samedi 3 juin 2023

Vendredi 02/06/2023 : Les Cinglés du Ventoux


 

Depuis tout petit , j'adore la Provence. Après avoir monté 2 fois le Ventoux en 2019 par Bedoin et Sault , puis par les pistes lors de la Ventoux Trans Massif, je m'étais fixé l'objectif de faire les Cinglés du Ventoux et revenir dans cette si belle région. 

Pour ceux qui ne connaissent pas , les Cinglés du Ventoux est une randonnée permamente gérée par un club dédié ( suivre le lien ) . Il s'agit de monter le Ventoux 3 fois dans la même journée par les trois routes existantes : Bedoin, Malaucène et Sault . Il y a aussi les Galériens ( 4 fois ) et les bi-Cinglés ( 6 fois ) . Bon, 3 fois c'est déjà pas mal , il s'agit quand même du Géant de Provence et d'une montée parmi les plus difficiles de France. 

Club des Cinglés du Mont Ventoux

Ayant dû renoncer à la GOLD cette année pour cause de déplacment professionnel, je profite de deux jours de vacances restants à prendre pour programmer les Cinglés le 2 juin . Départ en train depuis Massy le 1er et retour le samedi matin. 

J'ai décidé de faire un peu de renouvellement dans le parc vélo pour acquérier un vélo dédié longue distance ( accepte les pneus jusqu'à 34 ) et avec tous les cables intégrés ( ok , je cède au marketing ) . Trouvé en Espagne à un tarif défiant tout concurrence et bonne surprise malgré l'absence de suivi il arrive le lundi . Du coup je ne résiste pas au plaisir de l'emmner au Ventoux 😀 . 




Il s'agit d'un Orbea Orca M20 Team sur lequel je mets les roues Zipp 303 pour l'occasion, change le plateau de 34 pour un 33 Spécialités TA adaptable sur pédalier Ultegra . Après discussion avec Nicolas , je me décide à changer la cassete pour mettre une 11X34 . 100g de plus mais assurance en cas de coup de moins bien. 

Départ le jeudi matin , train à 9h32 , je prévois de la marge et quitte la maison à 8h pour 45 min de trajet confirmé par Google Maps . Oui ... mais un accident se produit quand j'arrive sur l'A10 , je rejoins la gare à 9h15 ça va le faire quand même . Oui ... mais le parking ( réservé ) est plein et je tourne pour trouver une place. Je cours vers la gare ( le parking est grand ) , pas évident avec le vélo dans son sac de transport. Quand j'arrive , la gare est en train d'êtrre évacuée pour cause de colis suspect, le coup de grâce , on m'oriente vers l'accès extérieur du quai et j'arrive pile pour voir le train démarrer sans moi . 

Malheur ! 

La gare ouvre à nouveau 30 minutes plus tard, et l'agent me dit que tous les trains sont complets jusqu'à 17h . Gros coup au moral mais on ne lâche rien , il doit y avoir une solution . Au pire je prends la voiture ... En regardant bien, il y a un OUIGO à 11h50  Mais impossible de changer les billets entre SNCF et OUIGO , eh oui ce ne sont pas les mêmes compagnies . J'ai heureusement pris l'assurance annulation, donc j'annule le billet et rachete le billet OUIGO . Ouf ! 

Le reste du voyage se déroule sans souci , remontage du vélo sur le quai à Avignon , TER à Carpentras puis direction le gîte loué à Mazan à 20 min de la gare avec la vélo . 






J'y suis ! 

La propriétaire Monique , m'accueille très gentiment. J'ai une chambre agréable et calme indépendante de la maison avec accès au garage pour le vélo , nickel . Monique me conseille la pizzeria de la rue principale, Adresse à retenir "La Pizzeria , Mazan" , joli cadre et cuisine au top , sans compter la bière locale "Ventopp" . 












Je me couche tôt, reveil prévu à 5h30 pour un départ à 6h30 . 

N'étant pas du matin, le réveil matinal n'est pas ma spécialité mais la motivation aidant , je bondis du lit à la sonnerie du réveil. Café / jus d'orange / petits pains au chocolat , douche vivifiante et me voilà sur le vélo direction Bedoin pour le départ officiel du parcous des Cinglés. 

Ca monte sans discontinuer en faux plat entre Mazan et Bedoin , je rajoute 150m de D+ aux 4400m officiels du parcours . 

Un arrêt au tabac presse de Bedoin pour faire tamponner la carte de route, selfie dans l'hôtel de ville pour assurer le coup ( les photos sont acceptées aussi pour l'homologation ) . et c'est parti. La montée commence dès la sortie de Bedoin mais avec une pente autour de 5% jusqu'au célèbre virage de Saint-Estève où la pente se dresse soudain à 10% pour 9km dans la forêt. Il y a déjà quelques cyclistes dans l'ascension . Je me suis fixé une stratégie pour la journée , monter en souplesse à 80% de ma FTP et ne surtout pas essayer de sauter dans les roues de ceux qui me dépasseront. 





La question ne se pose pas pendant l'ascension , ça monte tranquille et je rattrape sans forcer les cyclistes devant moi . Il y a un énorme groupe en maillots orange "Business Cycling" que je croiserai plusieurs fois dans la journée, ça fait des cibles à doubler tout comme un groupe de suedois avec une voiture d'accompagnement que je reverrai aussi à plusieurs reprises. La dernière fois j'avais fait la montée le plus vite possible et je me souviens du mal de jambes dans la forêt car il n'y a aucun répit . Certte fois , pas de souffrance, je vis un moment absolument fabuleux : temps magnifique , paysage magnifique, il fait bon , pas trop chaud , la vie est belle ! 

Du coup , j'ai l'impression d'arriver rapidement au Chalet Reynard, 2 km peu pentus qui permettent de tourner les jambes avant le final qui est de plus en plus pentu jusqu'au dernier km à 11% . Passage devant les photographes auxquels je fais mon plus beau sourire. 

Me voilà au sommet , on ne se lasse pas de la vue en haut du Ventoux , 360° sur la Provence et la chaine des Alpes , majestueux . Tampon au magasin de souvenirs , photo devant le panneau Ventoux qui est revenu à sa place , il était encore en réparation lors de la Ventoux Trans Massif de Mai . 











Le temps a passé vite , il est 9h50 quand je m'élance dans la descente de Malaucène et son revêtement magnifique. Une photo descente au passage, je dévale sans forcer, et reconnait les passages de la Ventoux Trans Massif. Il y a beaucoup de monde en train de monter , une file presque continue de cyclistes avec des rythmes bien différents. 

10h20, j'arrive au centre de ville de Malaucène , pile poil devant une boulangerie. Un petit coup de tampon pour le carnet de route, une bouteille d'eau fraiche pour me désaltérer et remplir la gourde, et 2 pains au chocolat. Une pensée pour David, c'est son régime longue distance, me voilà paré pour remonter ! 





Comme du côté Bedoin, ça ne monte pas trop fort au début mais la pente est plus irrégulière avec souvent des passages à 10% entre deux parties moins raides. Je ne force pas, je sais qu'il y a 4 km à 11% avant la station du mont Serein. J'ai un autre cycliste à 50m devant et je resiste à la tentation d'aller le chercher. Et voilà la partie dure. Le gars devant s'éloigne . Alors que depuis le matin je monte autour de 200-210W affichés au capteur de puissance , d'un coup , je plafonne à 170-180. Coup de moins bien, finalement les pains au chocolat c'est pas le régime miracle. Je n'ai pas trop senti le coup venir, je ne suis pas à la rue mais rien à faire , les jambes ne veulent pas appuyer plus. C'est là que je remercie Nicolas pour le 34 qui me permet de gérer ce passage délicat. Je ne suis pas pressé , petite pause technique et j'avale un gel "coup de fouet" , qui ne changera rien à l'affaire. Je me suis pourant bien alimenté depuis le départ, je ne vois pas d'explications évidente à ce coup de mou qui ressemble d'ailleurs au même dans la Ventoux Trans Massif. 

Oh que le replat du Mont Serein est agréable ! 1,5 km à 3/4 % qui permettent de décontrater les jambes , mais je plafonne toujours quand ça repart à 10% en sortie de la station. Je connais ce passage, on l'a grimpé en Gravel il y a un mois. A 2km du sommet, les jambes reviennent , la puissance remonte au nominal et je repasse un gars qui m'avait doublé tout en faisant un grand sourire au photographe, sourire un peu terni par le gros nuage noir que je vois arrivé. La météo sur tous les sites annonçait un risque d'orage à 17h , pas à midi ! 





12h50 , photo au sommet , pas besoin de refaire un tampon , je m'équipe pour la descente lorsque ... la grêle se met à tomber . J'attends que ça se calme à l'abri , avant de me lancer dans la descente . Il fait un froid de canard d'un coup , je claque des dents jusqu'au Chalet Reynard. 

Au Chalet, je prends à gauche direction Sault pour la longue descente dans la forêt ( 20 km ) , peu pentue, il faut souvent pédaler . 

En arrivant en bas, petite pause photo pour prendre la lavande qui commence à fleurir . En repartant , un gars me passe pleine balle avec la petit plaque de cadre des Cinglés . Tiens un confère , je passe sur le 50x11 et recolle . Arrivé en bas , il semble hésiter , ça doit être une première pour lui et il faut savoir que Sault n'est pas en bas de la descente, il faut remonter 1 km pour arriver dans le village. On recroise les gars en orange "Business Cycles" qui ont du venir directement ici après être monté par Bedoin le matin. Dans la montée, le gars attaque mode Froome en pédalant à 100 tours / min . Le froid dans la descente m'a fait le plus grand bien ( c'était peut etre un coup de chaud tout à l'heure ) , les jambes sont revenues, je contre-attaque mode Alaphilippe en danseuse et le laisse sur place . Non mais ! 







Je rejoins mon café "fétiche" pour un nouveau coup de tampon , il est 13h50 . Le régime David n'ayant pas marché , je passe au régime Franck et commande une grosse planche de charcuterie et fromage et une pinte de bière fraîche. Aaaaaahh que c'est bon ! 😀😀. 

Moment plaisir , sur la terrasse au soleil , je me régale tout en jetant un oeil inquiet aux nuages qui sont de plus en plus nombreux et noirs. Pourvu que ça tienne jusqu'à 17h . Un coup d'oeil au rader météo , un gros paquet orageux arrive, j'ai du mal à estimer sa vitesse, on verra bien ... 

Me voilà parti pour la dernière montée . A peine 3 km et boum , craaacc , badadoum , un coup de tonner fracasant et ça grêle. Je m'abrite du mlieux possible et laisse passer le déluge. Ca commence mal ... 

Je repars derrière trois gars kway jaune qui ont la plaque de cadre des Cinglès. Les jambes répondent mieux que bien. D'un coup j'ai le sentiment de pouvoir appuyer à l'envie. Plus besoin de retenir les chevaux, j'appuie sur les pédales et la pente à 5% ici me permet de monter sur 33x22. Sault est vraiment de loin la montée la plus facile car en pente douce sur 20km avant de rejoindre le Chalet . Il tombe de grosses goutes mais ça ne mouille pas trop et définitivement la fraîcheur me réussit mieux que la chaleur. Un gars devant qui monte à 15, allez un petit plaisir , je le passe en accélérant à 30, quel gamin ce JP . Au passage , je comprends mieux d'où viennent les forces de Franck. Le saucisson , y'a rien de tel pour pédaler ! 





A 2km du Chalet Reynard, on rentre dans le brouillard. Oups , pas bon ça . Je suis inquiet pour le reste de la montée . La pluie s'intensifie soudain et rebadoum en arrivant au Chalet , tonnerre, deluge de grêle , juste le temps de me réfugier à l'intérieur mais je suis déjà bien mouillé. Je commande un thé chaud pour me réchauffer et devant mon coupe vent sans manche le patron s'inquiète pour moi " Vous allez mourir dans la desente !" Il m'amène un sac poubelle en guise de 3ème couche merci à lui . Mais je lui dit que je compte monter , il me resute 6km pour réussir mon défi. "Vous etes fous , la route est fermée il grèle fort au sommet" 

Coup au moral . Mettant en avant mes qualifications météo de pilote , j'affirme que le beau temps sera de retour dans 1h 😀 . Je sens comme un doute chez mes interlocuteurs . Le patron décidemment aux petits soins , sort tous les 1/4 h examiner l'évolution de la situation et revient me voir la mine grave " c'est de pire en pire !" . Je reste stoique, puisque je vous dis qu'il va faire beau ! 





Au bout d'une heure, alors que je commençais à ne plus y croire , il vient me chercher " vous aviez raison, c'est le moment d'y aller !" 

Il fait un froid polaire désormais , quel contraste , mais les nuages s'en vont, le temps est clair et j'ai un privilège rare : je monte tout seul sur la route déserte , absolument déserte , plus personne ! Moment hors du temps sur le toit du Monde , j'ai l'impression d'être dans un fim. La remise en route est un peu dure , jambes durcies par le froid , mais ça revient et me voilà tout seul sur la plateforme au sommet . Jamais vu ça . Seflie obligatoire , pas d'autre cycliste ou touriste pour me prendre en photo. 







Et voilà c'est gagné ! Il n'y a plus qu'à descendre , mais j'appréhende le moment avec le froid et la route trempée . Je mets en place le sac poubelle entre le coupe-vent et le maillot et c'est parti . J'évite de dépasser les 35 km/h pour ne pas avoir trop de vent relatif. Il fait froid mais c'est supportable. A 1100m dans la forêt , le GPS affiche encore 7°C en plein mois de Juin dans le Sud de la France . Incroyable . 

Petit stop à Bedoin pour un dernier coup de tampon + selfie , et voilà , il n'y a pus qu'à envoyer la carte pour homologation et faire partie du club des Cinglés . Reste 10km en faux plat descendant jusqu'à Mazan, les jambes sont super , j'envoie à plus de 40km/h un vrai bonheur . 





Me voilà au Gîte . Quelle journée incroyable et pleine de souvenirs, émotions et aventures . Je me sens physiquement très bien , à part le coup de mou dans la montée de Malauçène , j'ai toujours pris du plaisir en pédalant . Une journée magnifique qui restera gravée dans mes bons souvenirs de vélo ! 

dimanche 14 mai 2023

Samedi 06/05/23 : Gravel Ventoux Trans Massif

 Courant décembre, on découvre sur l'excellent site Bike Café l'annonce d'une nouvelle épreuve Gravel autour du Mont Ventoux en Mai . La Ventoux Trans Massif . Parcours de 50/110/220km . L'idée est initialement de faire le 220km , mais je me ravise finalement, c'est un week-end de trois jours et l'opportunité d'en profiter en famille. Le 110 km sera donc parfait . L'histoire dira que c'était un choix judicieux, j'avais très nettemment sous-estimé la difficulté de ce nouvel évenement ! Je réserve pour 3 jours un gîte à Bedoin pour notre séjour en amoureux ( on taira le nom du gîte après quelques déboires avec le propriétaire psycho-rigide ) . 



Départ prévu le vendredi midi, contraintes du boulot obligent . Toutes les affaires sont prêtes , il n'y a plus qu'à monter dans la voiture avec les deux ferocious dogs qui sont du voyage pour prendre l'air du Sud . 




Premier imprévu : notre petite Spitz Tessie réussi à mettre la truffe dans mon sac d'affaires de vélo et mange une pâte de fruit énergétique à la caféine. Non seulement elle trouve ça très bon, mais nous avons ensuite un super chien : elle entreprend de faire le tour de la maison à vitesse lumière , pas moyen de la rattraper. Voyant qu'on commence à s'énerver elle décide finalement de se réfugier sous le canapé d'où il est impossible de la déloger. Bref, on part avec une bonne heure de retard , mais j'ai le sourire à l'idée de la magnifique épreuve qui nous attend. 

Ce n'est qu'en contournant Lyon que je réalise que cela fait 38 ans que je n'ai pas franchi cette ligne vers le Sud en voiture. La dernière fois c'était pour un moment familial douloureux , une course contre la montre pour revoir ma soeur une dernière fois à l'hopitl à Marseille. Je chasse ces souvenirs et je me concentre sur le plaisir de retrouver la Provence, où j'ai passé de nombreuses vacances et 3 années d'étude. Quel plaisir d'entendre le chant des cigales et de retrouver la lumière plus blanche qui caractérise l'endroit. Dommage, la lavande n'est pas encore en fleur. 

Passé Lyon , c'est l'enfer alors qu'il n'y avait personne sur la route jusque là . Tellement qu'on annule la réservation faite pour 20h30 au restaurant Pasta et Basta et qu'on décide de diner sur l'autoroute. L'annulation fera des heureux , Eric et sa femme pourront dîner avec les deux places libérées, amusante coincidence. 

Arrivée au gîte à 22h30, le temps de décharger et de tout préparer pour le lendemain histoire de ne rien oublier , il n'est pas loin de minuit lorsqu'on se couche. 

Lever 6h30, on a rendez-vous au départ à 7h30 avec Ludo, Eric, Stéphane et Nicolas. Je fais de mon mieux pour ne pas faire de bruit , et en sortant du gîte surprise : un vrai torrent dévale dans la cour ! Je me demande si c'est la vidange du Spa mais c'est trop important. De toute évidence, une canalisaiton vient d'exploser. Je laisse un petit SMS à madame avec les coordonnées du propriétaire. Il s'avèrera que la ville a fait une erreur de manip et envoyé une surpression dans tout le quartier. Un vrai geyser sort devant l'hôtel un peu plus bas. 

2km500 à vélo jusqu'au départ , avec une petite bosse à 19% au milieu dont le coin à le secret , ça réchauffe car il fait encore frisquet à cette heure matinale. 

Le départ est dans un magnifique endroit, le domaine de Fleurans . 






Un petit café et il est temps de rejoindre le départ . Juste à coté de moi se trouve ... Laurent Brochard , ex champion du monde sur route qui a repris la compétition depuis 1 an au sein de l'équipe Wish One. 





Sur la première photo, Ludo , Stéphane, Nicolas et Eric . Sur la seconde, Nicolas et Eric et derrière eux , celle qu'on appellera désormais "La Miss" . 

Le départ est donné à 8h15 dans une belle ambiance, ça part tranquille. Après un petit bout de route, nous voilà déà sur une belle piste au milieu des ocres, terrain spécifique aux alentours de Bedoin, qu'on retrouvera au retour en visitant les Demoiselles Coiffées. 

Le parcours semblait plat jusqu'au Ventoux sur le profil mais c'est uniquement lié au fait que le Géant de Provence écrase la courbe de toute sa hauteur. Ca ne fait que monter et descendre ! Et les montées sont bien raides , souvent au milieu des vignes. Les paysages sont absolument magnifiques . Avec le grand ciel bleu , c'est paradisiaque, difficle de faire plus beau , je suis aux anges !  On alterne entre traversée de petits villages provençaux typiques et vues sur la Provence car on gagne progressivement de l'altitude. 

Nicolas est en forme, Ludo évidemment ne lâche rien et il faut parfois appuyer sur les pédales pour suivre les loustics. Les pistes sont belles mais caillouteuses. Avec les chocs , je me rends compte que ma selle descend. Je devrai m'arrêter plusieurs fois pour la resserrer. Régulièrement, la Miss me dépasse mais cale dans les passages techniques, je repasse. Je note toutefois qu'elle descend très bien alors que je monte un peu plus vite , on se double et se redouble régulièrement. 


Après 25 km, nous arrivons au premier ravito avec déjà 800m de D+ . Ca ne rigole pas ! .




Je grignote abricots, bananes et barres énergétiques, serre ma tige de selle de toutes mes forces en évitant quand même de tout pêter et rempli le camel à ras bord ( très bonne idée ) . 

Nous repartons tous ensemble pour une nouvelle partie de montées / descentes dans de très jolis chemins , c'est vraiment un régal de rouler dans ce coin. J'ai mis le capteur de puissance sur mon Graxx en essayant de rester dans ma zone de confort pour ne pas laisser trop de forces. Mais les copains appuient sur les pédales et il prennent régulièrement un peu d'avance. Bon, on verra , la route est longue ! 

Superbe passage dans les dentelles de Montmirail . 





Avc encore une belle bosse derrière où les organisateurs nous prennent en photo 



On gagne en altitude , et on approche sur une petite route de Malaucène, un des trois points de départ de la montée au Ventoux par la route. Dans une énième bosse, je vois les copains prendre petit à petit de l'avance. Je n'essaie pas de les rejoindre, je sais qu'une longue montée vers le Col du Comte nous attend. Alors que je les vois tourner à droite sur une route, ils disparaissent de ma vue. Je vois une piste , je fonce. Curieux j'ai l'impression de passer dans une ferme. Soudain une voix tonitruante , un anglais à moustaches digne de la Grande Vadrouille "What the hell are you doing there ! This is a private place !!!" . "Euh sorry sir, I did a mistake I'm on a bike race" et je montre ma plaque. Heureusement, il n'est pas armé et je retrouve la route.  Je reste dans mon rythme, accompagné par un petit groupe et l'inévitable Miss qui roule super bien. 

Conséquence de l'arrivée tardive, je n'ai pas relu les consignes la veille et j'ai en mémoire un point d'eau au km 60. Du coup je ne m'arrête pas à l'entrée de Malaucène quand je vois quelques concurrents arrétés près d'un robinet au bord d'un terrain de sport. Le camel fait 1,5l , il m'en reste la moitié . La suite dira que c'était une belle erreur. 

Le km 60 , c'est pile l'entrée de la piste que 15km vers le col du Comte. Et je ne vois pas la moindre table de l'organisation ou point d'eau potentiel. Hum, zut me dis-je d'autant qu'il commence à faire chaud. 

Petit à petit, le groupe se délite, on n'est plus que deux puis je me retrouve tout seul. La piste a beau avoir l'air roulante elle ne l'est pas. Il y plein de cailloux sur lesquels le Graxx bute régulièrement avec une dépense d'énergie pour relancer. 

Au bout de 5km , je me dis que la vue est incroyable. On domine la Provence, et une belle vallée , la piste cheminant en balcon. Fantastique ! 



Les pourcentages dépassent régulièrement les 10% . La vitesse lue sur le GPS commence à me déprimer ! Combien de temps vais-je mettre pour arriver au ravito au Col du Comte ? Là où je pensais mettre un peu plus d'une heure je réalise qu'il faut plus que doubler l'estimation. Le point encourageant est que tout le monde va à la même vitesse d'escargot . Très peu de concurrents me rattrapent et mettent plusieurs minutes à passer. 

Sauf un gars en orange, qui passe au double de ma vitesse , comment il fait celui-là ? Et quelques minutes plus tard , le voilà qui resdescend ? 

Il repassera au moins 5 fois 😀 me donnant des envies croissantes de meutre ! 

Je mange une barre , puis un gel , je sens le camel devenir très léger , ça va être juste en eau c'est clair. Et ça duuuuure ! Ca n'en finit pas . Un léger replat me redonne le moral , c'est roulant jusqu'au col ? Mais non , ça remonte plus fort encore . 

Soudain, crampe à la cuisse gauche . Aie ! J'aspire trois gorgées , mouline , encore un gel , ca passe mais je sens que ça va revenir. 

Un gars me rattrape , tire la langue , me dis qu'il n'a plus d'eau , moi non plus hélas . Et paf , il crampe aussi et doit s'arrêter. 

Encore une pente raide , des cailloux, recrampe. Mais c'et l'enfer ce truc ! Je me sens comme lors de ma première Granit Montana. Mon JP , le parcours sous-estimé tu as. C'est un truc de malade en fait ! . Il faut dire qu'on avait déjà 1600 D+ dans la pattes au km 60. J'ai déjà monté le Ventoux plusieurs fois par la route, dur mais ça reste un bon souvenir sans souffrance majeure. Mais là , sur cette piste , j'en bave et je maudis les organisateurs. 

Bon, allez , mode finisher on . Tu vas y arriver même en rampant ! . Je ne rattraperai pas les copains, donc je pousse le vélo 300m histoire de faire partir un peu les toxines. Le kilomètrage sur le GPS n'avance pas , ça n'en finit pas et pas de zone pour récupérer. Pfuiiii ... 

Quelques cyclistes hagards sont assis au bord du chemin et tentent de récupérer à l'ombre . C'est un vrai combat cette montée. Ne rien lâcher JP , tu en as vu d'autres . Mouais, peut être , mais je classe le truc dans le top 3 des montées les plus dure que j'ai faites en 50 ans de cyclisme ( et oui , quand même ... ) . 

Le gars en orange me redouble pour la nième fois et je réalise que la personne qu'il allait rechercher était notre fameuse Miss qui n'est qu'à quelques centaines de mètres derrière moi et gagne du terrain. 

Soudain au détour d'un virage , nous y voilà , le ravito ! . Enfin ! 

Je me jette sur la Saint Yorre bien fraîche, un vrai bonheur . Je sens la vie couler dans les veines . Et il y a du saucisson . Ah non , y en plus , JP a tout mangé comme un mort de faim . Ai-je mal géré mon alimentation ? Je dévore tout ce qui passe à portée , bananes, abricots, barres , saucisson , crackers , ... et je m'accorde une petite pause à l'ombre de 10 minutes. La Miss arrive , et explique à haute voix "j'ai adoré cette piste c'était roulant et linéaire !" . Stupéfaction générale autour d'elle . 



Vais-je arriver à repartir ? Pour ne pas trop me poser de question , je saute sur le vélo et me retrouve sur la route dans la station de ski du Mont Serein avec encore de gros pourcentages. Mais à mon grand étonnement , je suis un autre homme : je ne me sens plus fatigué , plus de crampes , je peux appuyer , j'appuie . Tiens quelqu'un passe , mais ... c'est la Miss . 



Grrrr .... je tombe deux dents , les sensations étant bonnes , alors que je m'étais limité à 220W jusque là , je laisse la puissance monter à 300W. Miss larguée.  Super , je double plein de monde maintenant, un petit coup de danseuse, 400W , ça passe nickel , le JP est de retour c'est le 2ème souffle . J'ai surtout en tête qu'une fois au sommet , ça descend quasi tout le temps jusqu'à l'arrivée. Je repasse les gars qui m'ont doublé dans la montée sur la piste, et me dirige vers le sommet. Ca grimpe sévère quand même de ce coté . Je suis déjà monté par la route depuis Bedoin et Sault mais c'est une première par Malaucène . Je mémorise les passages, ça servira pour le jour où je tenterai les Cinglés du Ventoux. 

Paysage évidemment magnifique, avec des hurlements de moteur de motos qui s'en donnent à coeur joie, le revetement est un vrai billard de ce coté. 

Après quelques derniers coups de pédale , voici enfin le sommet. 





Je m'offre un coca et une petite pause au sommet , hélas le fameux panneau routier "Mont Ventoux" est en réparation et absent. 

J'avais un peu rigolé devant la demande des organisateurs d'emmener un coupe vent au vu de la météo. T'avais oublié que le Ventoux est à 2000m mon JP . Je mets donc le coupe vent , car il fait frais et la descente sur route va être rapide. 

Le Graxx file sur la descente. Avec les pneus de 42c , il est ultra stable et enroule les virages avec une super efficacité. Malheureusement, ca va si vite que j'ai à peine le temps d'en profiter avant de bifurquer après 7km sur une piste juste après le Chalet Reynard. 



Retour sur piste , en faux plat ... montant ( pfuiii ... marre des montées ) mais facile . Juste derrière moi se trouve ... la Miss et son copain orange. Le GPS m'indique "climb 18/19" , zut il en reste encore un après ? 

Ca redescend et la pente augmente. Les nombreux petits cailloux ne me rassurent pas plus que cela quant au contrôle de la trajectoire , je serais plus confiant sur mon VTT . C'est à ce moment que la Miss me passe comme un missile , sacré descendeuse, avant de freiner et s'arrêter quelques mètres plus loin. 

"Monsieur , mon GPS s'est arrêté , je ne sais plus quel chemin prendre" . 

Hum mon bon JP , j'ai l'impression que tu es plus jeune dans la tête que de l'extérieur, la Miss n'ose même pas te tutoyer devant ton grand âge 😂. 

"Pas de souci , tu n'as qu'à me suivre !" ( tentative de replacer le JP dans la catégorie des jeunes cyclistes ) . 

Nous voilà reparti. Evidemment mon honneur de cycliste chevronné est challengé par le missile de derrière donc ... je lâche les freins ( ah l'égo 😀 ) . S'en suivent des vibrations monstrueuses , mal aux bras, jusqu'à ce que le GPS dépasse les 40 et là le Graxx se met à voler sur ( au-dessus ) de la piste . Eh eh , trop fort JP . 

Virage en épingle à cheveux , s'en faut d'un cheveux justement que le JP finisse dans le précipice après tentative de rattrapage acrobatique en dérapage des 2 roues, mais ça passe. La Miss est imperturbable dans ma roue, le copain largé ( tombé dans le précipice ? ah non zut ) . 

Après dévalage de la piste , on rejoint la route. Quelques km de descente à Mach 1 dans la forêt , superbe . Pourquoi le GPS bippe ? Parce-que tu as raté une bifurcation vers un chemin à droite. Zut, encore un peu de D+ imprévu, faut remonter.  

On retrouve le chemin, oulà , c'est du VTT là . Single raide avec des marches, le Graxx passe sans souci mais c'est tendu quand même. 

Après une belle piste en montage russe où le copain orange envoie du bois ( il est revenu ) , je suis full gaz , les jambes sont à 100% maintenant , je reste sur la plaque. 

Et on arrive dans les Demoiselles Coiffées , très étrange et magnifique endroit . La terre ( sable ? ) ocre est légère et même dans quelques centimètres de ce sable ocre , on arrive à rouler. 




Encore quelques kms de chemins à la sortie à peu près plats et on rejoint le départ après 8h39 de roulage pour moi . 

Fatigué, mais pas épuisé , pas de douleurs , au point que je me demande d'où vient le gros coup de mou dans la montée sur piste du Col du Comte mais il semble que la plupart des concurrents aient vécus une expérience similaire . Je n'aurais peut etre pas du remplir le camel avec une boisson énergétique inconnue au premier ravito . Laurent Brochard vainqueur en 5h50 . 

Superbe journée de vélo comme je les aime , y compris avec les passages difficiles surmontés. 

Une chose est sure , j'ai adoré ce parcours et je reviendrai , avec une préparation un peu différente pour mieux gérer une effort long en montée raide. 

Super bravo aux organisateurs , magnifique parcours , un ravito organisé à Malaucène pour bien visualiser le point d'eau serait la seule suggestion d'amélioration que j'ai à faire , pour le reste , ne changez rien ! 




dimanche 18 septembre 2022

Samedi 17/09/22 : Paris-Le Crotoy

 

En rentrant du CC07, Laurent me parle du Paris-Le Crotoy, qui a remplacé le Paris-Honfleur, célèbre rando. J'en ai souvent entendu parler et je ne l'ai jamais faite , donc je saute sur l'occasion et je m'inscris. Ludo fait de même, voilà une épreuve bien sympa à venir. 

N'ayant pas de bons souvenirs de rappatriement en bus sur des expériences précédentes, je prends un billet de train pour le retour , à la gare de Noyelles pour 18h45. 215 km mais en peloton, je table sur un 28 de moyenne sans forcer , 1h d'arrêts , disons qu'on arrivera à 15h au plus tard , ça permettra de visiter le coin. J'adore la baie de Somme mais pour l'instant, je n'ai fait .... que la survoler en avion, passant systèmatiquement prendre les phoques en photo quand je vais au Touquet. 

Avec l'entrainement des vacances, j'espère pouvoir pleinement profiter du plaisir de rouler avec les copains. 

On se donne tous rendez-vous à 7h30 au départ, Ludo ayant motivé quelques uns de nos amis d'AAOC et je suis tout content de rouler à nouveau avec Franck XXXL que je n'ai pas croisé depuis un petit bout de temps . 

Je décide finalement de prendre une chambre à Colombes pour la veille au soir, beaucoup de travail en cette rentrée et je ne me sens pas de me lever à 4h30 du matin pour venir depuis Bretigny. Je réserve dans un B&B tout neuf qui se révélera un excellent choix, d'autant que le receptionniste m'accorde de laisser la voiture sur le parking pour la journée. 

6h, je me lève après une bonne nuit et je prends un excellent petit déjeuner à l'hotel , pain, croissants, jambon, oeufs , de quoi tenir 215 km sans problème 😀 . 

Manchettes et coupe vent indispensables au départ , les températures se sont effondrées en quelques jours et il fait bien frisquet. J'ai juste à passer le pont sur la Seine pour rejoindre le départ ce qui me prend 5 min. Je m'attends à trouver un village entier grouillant d'animation et je suis assez étonné de ne voir qu'une petite tente noire sous laquelle deux dames congélées et tremblant comme des feuilles me donnent ma plaque de cadre. Je confie mon sac avec mes affaires de rechange et une housse de vélo pour être sur de monter dans le train au cas où il serait envahi de cyclistes. Préparation méticuleuse pour ne rien laisser au hasard, on ne sait jamais, il m'arrive parfois des aventures 😀. 

Ludo arrive 3 minutes plus tard et nous rejoignons toute la bande qui nous attend devant le stade. Franck XXXL et en forme et comme à son habitude, met de l'animation dans le groupe tout en reveillant les différents quartiers traversés avec sa voix tonitruante. 




Bien qu'il fasse frais, il fait un temps magnifique, les jambes tournent bien ce matin, je suis très heureux d'être là et j'ai la banane à l'idée de la bonne journée que je vais passer avec les copains. 

Ludo se porte en tête comme à son habitude et emmène le groupe.  Nous voilà dans un rond point anodin, et soudain à ma plus totale stupéfaction je vois Franck qui n'avait pourtant pas pris plus de 10° d'angle dans le virage perdre la roue avant. Aie ! Le vélo se couche, et pars comme une fusée dépassant Ludo qui ne peut éviter de rouler dessus et chute à son tour, sa main se coinçant entre le guidon et la route . 




Tout cela s'est passé en 2s. Franck a rapé la cuisse et la main de Ludo est bien amochée , surtout un ongle mais rien de grave, le temps que nos blessés reprennent leur esprits , nous pouvons repartir. 

Notre petit groupe roule bien jusqu'au premier ravito situé à Chantilly. Quelques bosses roulantes, mais pour l'instant , ça roule tout seul . On avait rendez-vous avec Laurent au bout de 20km, avec suivi de trace en temps réel pour se retrouver. Mais Laurent a fait une petite erreur d'aiguillage et on se rate. Je profite de l'incident du rond point pour regarder mon téléphone et je lui donne rendez-vous au ravito de Chantilly. 



Le ravito est sur l'hippodrome de Chantilly, nous traversons la ville avec la vue sur le magnifique château et je retrouve le km de pavés que j'avais déjà testé lors d'une sortie dans le coin. Les vibrations sont vraiment terribles, ça fait du bien quand ça s'arrête. 



Le ravito me surprend un peu : petit cubes de jus d'orange comme je n'en avais plus bu depuis ... très longtemps , viennoiseries sous plastique, c'est plus qu'inhabituel, pour faire simple , jamais vu ça . J'aurais préféré de l'eau et du sirop , bananes, abricots sec et chips , bref le menu habituel . 

Laurent nous rejoint, Ludo lave sa main blessée, pas trop de mal sauf un ongle douloureux avec un gros hematome qui va le lancer toute la sortie. 

Nous repartons, direction Neuville en Hez à 33km.  Laurent a des fourmis dans les jambes et prend des relais plus qu'appuyés ce qui lui vaut l'inévitable leçon de relais de maître Franck. Laurent se montre bon élève et ecoute les conseils du Maestro. 

Un nouveau venu fait son apparition dans le groupe : le vent , de face , plutôt bien sensible dès qu'on est un peu à découvert. 

Nous voilà rapidement à Neuville, nouvel arrêt ravito. Ludo découvre que son pneu arrière tubeless a perdu de la pression, sans doute un effet de la chute. 




Même buffet que la première fois, pas sur que ce soit très nutritif ces viennoiseries industrielles. Je vais commencer à taper dans mes réserves de pattes de fruit et gel par la suite. 

Un bénévole propose une pompe à pied à Ludo qui regonfle mais ça produit l'effet inverse escompté et il faut mettre une chambre. 

Tout cela prend un petit bout de temps et on repart du ravito alors que le parc à vélo est quasi vide, plus personne. Laurent s'inquiète pour le repas 'il n'y aura plus de plateaux !" 

Les relais s'organisent plus ou moins correctement, mais on avance pas mal , dans un vent désormais intense . On en a plein les oreilles, on n'entends même plus Franck parler ( ceux qui le connaissent comprendront ) , j'en ai plein la tête, je n'aime pas ça mais les jambes vont toujours bien. Le paysage est plutôt sympa et le parcours vraiment joli, que la France est belle sous le soleil me dis-je. 

Nous sommes sur l'étape la plus longue, 50 km jusqu'au prochain ravito. Jean-Luc a un peu de mal dans les bosses mais Franck veille au grain et le ramène à chaque fois dans le groupe. On roule bien en se relayant face au vent et on remonte un nombre considérable de concurrents et petit groupe . Quelques cyclistes rattrapés sautent dans le groupe qui s'étoffe et améliore sont efficacité globale. A chaque fois , je me dis "allez , encore des plateaux repas dépassés, il devrait rester à manger finalement" . Je les compte en fait : " un plateau , deux plateaux , trois plateaux ..." On en dépasse pas loin de 200 quand même 😀 , un truc à s'endormir ça en les comptant tous 😂

Nous rejoignons enfin Sommereux, lieu du ravito 3 qui est aussi le repas de midi . 

Il est 13h à notre arrivée, dans un clos de ferme très joli, et nous mangeons sur l'herbe au milieu des pommiers. 

Laurent a été malade sur ce tronçon ce que nous ne savions pas , ayant constaté sa disparition du groupe sans trop savoir comment , il arrive 10 minutes plus tard, pas très en forme. Jean-Luc se plaint aussi de maux de ventre. Est-ce les cubes de jus d'orange et les trucs sous cellophane ? 

On mange une espèce de salade en boite pas franchement enthousiasmante, avec une banane en dessert . Bon ce ne sera pas le repas du midi le plus génial que j'ai vu sur une épreuve cyclo ... On explique à Laurent à quoi ressemble les cylcos Belge et leurs ravitos incroyables. 






Finalement , tout le monde repart, il est 14h30 . Hum ... je me dis qu'il ne va plus falloir trainer si on veut choper le train , il reste à peine une heure de marge . 

J'avais lu quelque part cette partie était la plus difficile. Effectivement, après quelques kms sur de belles routes de campagnes en zig-zag, on enchaine une série de bosses dont une avec un bon passage à 13% . Pas mal de concurrents quasi arrêtés ou à pied.  Plusieurs nous félicitent au sommet, pourtant rien de vraiment si difficile. 

Sur le plateau qui suit, un pshiiiiit sonore . Ludo a crevé de l'arrière ! Il n'a plus de chambre mais on lui en donne une , nous voilà reparti. Je commence à regarder l'heure pour le train, arrivée au Crotoy à 18h me dit le GPS. Je me dis qu'il ne faudra pas trainer au prochain ravito . 

Pendant que Ludo répare le long d'une haie, le proprio nous dit qu'on n'en a pas fini avec les bosses, il y en a encore une bonne qui s'annonce. 

Effectivement ... Jean-Luc a vraiment du mal maintenant , n'ayant pas trop roulé ces derniers temps . Franck et Olivier décrochent pour le ramener, on continue, le groupe se réduit . Laurent commence à parler de couper pour attraper le train mais c'est impossible pour Ludo et moi, nous avons nos affaires à l'arrivée dans le sac donné au départ . Il faut rejoindre l'arrivée coute que coute ! 

Au moins, mon vélo fonctionne à la perfection avec ses pneux Vittoria Corsa Next presques neufs ( trois sorties ) et plein de préventif . Vive le tubeless au moins je suis tranquille coté crevaisons. Ca vaut mieux car nous sommes sur de toutes petites routes de campagne plutôt très sales. 

Pshiiiiiiiitttttt  ... dans une descente en un tour de roue mon pneu arrière est à plat . Non ! C'est pas possible ! 

Je préviens les copains devant, je m'arrête et découvre avec horreur que mon pneu s'est déchiré sur 3cm sur le flanc ! On peut passer le doigt au travers . Miséricorde , qu'est-ce qui a bien pu faire ça . La situation n'est pas top car il faut colmater la déchirure sinon la chambre va faire une hernie et éclater. 

Olivier a des rustines , on en colle une dans le pneu . J'ai un petit doute, mais je suis pressé et je décide que ça fera l'affaire . On regonfle, reparti , le GPS dis arrivée à 18h15 ... de plus en plus chaud . 

Et le vent qui est de plus en plus terrible. 

Tout bascule, je ne suis plus dans le plaisir, désormais c'est un combat contre le temps et le vent . Le plaisir s'est éloigné , warrior is back , faut le faire , faut rien lâcher, on a pas eu de chance mais on a payé le tribut , désormais tout droit vers l'arrivée et pas question de s'arrêter au ravito. 

Le groupe éclate entre les bosses, le vent , les incidents . On roule à cinq désormais avec une fille sur un vélo de triathlon en position aéro parfaite qui tient notre rythme. 

Alors qu'on approche du ravito , pshiiiiiiittttt . Ah non , c'est pas vrai ! Plus de chambre, là c'est la galère . Heureusement un gars en noir sympa s'arrête et nous donne un chambre , en plus à valve longue , pile poil parfait pour ma roue de 55 .


 

La rustine a bougé , entrainant une hernie et la crevaison . Je la replace soigneusement. Le reste du groupe avec Franck arrive et décide de nous attendre au ravito , on leur dit de nous rejoindre ensuite car on ne s'arretera pas , sauf Laurent qui désormais annonce qu'il va couper. 

On arrive au ravito, Laurent s'arrête , je me plante de chemin le GPS m'indiquant de tourner car le ravito était sur la trace , bref 5 minutes de perdues . 

Arrivée 18h40 désormais : impossible de récupérer le sac puis se repartir à Noyelles à 5 km en arrière en 5 minutes . Sauf miracle c'est mort mais il reste un espoir si on peut remonter la moyenne. 

Mais justement, j'ai soudain l'impression d'avoir un frein sur le vélo, je me sens fatigué , bref , j'ai du mal à suivre Ludo . Le vent omniprésent me prend la tête, j'en aussi marre de le sentir que de l'entendre mais j'y crois toujours, en tant que spécialiste en galère, je sais que ça se termine toujours bien . Allez on y croit ! Mode survie+ enclenché . Je VEUX rentrer chez moi ce soir et retrouver ma petite femme. Même si je dois rentrer à vélo , je vais y arriver ! 

Laurent nous rattrape , finalement il va prendre le train à Noyelles. Pas d'affaires à récupérer donc c'est possible pour lui. 

Et à 15 km de l'arrivée .... sur une belle route propre ; pshiiiiiiitt .... 




Les bras , non,  les jambes m'en tombent . Pas possible, c'est une malediction, je suis marabouté , ou alors il y un sniper qui m'en veut et tire dans mes pneus. A la réflexion, cette dernière hypothèse est sans doute improbable. Cette fois,  le train c'est mort . Allez on continue sur la jante . Et puis on s'arrête finalement en voyant des vélos arriver. Miracle , un gars équipé comme pour une rando de 5 jours me propose même un pneu . J'ai honte , je refuse , on se contentera de la chambre , heureusement dans une boite en carton. 

Pourquoi heureusement ? Parce-que clairement la rustine n'était pas la bonne idée . La déchirure est trop grande, rustine trop souple, si je crève c'est parce-qu'une hernie finit par se former. 

On met la chambre ( sans le carton , j'ai pas encore tilté ... ) . On gonfle à mort et BOUM ! Explosion sonore qui s'entend à 1km . Heureuement, car devinez qui arrive à la rescousse attiré par le bang : le gars en noir de tout à l'heure qui me redonne encore une chambre à grande valve. 

Cher inconnu , je ne sais pas qui tu es et je regrette de ne pas te l'avoir demandé . J'étais un peu desepéré il faut dire. Mais merci , du fond du coeur pour ta générosité ! 

Cette fois je fabrique un patch en carton pour protéger la déchirure. Je sais que c'est ce qu'il faut faire et j'aurais du le faire dès le début. Honte à moi  . 

Au passage, je réalise que l'étrier arrière frotte à mort sur la roue j'ai mal du la remettre en place , d'où la sensation que je n'avais plus de jambes ! Je recentre l'étrier et ça tourne rond de nouveau. 

On repart pour Nième fois . Entre les explosions et crevaisons, cette fois , le GPS indique 19h20. Le sujet du train est définitement clos . 

Il nous reste une chance : le bus de l'organisation et le camion qui ramène les vélos ... à 19h30 . 

Après une 2x2 voie pas top qui nous fait rallumer nos feux arrière, on finit sur une belle piste cyclable. Le patch en carton fonctionne, le pneu tient . Les jambes reviennent pour le final magnifique au bord de la mer sur la piste cyclable et je me force à croire qu'il y aura de la place dans le bus . 






On demande s'il y a de la place dans le bus : OUI !!! mais il nous reste 3 minutes pour mettre les vélos dans le camion . 

Le camion est fermé , il faut négocier pour le rouvrir, on est une dizaine dans le même cas , allez c'est bon vélo embarqués, le bus part à 20h30. 

Sauvés ! In extremis . Merci ma bonne étoile mais c'est bon , faut pas te sentir obligée de me faire vivre des trucs pareils ! 

On a le temps de boire une bière avec Ian qui a fait le Paris Nice avec Ludo . 

On monte dans le bus 

Arrivées Colombes à 23h . 

Oui mais ... le camion n'est pas arrivé . Il faudra l'attendre 1h15 de plus ! 

Ludo me suggère d'aller récupérer la voiture, très bonne idée , je vais la chercher à pieds, on pourra patienter confortablement. 

Le camion arrive , le temps de tout décharger , dépose de Ludo à Vanves à 1h15 . Qui repart ... avec ma roue avant, dans le noir , j'ai interverti les roues en les rangeant posant la mienne sur son vélo. Bon pas grave, ça attendra la semaine prochaine pour faire l'échange . 

Arrivée maison à 1h45 . 

Sacré journée , mais tout est bien qui finit bien ! 

Laurent a eu son train pour 5 min . 

Si je la refait un jour , ce sera en off , car vraiment pas aimé les ravitos et trop de temps perdu dans ces arrêts . Je préfère le mode autonomie des Classics Challenge . Mais le parcours et la destination valent le détour. Pour les pneus, j'hésite à passer du tubeless aux pneus pleins pour être sur , faut réflechir 😉

Par contre, l'arrivée était magnifique et j'ai retrouvé le plaisir sur les derniers kms. Encore une belle journée de vélo  et plein de souvenirs 😀


dimanche 11 septembre 2022

Dimanche 11/09/22 : les Boucles de la Juine avec Benoit

 

Benoit qui retrouve la forme était partant pour faire ensemble les Boucles de la Juine à Lardy . Rando historique mais qui a beaucoup amélioré son parcours ces dernières années et dont je garde un très bon souvenir de l'édition 2021. 

J'ai dû lancer une grosse révision du VTT qui n'avait quasiment pas roulé de l'année. Remise en place des roues qui étaient passées sur le Gravel, vidange des suspensions avec un amortisseur arrière récalcitrant, la vis tenant l'axe avant s'étant soudée sur la pastille alu du cadre. Il a fallu y aller à la soude caustique pour la sortir ! .  Purge des freins aussi.  Le Dengfu M06 est donc comme neuf et prêt pour retrouver les singles de l'Essonne. 

Je nettoie et prépare le camel hier soir, Lardy étant tout proche, j'irai à vélo d'autant que ma rue est barrée et filtrée à cause de la fête de l'Humanité qui se tient ce week-end sur la base aérienne de Bretigny à 300m de la maison. 

Départ dans le brouillard à 7h45 , rdv fixé à Benoit à 8h15, sous un brouillard aussi épais qu'inattendu après des mois de canicule. Je mets en place mon feu arrière haute intensité, la visibilité étant plus que douteuse pour la portion finale avant Lardy à faire sur la route. 

Ce n'est que presque arrivé que je réalise que j'ai laissé le camel à la maison, plus du tout l'habitude de le prendre ! Heureusement , arrivé sur place , le stand No Limit Cycles me dépanne d'une gourde, un grand merci à eux ! . Les pneus étant plein de préventif tout neuf , je ne suis pas trop inquiet pour le coté mécanique. 

Benoit se fait un peu attendre, il était perdu dans Lardy , plus l'habitude du point de départ 😀

8h25, nous voilà en route. Départ habituel sur le petit single qui surplombe la route et que je connais bien pour l'avoir emprunté avec le Gravel la semaine dernière sur la Ballancourtoise. La descente et remontée du talus ne pose pas le moindre souci avec le VTT. 

On tourne dans la forêt de Cheptainville, avec une variante nouvelle et superbe cette année en allant chercher un magnifique single tournicotant derrière la carrière de sable. Les quelques averses de la semaine ont bien tassé le sable ce qui perrmet de passer sur le vélo. 




Benoit tient un bon rythme, très constant, la seule différence est qu'il ne se sent pas encore suffisamment en confiance pour accélérer dans les bosses où les parties plus roulantes. Mais le rythme reste très correct et il n'y a guère que les VAE qui nous doublent. Ils sont d'ailleurs légion, le paysage des randos VTT s'est radicalement transformé. 

On enchaine singles et des parties plus techniques, avec un balisage et des panneaux extrémement précis, impossible de se perdre et je prends rapidement le pli de suivre le balisage qui est souvent en léger écart avec la trace GPS pour aller chercher quelques petits recoins. 

Premier ravito au bout de 17km , second à Boissy le Cutté au km 32 . 




La boucle de Boissy est la plus technique et physique, avec une grosse marche que je me souviens avoir déjà passé mais qui est un peu trop raide pour moi avec le peu d'entrainement technique. La fine couche de terre humide qui recouvre la plupart des rochers m'a valu quelques glissades depuis le départ et je préfère assurer. 




Retour au ravito pour le final où il nous reste des forces. Ca accélère sur les cinq derniers kms, je reste derrière Benoit puis je décide de le titiller un peu pour voir si le turbo marche encore. 1 km plus loin , le fameux plateau de 44 de Benoit retrouve sa fonction et le le vois passer couché sur le vélo , je saute dans la roue le sourire aux lèvres et plein de bons souvenirs qui se réveilllent,  notre jeu préféré est revenu 😀

Un petit sandwich et une bonne bière et retour à maison sous un soleil aussi radieux que mon sourire.