Départ vendredi 13 septembre à 13h , il ne faut pas être superstitieux 😂.

Est-ce la distance ou les aléas de planning , mais dans l'équipe de copains qui avait participé en 2023 , je suis le seul inscrit 😢 . Heureusement, in extremis , Richard s'inscrit aussi.  Sur une telle distance, c'est quand même mieux de pouvoir se soutenir mutuellement. 

Les vacances d'été permettent de fignoler la condition physique, je suis plutôt confiant. Reste le choix du vélo , mon Origine Graxx ou le vélo " JP's Bikes" que j'ai monté début 2024 ? 

En fait , au fond de moi , la décision est déjà prise . Ce nouveau vélo, je l'ai monté suite à la Gravel Fever 2023 après une grande discussion avec mon ami David Schuster où nous réflechissions au vélo ultime capable de passer partout. Et on penchait pour un gravel monstercross, capable de rouler avec des gros pneux VTT en passant par le gravel et la route, arme ultime pour les longues distances complétement configurable. Impossible de resister à l'envie de rouler sur ce montage spécifique conçu dans ce but précis. 

Mon AFG ( Arme Fatale Gravel ) est donc capable de monter des pneus jusqu'à 29x2.2 , équipé d'un guidon Ritchey Corralito qui fait 48cm aux cocottes mais 62 en bas du guidon pour un meilleur contrôle dans les passages techniques, une potence suspendue à parallelograme Vecnum pour amoritr la vibrations et augmenter le confort sur la distance ( marque peu connue mais bijou d'ingénièrie recommandable à 100% ) et une tige de selle suspendue BB. Pour l'occasion je monte des Conti Terra Speed 45 sur les conseils du site Bicycle Rolling Resistance, le parcours est réputé roulant : hum ... à la réflexion notre ami JC a surement une definition du mot roulant bien à lui, par exemple : tout parcours ne nécessitant pas obligatoirement l'utlisation d'un VTT d'enduro 😀. 



15 jours avant l'épreuve , bien que sachant que cela ne sert pas à grand chose si ce n'est à se faire peur, je me mets à scruter la météo. Aie , ça s'annonce mal et puis à quelques jours du départ, le beau temps se confirme de plus en plus avec même du vent favorable. Mais des températures inhabituelles la nuit pour la saison ( 4°C ! ) . Il faudra donc prévoir les couches amovibles adaptées car on aura une forte amplitude entre plus de 20 le jour et le froid la nuit. 

J'opte pour une configuration aussi légère que possible avec 2 sacoches de cadre , une Restrap supérieure et une Apidura 4.5l inférieure, une petite sacoche de selle pour le dépannage et surtout j'opte pour le camelback sur une telle distance pour une hydration facile et des réserves suffisantes. L'étude du parcours montre en effet qu'on passe un peu à l"écart de tout, surtout la nuit, même des cimétières. Il faudra donc être autonome. Et je pars avec mon foodpouch , qui se revelera encore super pratique . A chaque stop , je mets dans le foodpouch la ration pour l'étape suivante, comme ça pas besoin de chercher dans les sacoches. 

Le parcours justement est totalement nouveau. Au lieu de partir de Saint Quentin direction Orleans-Tour-Chatelleraut on part de Meudon puis complétement à l'ouest vers Senonches, Alençon, puis Le Mans, Bourgueil avant de filer sur Chatellerault. Très bonne idée d'avoir renouvelé le parcours ! 

Depart de la maison vendredi à 9h30 en RER direction Meudon Val Fleury pour rejoindre le départ situé sur la place de l'Observatoire de Meudon . 

Je fais la connaissance de Jean-Christophe dans le RER , c'est son ... premier ultra après un BRM 200. Courageux ! On discute en rejoignant le départ via la célèbre côte de l'Observatoire et ses 75m de dénivelé . Jean-Christophe qui vient d'Orleans réalise que l'IDF n'est pas si plate. 



Accueil au café la Loggia ( super joli ) et à 13h , nous voilà au départ . On a la chance d'avoir notre photographe professionnel familial, Eiden,  avec nous 😀 qui nous mitraille avec Richard . 












JC Savignoni, toujours aussi cool et sympa , nous fait un petit briefing organisateur et nous voilà enfin lancés. 

J'ai roulé tous les jours avec le vélo depuis 3 semaines pour tout vérifier, et bien ça n'empèche un gling gling très suspect de se manifester à peine entré dans la forêt où je me demande si je dois continuer de suivre le groupe de tête et Richard, ou faire ce que j'ai prévu à savoir rouler de manière régulière toute la course. La réponse est évidente mais néanmoins toujours tentant de suivre les premiers ! 

Le gling gling persiste et je me dis qu'il serait prudent de s'arrêter pour voir ce qui se passe avant de bétement perdre quelque-chose. Je suis agacé au plus haut point par ce problème improbable. Je m'arrête donc et là horreur malheur , mon étrier de frein avant se balade ne tenant plus que par miracle, une vis a déjà disparu. Vendredi 13 ? Sabotage ? Incroyable, impossible, irréel. Je visse à mort la seule vis restante et repart en reflechissant à une solution long terme. J'ai peur d'un arrachement en cas de freinage violent. Donc j'essaie d'utiliser le frein arrière sauf besoin absolu de l'avant et je me promets de faire un pit stop au premier magasin de vélo croisé et surtout de prévoir desormais une vis dans la trousse de dépannage où figuraient déjà un jeu de plaquettes. 

Je me retrouve dans un groupe avec des têtes connues ( Richard de Spotzle et Bistrot Gravier ) et nos deux féminines de la course qui envoient du lourd au moindre bout droit , costaud les filles . Le rythme me convient , le capteur de puissance affiche les valeurs cibles que je me suis fixé autour de 65-70% de ma FTP pour durer.  Bonne ambiance , ça plaisante et ça papote. 

Dans une bosse un peu raide je vois Richard forcer comme un damné. Mais pourquoi il ne met pas une vitesse plus facile me dis-je. Du coup je regarde de plus près et réalise qu'il est parti en single speed. Mamma mia , le fou ! Il me fera d'ailleurs le commentaire révélateur suivant quand je le félicite pour son courage "la frontière entre le courage et la folie est mince" . 

La trace est vraiment jolie , très peu de routes , et beaucoup de chemins , globalement roulants , la moyenne est à 23 km/h , je révise à la baisse mon horaire d'arrivée à Chatellerault . Bon, ceux qui me connaissent savent que je suis un inaltérable optimiste 😀. 

En étudiant le parcours en détail, j'ai repéré une boulangerie à Treon , km 90 , pile sur le parcours. Toujours dans l'idée d'entretenir le moteur et ne surtout pas le faire chauffer/casser ,  j'ai prévu un arrêt à cet endroit pour un goûter et une part de flan, pensée pour l'ami Franck grand amateur de cette patisserie. 

Je me sens bien, il fait bon malgré parfois quelques gouttes. Au hasard des pauses techniques, je passe et me fait repasser par le mêmes concurrents sur cette première partie et nous arrivons donc ensemble à la boulangerie. 

Mon Richard à moi, celui qui roule avec des vitesses, a disparu devant, on se retrouvera au CP1 . L'autre Richard single speed est lui dans la boulangerie en train de découvrir que les 4 pizzas qu'il a commandées ne rentreront jamais dans son sac à dos vu la taille des pizzas locales assez inhabituelles pour une boulangerie 😅 . Du coup très gentiment , il me propose de m'en donner une . Flan + pizza + coca me voilà reparti avec un bon stock d'energie. 



On rentre dans le Perche , le parcours est toujours très majoritairement sur des pistes et sentiers, très peu de route. Ca commence à monter régulièrement, je sais que plus de la moitié du dénivelé est concentrée sur cette partie , 30 km avant et 30 km après le CP1 avec notamment le point culminant, le Belvédère de Perseigne au km 210 environ, le CP1 étant lui au km 175 . 

Les chemins deviennent plus délicats , herbes hautes, terre molle, voir extra molle dans une pente raide au bord d'un champ où un tracteur est passé. Je vois les pneus se charger de boue en quelques mètres et avec mes Conti Terra Speed à haut rendement et petits crampons, je doute de faire 2m de plus. Et bien si, incroyable, j'avance. N'ayant pas envie de mettre les chaussures dans cette patée gluante, je force comme un malade pour atteindre le sommet, sauvé par une bifurcation à gauche que je vois au dernier moment. 

En 300m , j'ai laissé des forces, coup de moins bien soudain, plus le froid qui tombe, je compte les km jusqu'au CP1 à Bellème. Je ne sais pas pourquoi , en repérant le parcours sur la carte, j'avais vu qu'on faisait un aller-retour pour atteindre la salles des fêtes , et je m'étais dit que c'était du plat roulant. Dans les faits, Bellème, ça monte, ça monte ! J'atteinds enfin le CP1 avec l'aide d'une voiture qui passe , s'arrête et me dit où se situe le CP . Un grand merci, car il n'était pas facile à trouver. 

Me voilà au CP1, je dis bonjour à Richard qui regarde à travers moi sans me voir pendant que je sors mes batteries pour recharger GPS et téléphone. J'en profite aussi pour jeter les emballages, Richard repasse, m'a-t-il vu. A la 3ème fois , après 10 minutes quand même : il me dit "ah Jean-Pierre tu es là ? " Voilà ce que c'est de rouler à fond derrière les cadors, ça fatigue un peu 😂 . 

Ceci dit , je ne fais pas le fier. je me sens à moitié patraque, je me dis que ça s'annonce délicat mais heureusement l'expérience m'a appris qu'il ne faut pas grand chose pour redémarrer la machine. 

C'est donc le moment de profiter de cette salle chauffée , et du ravito fantastique pour se requiquer. Hamburger ( si, si ) , soupe aux vermicelles ( je ne sais pas pourquoi , ça me fait toujours un bien fou ), bonbons, banane, rillettes du Mans, abricots secs , tout y passe et plusieurs verres de Coca. 


Nos deux féminines arrivent aussi . La nourriture fait son effet , quelques étirements et je sens le niveau d'energie qui remonte , nous repartons avec Richard, il n'est pas loin de minuit. 

Nous rentrons dans une forêt sombre, avec un terrain mou , très mou , très très mou , vraiment archi très mou. Plus on avance plus on a du mal à progresser. Ca augure d'une nuit looongue. Sans doute trop mangé ou trop vite, je commence en plus à avoir un peu mal au ventre. On passe dans un vériable marécage, pas moyen de pousser le vélo sans mettre les pieds dans la bouillasse jusqu'au mollet, pfuiii , il est où le traceur ??? , va m'entendre à l'arrivée le JC  😡 On fait quelques petites erreurs de parcours qui nous rallongent, et je suis obligé à un moment de faire une pause technique urgente. Je perds une nouvelle fois Richard et je vois plein de concurrents passer. Je remonte sur le vélo, les chaussures pleines de boue se bloquent dans les pédales et je m'étale sur le dos dans les fougères en contrebas, merci le camelbak pour l'amortissement. Me voilà dans la boue, les fougères, sous le vélo. Bon c'est décidé, adieu, j'en peux plus, je me laisse mourrir ici,  moral en berne 😢. 

Après 2 minutes de réflexion, finalement, non, ne mourrons pas tout de suite, je me relève péniblement porté par l'idée d'étrangler JC à l'arrivée , Richard Delaume dans une petite vidéo nous avait dit qu'il fallait bien savoir pourquoi on voulait arriver afin de tenir le coup quand le moral baisse avec une motivation claire. Voilà je l'ai trouvée 😂

Toujours les miracles du corps humain, 10 minutes plus tard, l'energie revient, je me mets à appuyer plus fort , beaucoup plus fort, mode full power et petit à petit je remonte tous les concurrents qui m'ont doublé pendant ma pause involontaire et d'autres aussi. Raaaaahh, JP is back , plus rien ne peut m'arreter , même pas le sanglier qui traverse 1m devant moi, il l'a echappé belle la pauvre bête !!!  Alors que j'étais à l'article de la mort , maintenant je vole. Un peu trop d'ailleurs car je décolle sur une bosse prise un peu vite en descente et heureusement le guidon large m'aide à maîtriser le fougeux destrier noir qui voulait me désarconner. 

La montée vers le Belvèdère de Perseigne est difficile, longue, pentue et caillouteuse mais je m'y sens bien et reprends du monde. Malheureusement, la nuit noire fait que je ne verrai du Belvédère que ... le panneau de signalisation. 

Moment magique dans une descente sur un chemin sous une voute d'arbres, un grand hibou surpris par le vélo qui file silencieusement décolle juste devant moi et vole majestueusement 2 m devant mon vélo en parfaite synchro avec ma vitesse et la courbe du terrain pendant au moins 30s. La lumière des phares le fait briller d'une lumière blanche, on dirait une apparition divine, volant avec une fluidité magique. 

J'adore, dommage, ça secoue trop pour attraper la caméra mais je garderai longtemps cette image. 

De beaux passages notamment un magnifique single de plusieurs km , je l'aurais bien fait de jour pour pouvoir pousser plus, là il fallait faire gaffe à tous les pifs pafs dans la nuit. Je découvre un truc avec mon guidon super large en bas . Il y a des poteaux à l'entrée de certaines pistes, le haut du guidon passe entre les poteaux mais pas le bas ! Piegeux ! . Je me coince une fois et je ferais gaffe ensuite à passer à pied en levant le vélo. 

Avec le froid , je suis un peu maladroit, et je manque plusieurs fois de m'en prendre une mais reste sur le vélo , merci au guidon , le bras de levier permet de rattraper bien des situations comme à VTT ( c'était l'idée ) . 

Je continue d'appuyer mais je n'arrive pas à rattraper Richard parti devant.  Je suis néanmoins content de ma remontée. Le jour se lève et avec lui la chaleur bien agréable après le froid de canard de la nuit. 

A quelques kms du CP2 à Bazoges avant le Mans, j'entends soudain un caractéristique "je passe à gauche" et un missile équipés d"une micro-sacoche et plaque de cadre similaire à la mienne passe à toute vitesse. Mais d'où il sort lui ? Pourquoi il est aussi light ? Un des premiers qui s'est arrété dormir ? 

5 minutes plus tard : la même mais ils sont deux ! 

Putain mais je perds des places à qui mieux mieux là et à toute vitesse ! Comment c'est possible ? Et ils ont fait quoi de leur affaires ? Non mais quoi, c'est trop injuste !! 

Foi de JP , ça ne va pas de passer comme ça . Je lâche les watts et je me mets dans leur roues mais ils appuient grave, au bout de 2 km , je me calme , je vais pas tenir à cette vitesse. 

Et maintenant voilà un groupe de 10. J'hallucine littérallement. Au point que je me demande si justement c'est pas mon cerveau qui me joue des tours avec le manque de sommeil. Jusqu'au moment où un des concurrents me dit " tu fais la Gravel Fever ?" "Oui, pas vous ? " "Ah non, nous on fait la Gravel Alpes Mancelles ! Bon courage pour les 200 derniers km !  " . 

Aaahhh , tout s'explique 😀

Et me voilà du coup au CP2 , je retrouve une nouvelle fois Richard , nos deux féminines et un copain d'Oliv qui décide d'abandonner. 

CP2 encore une fois génial , une ration de soupe au vermicelle et me voilà en pleine forme , je vous dis , la soupe aux vermicelles c'est le secret des longues distances ! 

Ludivine et Muriel partent un peu avant nous, tuyautées sur le reste du parcours par le mari de Ludivine, loin devant. Puis on décolle avec Richard . Il fait beau , il fait bon, et les jambes sont au top , j'ai l'impression qu'on vient de démarrer et je me sens en super forme, prêt à faire souffrir mon Richard 😁

On arrive au Mans où on retrouve les filles qui on fait une escale boulangerie, on roulera 100 km ensemble. 

Cette partie est la plus roulante , sur des pistes magnifiques au milieu des pins et des bruyères, sous un ciel bleu éclatant. On traverse la ligne droite des Hunaudières et on file vers le sud , souvent à plus de 30 km/h sur les prolongateurs, souvent derrière Ludivine qui tient un sacré rythme. 

Je dis à Richard qu'on arrivera avant la nuit à ce rythme, il refuse de me croire ! 

Nos miss s'arrêtent pour manger, on continue en direction de Bourgueil pour une pause patisserie au km 420 



Les calculs donnent une arrivée vers 20h30 si on continue à cette moyenne élevée depuis le Mans. Juste à la tombée de la nuit. 

Sauf que ... après Bourgueil ça se complique, Richard avait vu juste . Pour ceux qui connaissent , c'est de la Jean Racine like avec une ribambelle de raidars sur des singles en forêt . Ce salaud de GPS decompte les raidars, donc je sais combien il en reste, ça devient un gag avec Richard à chaque bosse passée , on fait le decompte de celles qui restent 😀. Plus que 7, 6 , ... ah non zut , celle là n'était pas repertoriée ... 

Je me sens toujours bien, mettant un point d'honneur à justifier ma réputation sur les montées impossibles bien aidé par le petit plateau de 31 et la cassette de 40. Mais il faudra quand même mettre pied à terre deux trois fois. 

L'heure tourne, le parcours est joli mais plus si rapide, les pistes étant herbeuses ou caillouteuses quand nous n'avons pas de raidars. Ma roue arrière commence à se voiler , sans doute un choc sur une grosse pierre mais ça tiendra jusqu'à la fin comme l'étrier avant. 

Jusqu'au derniers km , même en arrivant en ville , la trace déniche des sentiers improbables et des pentes caillouto-herbeuses. Il nous reste des forces, mais la moyenne s'en ressent et c'est finalement à près de 23h que nous passons la ligne , heureux avec des souvenirs plein de la tête . 

Accueil super sympa malgré l'heure tardive et remises de la médaille et du trophée de finisher moins de 36H . Il y avait 3 trophées : 24 , 36 , 48h , seuls 4 concurrents passeront de justesse sous les 24h. 

Richard et moi sommes ex-aequo à la 20ème place 😀. 

Un grand merci à l'organisation , la convivialité de cette épreuve est vraiment hors norme et la tracé 2024 exceptionnel par sa variété . La distance de 500 km me parait idéale , justement pour offrir toute cette diversité . 












Et pour finir , une mention spécial à Jean-Christophe. Vous vous souvenez , le RER à Meudon 😀. 

ll est arrivé après 51h d'efforts , un véritable exploit avec un mental et une perséverance d'acier pour son premlier 500 . Chapeau bas, JC !