dimanche 3 septembre 2023

Vendredi 01/09/23 et Samedi 02/09/23 : Gravelman Paris-Deauville et retour 😀



Ayant malheureusement dû renoncer à ma participation à la GOLD 2023 en Juin du fait de contraintes professionnelles, je m'étais inscrit dans la foulée à la version route du Gravelman Paris-Deauville 2023. 

Les Gravelman sont une belle organisation créée par le célèbre specialiste français d'ultra-distance Steven Le Hyaric.  Chaque édition comporte une trace route et une trace gravel . Comme je souhaitais pouvoir boucler le parcours dans la journée, j'ai privilégié la trace route plus accessible même si bien vallonnée et exigeante. Le suivi 2022 montrant que le premier avait fait du 24 de moyenne, je me doutait que cela ne serait pas facile 😅. 

En prévision d'épreuves longue distance que j'apprécie de plus en plus , j'ai fait l'acquisition en début d'année d'un Orbea Orca modèle 2022. Ce vélo répondait parfaitement à mon cahier des charges : performant mais pas extrême, géomètrie adaptée à la longue distance et possibilité de monter des pneus jusqu'à 34 pour les traces gravélisantes.  Look moderne avec un cockpit et des cables intégrés. 



Je teste le vélo à l'occasion des Cinglés du Ventoux ( 3 ascensions à la suite ) où il se révèle juste parfait : position idéale, vélo réactif et performant. 



Petit détail que je n'avais pas anticipé , je réalise qu'un guidon plat intégré est incompatible de prolongateurs !  Heureusement après pas mal de recherches je découvre les prolongateurs Sirocco de ControlTech qui se fixent sur la potence ( attention à la dimension de la potence pour le système de fixation ) . 

Je profite des vacances en altitude à Valloire pour un bon entrainement complété par une sortie de 250 km avec les Narvalos à 28 km/h de moyenne qui me rassure sur ma condition physique. A Valloire , je profite de la présence à proximité de l'ami Nicolas pour un remake en off de la Marmotte. Sortie très utile , d'une part pour ma rassurer sur ma capacité à absorber de gros dénivelés, mais aussi pour les enseignements sur les petires erreurs à corriger. Pas assez bu dans la montée de la Croix de Fer , et pas assez mangé , conduisant à une gros coup de mou à 4km du sommet du Télégraphe. 

Du coup , je me plonge un peu dans la litterature sur l'alimentation en effort longue distance. Et la recommandation qui ressort est de viser plutôt une alimentation normale et surtout , il faut manger ce qui fait envie. Je pars donc avec une recette de mini sandwichs à base de pain au lait, viande des grisons et fromage, et d'une gourde de gel maison dont je garderai la recette secrète car elle a parfaitement fonctionné 😀 hihi . 


Je fais également l'acquisition d'une lampe avant K-Lamp , fabriquant français réputé , avec le gros avantage de pouvoir brancher la lampe directement sur une power bank une fois la batterie épuisée. 


Me méfiant un peu de la trace ( dans Gravelman il y a Gravel ) , je monte des pneux hutchinson Sector de 32 , pour assurer confort et solidité. Rien de pire que de perdre du temps à réparer des crevaisons la nuit sous la pluie, je garde un mauvais souvenir de ma crevaison un peu avant l'arrivée de la GOLD 2022. 


On ajoute des sacoches , il y a une liste de matériel obligatoire , y compris une veste à capuche et j'achète aussi un sac de transport homologué TGV de marque Ostrich . Une vrai merveille ce sac : 200g et compressé , il prend moitié moins de place que la veste ! L'épreuve a lieu sur le dernier week-end des vacances et les trains sont annoncés complets pour le transport avec vélo. 


Me voilà prêt , après étude du tracé reçu 10 jours à l'avance et repérage des endroits stratégiques : les 10 CP virtuels où il faut prendre un selfie pour témoigner de son passage et qui vont bien rythmer la journée avec tous les messages whatsapp des participants 😀 , mais aussi les points d'eau et surtout les boulangeries, amies du cycliste longue distance. 



Lever 3h15 , le départ est à 6 heures, avenue de la Grande Armée , la classe ! . J'ai récupéré la veille au soir la balise GPS qui permettra de nous suivre sur le tracé . Ce sera d'ailleurs le seul bug pour moi, ma balise ne fonctionnera qu'aléatoirement ( officiellement, elle tourne encore m'attribuant un temps de 34h 😂 ) 




Nous voilà partis . Pour ceux qui imaginent que l'Ile de France est plate , la trace est une belle démonstration du contraire. Nous partons vers l'ouest , avec un incroyable enchaînement de bosses qui n'en finit pas. Au bout d'une heure je suis à 19 km/h de moyenne ! La bosse de la Jonchère que je ne connaissais pas est particulièrement raide sur un peu moins d'un km avec du 13%. De quoi réveiller l'organisme qui en a bien besoin. Je ne suis pas du matin et le reveil à 3h est bien sensible. J'ai mal aux jambes et j'ai du mal à appuyer fort. Heureusement, je sais que cela va passer, il suffit de laisser l'organisme chauffer les endorphines faire leur job 😀 . Je suis malgré tout moyennement rassuré en me disant qu'il reste 330 km à parcourir ! 

Le temps est plus que moyen, ca commence à bruiner en arrivant dans une zone bien connue à Marly. Les jambes ont chauffé , je rattrape et dépasse pas mal de monde, la moyenne remonte.  Nous voilà sur la longue ligne droite des Alluets le Roi, que j'ai survolée des milliers de fois à la sortie du circuit de piste de Saint-Cyr. Par association d'idée, je me couche sur les prolongateurs et avionne un bon coup, ça débloque bien la machine, me voilà lancé 😉

Premier CP virtuel au panneau d'entrée de Maule.  Selfie envoyé , direction le prochain CP à Mantes sur une jolie route vallonnée. La pluie se met à tomber fort , m'obligeant à stopper pour mettre la veste de pluie. Espérons que ça ne dure pas trop longtemps. Je ne vois pas beaucoup de selfie sur le whatsApp, j'en conclus que je ne suis pas mal placé. 




La pluie se calme assez vite, et on se retrouve à plusieurs dans une boulangerie pour un premier pit stop . La vendeuse s'étonne, au vu la pluie qui tombe, de me voir acheter deux bouteilles d'eau . Les gourdes sont vides, malgré la pluie, l'atmosphère est chaude et humide et j'ai déjà bien bu. 



On repart , le prochain CP est à Romilly sur Andelle ... dans 140 km ! 

Que ce coin est joli ! Malgré le temps maussade, nous allons rouler des heures dans cette vallée de la Seine avec des paysages superbes avec les falaises de craie. On visite tous les beaux endroits connus, notamment le toujours aussi magnifique chateau de la Roche Guyon. On montant et descendant pour ne rien rater, on accumule un sacré D+ . 

Je roule à 70% , surveillant régulièrement le capteur de puissance. Je sais qu'à ce régime , je peux théoriquement aller au bout du monde. Ne riez pas, il y a des années alors que mon fils avait 8 an et que je venais de passer mon brevet de pilote, la première fois que nous sommes allés voir la mer en avion il s'était exclamé "ouah papa, on est au bout du monde !" . 

Le temps s'est amélioré , tout comme les sensations . Ca tourne bien , aucune douleur nulle part, le vélo file , le parcours s'étant un peu calmé après avoir passé Bonnières. Je l'adore cet Orca , vraiment une super machine. 

En plus du GPS , j'ai fixé ma montre Suntoo Peak Pro sur le prolongateur, dans laquelle j'ai rentré tous les CP, ca me permet de savoir où j'en suis et quelle est la distance restante jusqu'au point suivant tout en laissant le GPS en mode guidage avec la carte . La montre affiche aussi la moyenne , le temps et le cardio. 


Les messages whatsapp et les encouragements de la famille et des amis et collègues permettent d'agrémenter le parcours, je ne m'ennuie pas une seconde. 

Je fais de mon mieux pour remonter la moyenne sans taper de trop dans la machine. J'ai en tête qu'il y a deux passages bien physiques après Romilly avec notamment la célèbre côte Jacques Anquetil , puis les 30 derniers kms. Sur la carte si on ne zoome pas , on a l'impression que c'est au bord de la mer , mais dans la pratique c'est un enchaînement de bosses en forêt 😀 . Messages aux copains et à la famille qui s'inquiétaient de me voir ralentir à l'approche de l'arrivée : non, non , j'ai pas ralenti , c'est juste que ça montait sans arrêt ! 




Pause déjeuner à la Fontaine sous Jouy , super boulangerie avec un sandwich tellement énorme que j'en garde un morceau pour le goûter. Et je garde aussi le flan qui aurait fait rêver l'ami Franck , portion ENORME ! 

Alors que me rapproche de Romilly , je vois des messages " où es-tu ? " . Bizarre ... je découvrirais après l'épreuve que la balise a fonctionné par intermittence, je n'apparais d'ailleurs pas dans le classement pour l'instant, mon temps final de 17h50 me classant autour de la 17ème place. La balise capricieuse semble d'ailleurs ne plus vouloir s'arrêter car elle indique maintenant que je roule depuis 34h 😂😂 ( mise à jour : problème corrigé par Dotvision, finalement officiellement 17ème en 17h45 ) 


Après Romilly , on attaque quelques belles bosses , dont la Côte Jacques Anquetil, longues de 3,6 km . Point de vue superbe à la clef. 



Petite pause goûter à Elboeuf, je finis le sandwich et le flan 😊





J'ai bien fait ! La sortie d'Elboeuf est infernale, une montée d'enfer. Tellement concentré sur mon pédalage, que je monte bien plus haut que nécessaire et doit faire demi-tour pour revenir sur le parcours. 

Le niveau d'eau diminue, mais alors que j'avise un cimetière, un concurrent en ressort tout juste et me dit que l'eau n'est pas potable. Zut ! 

Quelques kms plus loin,  une boulangerie ouverte . Une dizaine de concurrents sont arrêtés. Plus de bouteilles d'eau mais la patronne me remplit gentiment les gourdes. J'achête un gros paquet de bonbons qui me servira de source de glucides pour le final . 

Justement, on repart tous en groupe. Me voilà en bonne compagnie et ça roule bien. Ca roule même très bien ! On se croirait à une sortie du dimanche et je suis tout surpris de voir que je peux monter les bosses à 300w à ce stade de l'épreuve.  Au bout d'une heure à ce régime, je me dis que ce n'est pas raisonnable et que je vais le payer sur le final, je me laisse décrocher pour revenir sur un tempo plus soft. 

Un peu plus loin , en direction de Brionne, au détour d'un bois , une montée à 15% sur quelques centaines de mêtres. Ouah , elle est raide celle-là . Heureusement, pas longue mais je me chope un début de crampe au quadriceps gauche.  Je paye d'avoir rationné l'eau avant la boulangerie, je fais attention de bien boire dans la descente, ce sera la seule alerte physique du parcours. 


Direction Pont l'Evèque, ça sent l'écurie , reste 60 km. La nuit arrive et je rallume mes éclairages. 

On traverse une campagne déserte sur de petites routes dans la forêt . C'est beau , c'est calme , je suis super content d'être là profitant du plaisir de rouler avec la route pour moi tout seul.  La météo se gâte à nouveau et je remets ma veste de pluie qui ne me quittera plus jusqu'à l'arrivée. 

CP8 à Cormeilles


CP9 à Pont l'Evèque, dernier remplissage des gourdes dans un bar qui accepte gentiment de me les remplir . 



Reste 45 km jusqu'à l'arrivée , 36 jusqu'au panneau Deauville dernier CP. 

Le vent est tombé, je roule sans problème à 30. Naivement je me dis , bah reste au plus 2 petites bosses , d'ici une grosse heure j'y suis ! 

Ben voyons mon JP , ne jamais sous-estimer l'esprit malicieux d'un traceur , tu le sais bien depuis le temps 😀 . Ludo m'envoie un message, t'y es presque plus que 20 km en bord de mer. 

Tu parles de bord de mer, je suis en train de monter une bosse interminable de 4km en plein milieu d'une forêt rendue magique par la puissance de ma K-Lamp qui projète une lumière blanche donnant l'impression que les feuilles des arbres sont de la même couleur. 

Pas un chat ( au propre comme au figuré ) , quelques cris de hibous qui transpercent le silence de la forêt,  le monde m'appartient . Sauf qu'il est maintenant définitivement certain que je ne vais pas mettre une heure 😂 . Les 2/3 bosses sont plutôt une dizaine, j'aurais du zoomer un peu plus sur la fin de parcours , hihi ! 

Lentement mais surement me voilà à Deauville, reste 9km quand même jusqu'à l'arrivée au camping de Boinville avec un détour par la plage pour voir la mer. 




A 4 km de l'arrivée , extinction de la lampe , plus de batterie , zut ! . Je sors la frontale pour chercher le cable qui permet de la connecter directement à la powerbank . Recherche infructeuse , vu que je l'ai manifestement oublié chez moi , quelle andouille. Je bricole tant bien que mal une fixation pour la frontale à base des colliers rilsan que j'emmène toujours. 15 minutes de perdues bêtement. 

Une dernière bosse pour atteindre le camping, montée full gaz et je suis gentiment acceuilli à l'entrée par l'équipe d'organisation qui après avoir perdu quelques concurrents dans le camping nous attend devant la barrière pour assurer le coup. 

Une belle médaille finisher et une photo , un petit ravito et je file à l'hôtel B&B que je recommande au passage , bien calme et super petit déj le lendemain matin. 

Au final 17h50 de temps total , 3400m de D+ , 15h35 de roulage . 





Au reveil , je me sens en pleine forme. Même s'il tombe des cordes à Deauville, très beau temps annoncé pour la journée. 

Du coup, je décide de rentrer à vélo pour profiter de ces beaux paysages sous le soleil. Belle découverte avec la voie verte entre Pont l'Evèque et Evreux. Au passage , ayant tracé le plus direct possible, je m'amuse de la vitesse de défilement des panneaux comparées à la veille : Pont l'Eveque, Cormeilles, Briionne , ... faut pas si longtemps que ça finalement ! 


Pause déjeuner au Neubourg , ca fait du bien , déjà 10000 calories depensées en 2 jours , à bas le diététique ! 



La voie verte est superbe 



Orage violent et imprévu à 20 km du but ! 



De retour à Bretigny après 224 km et 1390 m de D+  


Deux belles journées pleines de souvenir et 591 km au total sur ces deux jours.