lundi 1 juillet 2019

Dimanche 30/06/19 : le Raid des Pénitents ( Belgique )



















Lors de l'assemblée générale du club l'année dernière, j'avais proposé l'option Belgiqe pour le week-end club.  Les deux belles cyclos faites en 2018 avec les amis d'AAOC m'avaient permis de découvrir la magnifique région des Ardennes et donner l'envie d'y retourner. C'est un super terrain de jeu pour la route comme pour le VTT , à peine à trois heures de Paris.  Toute une série de belles épreuves à découvrir pour profiter de la convivialité locale. En Belgique, on aime le vélo !

Comme il s'agissait d'un week-end club, il fallait trouver une épreuve proposant des parcours pour tout le monde. Exit donc les raids marathon trop exclusifs. On opte donc pour le Raid des Pénitents, à l'excellente réputation et proposant des distances de 30 à 85 km.  Au passage, on n'avait pas vu l'option "raid en ligne" ( un bus vous emène au départ ) de 100 ou 130 km , bien tentante pour une prochaine fois.

Outre le SLC, Seb et Benoit sont partants pour nous accompagner. Seb en fait son objectif de l'année et entame une préparation minutieuse, pendant que Benoit opte plutôt pour le régime Benoit ( entraînement light et repas copieux ) , au grand désespoir de son coach , qui est toutefois bien habitué maintenant. Chers lecteurs , ne vous meprenez pas en imaginant un Benoilator en excès de poids . Cet homme peut dévorer autant de sangliers qu'Obelix sans prendre un gramme . C'est injuste, mais c'est ainsi.

Pour ma part, j'opte pour le stage Gravel annuel avec l'équipe SLC, et pris d'un doute, je m'inscris in extremis sur la Granit Montana, histoire d'assurer la préparation technique :-) .

Quelques éclaireurs dont notre président partent le vendredi soir, pendant que j'emmène Seb et Benoit avec un départ le samedi en début d'après-midi . J'ai opté pour le M06, l'expérience SR de la Granit ayant laissé une belle contracture au dos après le choc avec un rocher, option confort obligatoire. J'espère ne pas regretter le plateau de 42 si le Benoilator se lance dans un sprint. Mais le risque semble maîtrisé.  Un début de psychose s'est en effet installé dans l'équipe, et arrivé sur place, c'est un concours à celui qui trouvera une bonne raison de ne pas faire le 85. Même Benoit s'y met !!

Heureusement, après une halte dans un magasin de boissons pour s'équiper en bières locales ( excellentes ) , et un bon repas, la raison semble revenir . En parlant de raison, il faut insister pour que notre OliVTTiste se décide à retirer son monoplateau de 38 sur son semi-rigide, plateau qu'il avait monté pour le voyage Gravel. Sauf que là on parle d'un raid VTT dans une région vallonnée avec 2200 D+ et des pentes raides. Il consent à remettre un 34 ( déjà gros ) , et décide d'emmener le 38 au cas où il changerait d'avis en route :-)

Après un super repas convivial, tous ensembles, nous allons tous nous coucher pour être fin prêts le lendemain matin. Les organisateurs m'ont gentiment envoyé la trace GPX et conseillé un départ entre 7h et 7h30 .

7h15 nous sommes sur place, après un trajet de 10 minutes depuis l'hôtel ( ou le gite puisque nous étions répartis entre deux sites pour la nuit ) .

Finalement, à part Pascal qui opte pour le 50, et Mathieu sur le 65, tout le monde opte pour le 85 . OliPa quant à lui , venu en famille, accompagne Titouan et Cômes sur le 35, qui était déjà un beau et vrai parcours, avec la fameuse descente en épingles dont je vous parle plus loin.

Le départ a lieu à Straimont, petite bourgade nichée au creux de la forêt à quelques minutes de NeufChâteau ( version belge ) . En quelques centaines de mètres , nous sommes sur le premier single du jour, où Ludo trouve le moyen de chuter sur une petite ornière, pas de gros bobo mais un bon coup de guidon sur la cuisse.

Le début est plutôt roulant, croyant Seb et Benoit derrière je me laisse décrocher avant d'allumer le turbo pour les retrouver ... devant . Regroupement général, on croise un premier ravito au bout de 6 km , en fait , c'était le dernier pour le retour. Je ne m'arrête pas , mais certains prennent le temps de boire un petit verre, on n'est jamais trop prudent :-) . Nous voilà lancés pour de bon, le parcours et les forêts locales sont magnifiques, on se régale.

Dans une descente sans difficulté, OliVTTiste file comme le vent avant de s'applatir comme une crêpe après avoir ripé sur une ornière ( décidemment !) ./ Chute assez spectaculaire du fait de la vitesse, on s'arrête pour l'aider à remettre le vélo en ordre, tout a bougé, sauf le plateau de 34 . Pas de gros bobo heureusement.

Nous repartons pour découvrir la première vraie descente. Une jolie descente "granitesque" , avec de la pente sur des dalles d'ardoises. Ca parait simple après la Granit mais c'est très joli et ludique à descendre, je me régale et au passage me demande qu'elle idée j'ai eu de prendre le SR à la Granit. Le M06 est une arme sans aucune comparaison dans les passages techniques. Benoit se félicite d'avoir changé ses freins, bien utile sur ce parcours.

Nous arrivons au premier ravito au bout de 20 km et 1h15 , première partie rapide . Regroupement général.

Nous voilà repartis , le 2ème tronçon est superbe. Nous voilà quasiment tout le temps sur des singles, dont certains clairement ouverts pour l'occasion. Ca serpente, en montée , en descente, il fait beau, la forêt est magnifique, avec parfois des points de vue plongeants sur le Semois, le fleuve qui serpente entre les petites montagnes locales. Les copains sont partis avant moi du ravito, je reglais un petit souci "technique" . Je remonte les positions une à une, je me sens très bien aujourd'hui et j'adore le parcours. Grosse banane, quel pied le VTT dans cette région.

Il ne reste plus que Ludo devant, je me lance à sa poursuite. Nous arrivons en surplomb d'un ruisseau, un petit pont le traverse. Pour le rejoindre, descente droit dans la pente avec 2 épingles puis un toboggan où il faut bien visier le pont de 50 cm de large. La tête de mort et les concurrents perplexes au sommet créent un début de tension sur le parcours :-).  "Vous êtes sur de vouloir descendre me demande le vététiste qui me voit me diriger droit vers l'obstacle ? " "Ben oui" et le M06 glisse tout en fluiditié pour rejoindre le toboggan où un jeune me dit "allez-y , moi je suis là pour un bout de temps". Je vise le pont , ça passe sans frayeur , le plus dur étant de remonter le talus vertical derrière, mode pédibus obligatoire.

C'est l'endroit où Mathieu voulant eviter un autre concurrent touchera une souche avec la pédale et y laissera sa monture de lunette et son GPS, pas de chance. Mais après avoir songé à abandonner, il continuera et finira avec 68 km au compteur.

Nouveau regroupement au ravito. On s'inquiète pour Mathieu dont l'incident nous est signalé, puis nous repartons. Je suis avec Ludo qui file toujours grand train et Benoit. A une intersection quelques centaines de mètres plus loin, il y a deux flèches : tout droit ou à gauche. Avec Ludo on voit la pancarte "85" tout droit, nous allons louper une boucle que Benoit qui a pourtant essayé de nous appeler prendra avec OliVTTiste, dommage pour nous.

Le parcours est de plus en plus beau. Les sentiers en balcon, singles, descentes en épingles ( plein d'épingles, 10 fois plus qu'à la Granit ) , descentes ludiques virvoltant d'un talus à un autre, montées en single, montées plus raides dans les cailloux, ruisseaux à franchir , il y a de tout, c'est physique mais on sait que chaque effort nous offre une belle récompense en descente. Merveilleux tracé .

En parlant de gué, on finit par traverser le Semois. Alors là , fini de rire, on parle pas d'un ruisseau les amis ! 50 m de large . Premier tronçon, Ludo se lance, ça passe jusqu'à un banc de sable . Je fais pareil. Mis en confiance, on se lance pour la seconde partie de la traversée sous l'oeil d'un organisateur qui filme ( je me doute qu'il y a une raison ) .

Alors, je vous explique . Vous aimez la bande son du Titanic ? Si vous avez oublié , cliquez là :

https://www.youtube.com/watch?v=ghBf1Trsai0

Et donc je m'élance. Le soleil brille, les oiseaux chantent, c'est le bonheur. Je progresse, rendez-vous compte, je pourrai dire à mes petits enfants : j'ai traversé un fleuve à vélo !! Quel exploit . Et là, l'impensable, l'improbable se produit . Le fond descend, le M06 s'enfonce, s'enfonce . Ah là là les amis, c'est la fin, le drame, je coule, c'est le remake du Titanic. Je lutte , livrant toutes mes forces dans la bataille, mais des algues traitres viennent à ma rencontre, m'entournent , me ligotent, je suis coincé, c'est la fin, rien à faire, inutile de lutter, je pose le pied à terre. Euh non, je pose le pied au fond de l'eau . Vélo vert noyé dans les algues vertes. L'organisateur me dit " ah mais tu es le premier qui cale !!" . Ben voyons . Periscope sorti, je marche avec 60 cm d'eau en direction de la rive. L'eau est bonne, c'est un plaisir en fait . Et vélo tout propre à l'arrivée :-)

Ludo m'emboite le pas, avec bien évidemment un résultat équivalent, les algues sont un obstacle infranchissable.

Ravito à la sortie puis nous partons pour une séquence bien chargée en D+ et longues montées. Nous grimpons de concert avec Ludo, avec en récompense un nouveau gavage de singles/points de vues et super descentes ludiques . Quel pied ce raid ! On croise Mathieu, puis on monte voir un château en haut d'une montée bien costaud, juste pour faire le tour et redescendre après avoir profité de la vue. Excellent !

Ravito 4,  nous voilà à 13km de l'arrivée déjà ! On voudrait que cela dure à l'infini ( oui , ok , on a loupé un petit bout ... ) . Et le final, et bien c'est le top ! Du single partout, tracé rien que pour nous, des montagnes russes et avec une descente mémorable avec une dizaine d'épingles enchaînées, tracées que pour nous, donc sur un terrain pas tassé, c'est sauvage, c'est fluide, c'est génial .  Peu avant l'arrivée, il y a deux options "hard" ou "soft" . On prend le hard, et bien , c'est hard . Une montée dans l'herbe droit dans la pente, puis nouvelle descente plein d'épingles. On atterri sans s'en rendre compte en plein centre de Straimont en débouchant de la fôrêt. Nous voilà arrivés. 80km et 1900m de D+ pour nous, il nous manque 7km et 300m , dommage mais pas grave, le plaisir était énorme, et ça fait une bonne raison de revenir pour découvrir le tunnel que nous avons loupé.

Oyé bonnes gens, pas de pénitence pour les heureux concurrents des Pénitents. Une épreuve peu connue mais superbe avec un accueil super convivial.

Il ne nous reste qu'à rejoindre le gîte pour profiter d'une bonne douche et saluer les copains, puis retour à Paris après une belle journée de VTT. A refaire, absolument, c'était top !

mercredi 26 juin 2019

Dimanche 23/06/19 : La Granit Montana 2019 ultime, très très ultime

Le départ 
Finisher : 7ème Granit Ultime terminée, 100% de réussite mais pas toujours dans la facilité ! 


Un peu sale à l'arrivée 
Descente , pas si facile ... 


C'est beau non ? 



Dallounnette pas osé passer ...




Ravito 2 
Ajouter une légende



Bienvenue au pays des singles


Ravito 1



Départ du 83
Ajouter une légende



Départ du 104, respect les gars , faut oser ! 




JP Stephan avec le futur vainqueur 


Essai du maillot Granit 
Les parcours 2019 
Il est où le plat ? Y'en a pas ici ... 




Pour cette année 2019, nous nous sommes votés un week-end club le 30 juin en Belgique pour découvrir le Raid des Penitents. Du coup, je n'avais pas inscrit la Granit au programme , 2 gros raids en 1 semaine, ça me semblait beaucoup. Agenda chargé en 2019 avec un changement de fonction qui me demande beaucoup d'investissement. Et puis, je n'avais pas des supers sensations à VTT depuis le début de l'année .

Oui mais, voilà que JM met les bouchées doubles pour la Granit, et il évoque souvent cet objectif dans ses commentaires Strava. Je finis par aller jeter un oeil sur le site de nos amis d'Ambazac et je réalise que ce sont les 10 ans anniversaire de l'épreuve. Et il y a une superbe tenue collector en vente sur place .

Notre voyage Gravel de 5 jours a été excellent pour les jambes et je me suis aussi amusé à remonter mon ancien semi-rigide chinois avec lequel j'ai retrouvé de très bonnes sensations sur le VTT. Bon , allez , c'est décidé , je m'inscris et pour le fun je prendrai le SR . Richard décide de m'accompagner mais préfère se limiter au 60km alors que je m'inscris au raid ultime 83 km / 3200 D+ . Version rando, car le chrono part à 6h30, je préfère dormir 20 minutes de plus et partir à 6h50, on ne se refait pas :-) .

Nous partons donc samedi en début d'après-midi avec Richard, et après un trajet rapide, nous arrivons sur place peu avant 17h. On croise Mary & JM , Mary sur son vélo, c'est bon signe même si elle n'est pas encore complétement remise de son accident.

On a aussi la chance de voir arriver Jean-Paul Stephan, accompagné par un jeune compétiteur de sa région. On ne le sait pas encore, mais il s'agit du futur vainqueur !

Cette année, il y a une Pasta Party organisée sur le site. Après avoir acheté ma tenue Granit ( trop belle !!!  ) et salué l'ami Pascal , co-organisateur en chef , nous dinons d'un bon appétit en discutant avec les amis. Je fais remarquer à Pascal que les portes horaires semblent facile sur 83 km . Il me répond qu'il a été gentil cette année, avec un petit sourire machiavélique . 2 portes sur le 83 : km 61 à 16h15 et km 73 à 18h00. Facile ... . Evidemment, retrospectivement, j'aurais du me douter qu'il y avait une autre explication ...

Couché à 22h, il faut se lever tôt le lendemain. J'ai préparé un gateau sportif maison pour le petit dej . Levé 5h ( pfuiii.. ) , j'englouti un bon tiers du gateau, un café, du jus d'orange et on file au départ. Nouveau parking cette année, à 2km ( mais en descente ) du départ.

Aligné à 6h50, je me mets en 2ème ligne pour partir dans les premiers et éviter d'eventuels bouchons. Richard comme toujours pas stressé pour un poil, se fait prendre en photos par d'autres concurrents. Allez top départ, je m'élance et rentre dans le premier sentier dans les 10 premiers. Je me fait un peu doubler, je n'essaie pas de forcer, ma position me convient.

Le parcours est complètement changé cette année . On fait une boucle en direction de Saint-Sylvestre où nous attend le premier ravito au bout de 20 km. En gros, on commence par la fin des anciens parcours avec 1100m de D+ sur les 20 premiers kms. Les 6 premiers km en montée ne sont pas trop raides. Je monte en rythme en regardant de temps en temps si je vois revenir Richard. Pas en vue pour l'instant .

Le vendredi soir, il y a eu un énorme orage avec 40mm d'eau tombés en quelques heures. Même avec deux jours de soleil, les chemins sont encore très humides sur certaines portions. Et la première descente est littéralement ravagée par le passage des concurrents précédents. Il y a des sillons de tourbe boueuse partout. D'un coup, je me dis que mon option semi-rigide n'était surement pas la meilleure pour le parcours du jour. Trop tard, je me lance dans le descente. Ca glissouille pas mal quand même ... Et surtout, c'est assez trialisant. Cela va être la marque de fabrique de l'édition 2019.

Le parcours était réputé difficile pour le 10ème anniversaire. Au bout de 6 granits terminées, j'avais pris la chose à la légère, me disant que les petits gars d'Ambazac avaient bien fait monter la pression. Erreur, fatale erreur ! Le parcours est extrême cette année. Du jamais vu sur la Granit !

Au bout de 10km , Richard me rejoint à la faveur d'un ralentissement involontaire de ma part , un arbre sauvage mal éduqué ayant traversé devant le vélo. Faut se méfier des arbres du coin, ça traverse sans prevenir et paf le JP ! Donc c'est allongé dans la tourbe que je vois Richard et repart derrière lui.

On zigzague sur des sentiers dont la Granit a le secret : pas 2m de ligne de droite, pas 5m de plat ,  des paves de Granit en veux-tu en voilà, des toboggans vertigineux, des buttes, des trous, de tout en fait, chaque mètre se mérite, tout le temps, sans répit , sans aucun répit , et puis ça monte, ça monte, souvent , très souvent , à croire que ça monte tout le temps . En fait, ça ne se raconte pas. Seuls ceux qui l'ont fait peuvent imaginer. On entend toujours la même réflexion pour ceux qui découvrent "on m'avait dit que c'était dur, mais jamais je n'aurais imaginé que c'était à ce point" . Oui, une Granit, ça se vit, ça ne peut pas se raconter à la hauteur de la réalité de ces tracés uniques

Bref, on progresse avec Richard, en inversant les positions à la faveur des aléas du parcours.

On descend Castor, je salue l'arbre qui a un jour embrassé David :-) C'est assez périlleux avec l'état du terrain. Bon, j'arrive en bas en un seul morceau et on attaque la célèbre bosse de "Ouff" , qui était l'arrivée des premières éditions. Ca fait du bien de reconnaître, je sais que celle-là, je la monte sans trop de mal à part les 10 premiers mètres plein de cailloux.

On passe l'ancienne aire d'arrivée, ça monte raide sur la route et on arrive au ravito 1.

Un oeil au compteur : tiens , je n'ai que 14km . On devrait être à 20 . Pourtant je ne me suis pas trompé. Richard a bien les 20 km. Mince, j'ai un souci avec le GPS . La bonne nouvelle, c'est qu'on a mis 1h40 , c'était pas si dur ... Ouuupps : je réalisé que j'ai un vrai souci . 1h40 de roulage compté par le GPS mais 2h50 de temps écoulé. Or je ne me suis pas arrêté . Presque 3h pour faire 20 km !!! Les autres années c'était 1h15 . Je réalise que mon objectif de 8h30 ( + 30 minutes qu'en 2017 parce-que le parcours est plus long ) va être très très dur à tenir !

On repart sans tarder, le couteau entre les dents. Richard s'inquiète pour les portes horaires ( déjà ) , je le rassure, on a le temps . Quoique ... Ayant étudié le parcours, je sais qu'il y a moins de dénivelé sur ce 2ème tronçon. C'est le moment de foncer.

On fonce donc . Pas longtemps ... c'est reparti pour du trialisant. On passe des flaques de 30 cm de profondeur. Un chantier je vous dit.

Km 28 séparation 60/83 . J'ai passé Richard dans la bosse, je le vois au loin, lui fait signe et file sur le 83.  Km 30 on me colle une pastille rouge sur la plaque . J'arrive sur un toboggan qui génère un attroupement, tout le monde hésite à se lancer. Les toboggans, ça ne me pose pas de pb. Je baisse la tige de selle et je m'élance. Juste avant le replat, le vélo fait une embardée inexplicable. Aaaaahhhh l'aaaaaaarbbbrrre ! Un coup de guidon désespéré et je fais une nouvelle embardée à 90° . Aaaahhhhhh le mur de Granit ! J'entends des cris d'horreurs plus haut , ça ne me rassure pas et je me dis " là , je casse le vélo ou je me casse un truc, ou les deux " et paf le granit . Tout s'arrête, j'ai le souffle coupé, mais je n'ai pas entendu de crac, et pas ressenti de douleur. Je ne sais pas trop comment j'ai évité le choc frontal, le camel a tout pris et j'ai cassé une des bretelles. Attroupement autour de moi . Ca va ? Tu veux qu'on appelle les secours ? "Non, non, tout va bien" .

Je relève le vélo, et me pose en sécurité pour faire le bilan. Un noeud et j'ai à nouveau 2 bretelles fonctionnelles. Par contre, faut comprendre ce qui s'est passé avec le vélo. Et là , je réalise que la roue arrière est désaxée . Je m'étais pris dans une liane et ça a du dévisser le serrage arrière. Voilà l'explication de l'embardée. Et des passages de vitesses difficile sur les 3 derniers kms. Une vis de la patte de dérailleur s'est fait la malle ... 1/4h de bricolage pour sécuriser l'ensemble . Je trouve un bout de bois bien dur qui permettra d'éviter de trop forcer sur la vis restante en prenant la place de celle perdue. Je resserre bien tout . Dégonfle les pneus qui avec la chaleur sont montés en pression . Et je ralentis le rebond de la fourche. Bricolage efficace: le FM056 va parfaitement fonctionner jusqu'à la fin, et passera toutes les descentes (enfin, à l'exception des quelques dalles glissantes quasi verticales infaisables pour moi ) . Ceci dit, j'aurais été beaucoup plus vite avec mon tout suspendu, mais bon, voilà , c'est fait faut aller au bout.

Me voilà reparti. Il me faut 30 bonnes minutes pour me remettre dans le truc . Un toboggan de plus , tiens voilà Mary qui nous prend en photo et nous filme . "Allez JP , on y va" . Le JP a encore la tête qui tourne un peu après la chute, mais bon j'y vais , ça passe .

Ravito 2, 41 km . 6 h ! Il est situé à l'endroit où se trouvait le premier les autres années . Pas gagné cette affaire à ce rythme d'escargot . Je commence à penser à la porte horaire. Pourtant, physiquement ça va, mais c'est vraiment dur d'avancer sur ce terrain, l'humidité générale multiplie encore la difficulté du parcours.

Allez zoup, on y va . Tiens c'est plus facile cette partie . Ah ouf, on va foncer maintenant .

Et puis ... attroupement . Double dalle vertigineuse. On réfléchit comment passer. Même à pied, ça ne coule pas de source . Finalement , on fait la chaîne, il y en a un qui descend en glissant sur les fesses puis attrape le vélo du suivant etc ... Comprend pas comment les premiers ont pu passé ça .

Même sur les fesses, ça part en couille et je me rape le bras droit en essayer de m'arréter. Le téléphone tombe de ma poche, mais les gars derrière s'en apercoivent et je le récupère.

On va serpenter autour du lit d'un ruisseau pendant 5km . Quasi inroulable . Des gués de 40cm de profondeur. Vu la chaleur ( ah oui, j'ai oublié de le dire : il faut chaud pour corser encore le parcours ) , ça fait du bien de se mouiller, donc je me lance sans hésitations. Je me dis juste que ça va finir en mode plongée sous-marine car ils sont de plus en plus profonds.  Ca remonte à chaque fois droit dans le pente dans la terre grasse. Je porte le vélo et j'ai du mal à avancer à pieds. On se motive en maudissant les traceurs. Bon on finit par arriver à un arbre où il y a marqué "Ouff" . Fin de l'épisode portage. Je remonte sur le vélo et ... crampes . Le passage à pied/vélo ne plait pas à mes quadriceps. Je découvre qu'en forçant sur un gros développement ça passe . J'aurai plusieurs alertes jusqu'à l'arrivée, toujours lors de transitions à pieds/pédalage. Je bois . Et ... plus d'eau dans le camel . Oulala ... pourvu que la ravito arrive vite.

Cette fois, c'est roulable. On passe dans des chemins qu'on empruntait en milieu de parcours et que je reconnais . Je sais que c'est la partie un peu plus facile et me rend compte que la porte horaire de cette année, bien que plus loin sur le parcours, est située au même endroit que d'habitude.

Arrêt rapide au ravito 3 , km 53. Je siffle une bouteille de Saint-Yorre et attaque le Coca pour ne pas faire de bouteilles jalouses. Je sais que cette fois, il faut pousser sur les pédales pour passer avant 16h30. Alors je pousse . Mais heureusement, on est maintenant dans un parcours Granti "classique". Ca monte, ça descend, ça tourne, mais c'est fluide. Plus de trialisant. Je sais que je vais y arriver. Ca me booste. Je me concentre sur des pensées positives. Les jambes vont bien, mais il y a de la lassitude mentale à avoir cette impression de ne pas avancer.

Je reconnais les descentes, les chemins .J'atteins des vitesses hallucinantes : plus de 10 km/h après 8h entre 6 et 7 ... de moyenne .

16h02 ; j'ai passé la porte, je reconnais bien le chemin et je sais que ça va tourner à droite et monter .

Un peu plus loin, nouvelle pastille agrafée sur la plaque. A droite pour le 83 ! Je vois pas mal de blessés entourés de secouristes. Bon , restons prudents . Mais ça va, je reste lucide dans les descentes , malgré la fatigue générale. Un gars devant moi finit dans un arbre, dans un passage pourant ( relativemnt ) facile : la fatigue est bien présente. Pas de bobo pour lui heureusement.

17h45  ravito 4. Un gars fait une crise d'hypo avec les secouristes autour. Décidemment ... Moi je fait pit stop F1 : j'avale 5 rondelles de saucisson, 2 pates de fruits,  rempli le camel et je file . Devinez ce qui se profile : le mythique ruisseau de Noueix pour les connaisseurs. Ahhhh , c'est pas là qu'on va rouler vite . J'écrase les pédales, dans 10 cm d'eau et ça passe . Je dépasse du monde dans la bosse qui suit, je monte sur le 42x40 en danseuse, faut choper la porte horaire ! Moins de 3km mais il ne me reste que 20 minutes ...

Porte horaire N°2 : je passe à 18h14 pour 18h15 ! Ouf .... On me demande si je veux raccourcir : ah non, surtout pas . Je veux finir ma 7ème Granit . 7/7 c'est un score sympa non ?

Encore une montée raide, je monte à pieds, j'ai besoin de récupérer. Puis ça descend . Mais ... c'est incroyable . C'est un chemin lisse ! Le vélo roule, 20 km/h, 30 km/h . Je passe le plateau de 42 . Et en quelques kms les toxines disparaissent. Les jambes sont là, ça répond . Je double un gars, il s'accroche, je tombe les dents , relance tout ce que je peux, Je vole, je file, j'ai des frissons dans le dos. On fait le tour de l'étang par l'autre coté . C'est rigolo, il y a plein de passerelles en bois partout. Le FM056 vole, saute , tourne , plus rien ne peut m’arrêter. Et voilà, j'ai passé la ligne . Finisher . Voilà l'autocollant . 7/7 c'est gagné . Je l'ai fait, encore une fois, la plus dure, et de très très loin . Comme toujours, je me dis : jamais plus ! 83 km / 3500 D+ ! 12h21 au total pour 9H50 de roulage ( faux sans doute, car GPS mal paramétré , je me suis peu arrêté en dehors de la chute ) .

Richard est là, il a explosé sa roue arrière quelques centaines de mètres après que l'on se soit quittés, dommage, il est maudit sur la Granit.

Cette édition était hors norme. Un niveau de difficulté vraiment un gros cran au-dessus. Personnellement j'ai trouvé ça un peu too much . Trop de passages trialisants , je préfère quand c'est plus fluide. Ca n'a pas empêché le jeune qui accompagnait JP Stephan de terminer 1er en 6h24. Incroyable . J'aimerais le voir passer dans les zones qui me semblaient impossible pour comprendre comment il a fait.

Un grand merci aux organisateurs. Toujours cette ambiance conviviale unique comme l'épreuve , tout aussi unique comme l'a redit JP Stephan à l'arrivée . C'est la plus dure et la plus belle . Vive la Granit . J'ai déjà oublié les moments difficiles et il me ne reste que les souvenirs incroyables que seule la Granit sait générer. !


dimanche 16 juin 2019

Dimanche 16/06/19 : La Jovacienne






Je ne compte plus mes participations à la Jovacienne. Une épreuve que j'aime bien. Certains se plaignent que c'est devenu moins technique avec moins de singles. Pourtant, j'aime bien le parcours. C'est joli, fluide et il y a de belles bosses. Alors, certes c'est roulant, mais cela ne me dérange pas du tout, j'aime bien aussi aller vite.

Une belle brochette de volontaires aujourd'hui : Mathieu, Thomas, Richard, Benoit et un grande partie de l'équipe Gravel du SLC avec Olivier et Ludo. Attention : hommes en forme !

Depuis 2 semaines, j'ai remonté mon fidèle FM056 qui dormait depuis 2 ans dans la cave . Ayant passé mes vélos en 11V, j'avais assez de pièces 10V pour remonter un vélo complet en 2x10. J'ai juste acheté une paire de freins. Et les sensations sont excellentes, sans compter qu'en 42x28, j'ai de quoi taquiner le Benoilator dans le roulant. Je vais d'ailleurs l'emmener à la Granit, on va faire une expérience cette année au vu du D+ bien copieux en privéligiant la performance en montée . Le vélo fait 1kg de moins que le M06 , et le cycliste est plus affuté que lors de mes dernières participations : 4 kg de moins en montée, on va voir ce que ça donne pour cette 10 ème édition réputée "la plus dure de toutes" .

Test en configuration pour la Jovacienne, histoire d'éviter les mauvaises surprises mécaniques dimanche prochain ( ça s'est déjà vu :-) ) . Je monte donc la selle télescopique, inutile ici, ainsi que la cassette 11x46 arrière, qui elle servira sur quelques bons raidars .

On arrive avec Benoit à 8h . Tout le monde arrive dans la foulée, mais pas de Thomas . Mathieu décide d'attendre. Nous partons devant . Un monde juste incroyable au départ : on est au milieu d'un peloton de 50 personnes, ça avance pas des masses. Dès que le chemin s'élargit, je décide d'enclencher le turbo et part devant avec la troupette qui emboite la roue. Je suis bien sur le vélo en ce moment, donc je m'amuse : on arrive sur un chemin barré par une chaîne, pris d'une subite folie, alors que tout le monde contourne, je décide de sauter au-dessus. On s'entraîne comme on peut pour la Granit :-) . Je gagne 10 places d'un coup avec la manoeuvre réussie.

Richard est dans ma roue, il saute dans celle d'un gars qui passe à bonne vitesse et moi je saute dans celle de Richard. Quelques kms plus loin, petit problème de réglage avec les butées de dérailleur avant, la chaine passe à l'extérieur mais je rattrape le coup in extremis. Richard a pris 100m et je trouve le moyen de me tromper de chemin. J'ai mis les lunettes de vélo de vue, mais si je vois bien de loin avec, c'est moins bien pour lire le GPS de près. Important toutefois de voir clair à la Granit, histoire d'éviter les arbres qui traversent sans prévenir ( là aussi, c'est du déjà vu ) . Donc on fera avec .  Bref,  je perds Richard mais retrouve Benoit et on roule de concert à bon tempo jusqu'au ravito 1 .

Regroupement général. Le terrain est un chouia humide . Petite pause rapide. Ravito sans gobelets cette année, j'ai donc pris la gourde sur le cadre.

2ème tronçon du parcours bien bosselé, ça monte et ça descend. OliPaul envoie du lourd avec son tank en roues de 2.6 , impressionnant ! On a du mal à tenir sa roue, sauf dans les bosses où le poids du vélo se fait plus sentir. La moyenne continue de monter pour dépasser largement les 18km/h depuis le départ. Le terrain humide nous freine quand même un peu. J'ai réglé la butée, le FM056 marche à la perfection et je suis très content de voir que je me repose quand ça monte en suivant très facilement mes petits camarades. Je dépasse quelques fois Benoit, petit plaisir perso :-) . Profitons en tant que les jambes sont là .

2ème ravito à sa place habituelle après avoir traversé l'A86 puis on se lance dans le sprint final. Encore quelques beaux raidars . Sur le final , il y a une montée super raide dans les cailloux, j'espère la passer cette année mais je suis coincé en bas par plusieurs cyclistes qui posent le pied. Ce sera pour une autre fois.

On donne tout dans le final, OliPaul commence à faiblir un peu mais s'accroche ( au sens propre ) à mon camel :-) .

On arrive juste après Richard qui avait pris la poudre d'escampette, je l'avais en point de mire, mais il est en forme le rascal , pas pu boucher le trou.

Il nous reste à manger le sandwich + yaourt traditionnel on discutant de nos futures sorties. Richard sera avec moi à la Granit mais il a opté pour 60 .

58 km en 3h13 pour 1150 m de D+ cette année

dimanche 9 juin 2019

Dimanche 09/06/19 : Mise au point AFAB ( Arme Fatale Anti Benoit :-) )



Après avoir réalisé qu'en passant mes autres VTT en 1x11, j'avais toute une transmission 2x10 dispo avec le pédalier XTR 42x30 que j'avais acheté l'année dernière pour le gravel Fuji, il me vient l'idée de remonter le FM056. Ayant changé la fourche du M06, j'ai toutes les pièces nécessaires. Je profite donc du long week-end de la Pentecôte pour m'atteler à la tâche. 3h plus tard, le FM056 est à nouveau opérationnel. Pas de volontaires VTT ce dimanche, je trace donc un parcours de 70km au départ de la maison. La première demi-heure de la sortie est consacré à finaliser les règlagles. Une fois que tout est nickel, je fonce sur le chemins bien connus. Les sensations sont très bonnes, notre escapade Gravel m'a fait le plus grand bien. J'opte un temp rapide, sans chercher à forcer mais en mettant du rythme dans plusieurs bosses bien connues. J'avais oublié la réactivité d'un semi-rigide, les relances en danseuse sont vraiment sympa. Bonne sortie malgré quelques gouttes par instant .