lundi 12 août 2013

Dimanche 11/08/13 : le tour du Jaizkibel

L'année dernière, je n'avais pas réussi à boucler le tour du Jaizkibel, la faute à des militaires espagnols en manoeuvre et à un toro qui barrait le chemin. J'étais donc bien décidé à réparer cet échec. Une recherche de nouvelles traces sur internet m'avait permis de tomber sur un CR des "CrapauxTT" qui m'avait enthousiasmé, notamment la photo d'un single en crête avec la mer des deux côtés qui valait le déplacement à lui seul. Sans compter le sentier en bord de mer sur le chemin du retour que je n'avais pas pu emprunter en 2012 et qu'il me tardait de découvrir. Je rentre donc le parcours téléchargé sur Plani-cycle dans mon GPS, en préparant une alternative un peu plus courte empruntant un peu de route sur le retour au cas où l'horaire serait difficile à tenir . C'est que le CR annonce 6h pour 40 km ... de quoi imaginer quelques passages techniques. Après pas mal d'essais, j'ai fini par trouver la solution GPS idéale pour mon usage . Pour la partie guidage cartographique, le Motorola Defy Mini étanche, associé à un petit module GPS bluetooth externe qui permet d'économiser la batterie et de tenir plus de 8h en utilisant l'excellent application française "MyTrails" développée par Pierre-Luc Paour. Le gros plus de MyTrails : très simple d'usage, une cartographie ultra complète allant des cartes OpenCycleMap gratuites aux cartes IGN payantes, avec la possibilité de les télécharger en local. L'application est bien conçue avec une fonction de verrouillage automatique de l'écran qui évite les interactions imtempestives en roulant, fréquentes avec un écran tactile très sensible sur un smartphone. Je conserve mon GPS Holux avec la trace en backup pour son autonomie énorme et sa précision d'enregistrement avec notamment l'altimètre baromètrique. Samedi soir, je prépare le camel avec boisson énergétique maison en version raid longue durée et un bidon additionnel en prévision de la chaleur. Dimanche matin, réveil matinal et me voilà à 7h50 parti en direction de l'Espagne. Premier imprévu, aucun des deux GPS n'arrive à capter les satellites, malgré un ciel clair. Pourquoi ? Mystère. Finalement le Holux se décide mais je devrais faire une pause de presque 1/4h à Fontarrabie, je n'ai toujours pas de signal sur le Motorola et donc pas de guidage. Zut alors ! Finalement, après plusieurs réinitialisations, ça fonctionne enfin sans que je comprenne l'origine du problème. J'aperçois le Jaizkibel de loin .

Au fond, le Jaizkibel

La route s'élève et j'approche de la forêt. La pente est déjà raide, le compteur plafonne à 10km/h. Derrière moi, il me semble soudain entendre un bruit de cavalcade. Je me retourne et je vois un énorme molosse qui vient de sortir de nulle part et me fonce dessus tous crocs dehors. Aie Aie ! Et Benoit qui n'est pas là avec la bombe anti-chiens ! Montée d'adrénaline, les jambes tournent soudain toutes seules et je gagne 15km/h d'un coup. Heureusement, le molosse n'est pas un bon grimpeur et je le distance rapidement, il renonce. Ouf ! JP 1 - Molosse 0 .

Me voilà maintenant dans le vif du sujet sur les chemins forestiers rocailleux et très ravinés avec toutes les pluies de ces derniers mois. La progression est difficile, j'apprécie l'efficacité du Dad et je suis surpris d'arriver à passer certains zones vraiment défoncées.

Ca ne manque pas de cailloux ! 
Deux cyclistes espagnols me demandent le chemin de San Sebastian, je tente de leur expliquer en m'aidant de la carte sur le GPS, mon espagnol se limitant à "Ola" pour dire bonjour. ils semblent m'avoir compris et repartent dans la bonne direction. La 2ème partie de l'ascension est la plus difficile. Certaines zones sont encore humides et le pneu arrière atteint ses limites, un peu de poussage s'impose qui se transforme d'ailleurs en portage. Me voila enfin sur les alpages, il reste à rejoindre le sommet. Des vaches broutent, je vérifie qu'il n'y a pas de toro ... mais non, pas cette année, je passe moyennement rassuré quand même. Ca monte vraiment très fort, l'adhérence est excellente mais je me demande si je vais tenir jusqu'au sommet. Finalement, si ça passe et je double quelques marcheurs très étonnés de voir un vélo passer à cet endroit.
Le sommet est tout là haut
Vue côté France, au loin la Rhune dans les nuages
La vallée qui mène à San Sebastian

Les antennes et les Pottocks

Le sommet , derrière, l'océan Atlantique
Le début de la descente est un petit peu ... technique !
Après une pause photos pour profiter de la vue magnifique à 360°, je me lance dans la descente. Le début n'est pas simple du tout. D'énormes blocs de granit sont partout sur le chemin. Les entraînements à Bleau trouvent toute leur utilité, mais quelques passages m'inciteront prudemment à mettre pied à terre, je suis tout seul et il faut garder de la marge de sécurité. La descente se fait ensuite plus ludique, le single serpente avec vue sur la mer à droite ou sur la vallée à gauche, le bonheur absolu ! Néanmoins, les passages techniques sont toujours présents, difficile de regarder le GPS. Je prends un peu trop à gauche et me retrouve sur une trace parallèle, en sous-bois .

Joli sentier !

Au détour d'un virage, une grosse dalle rocheuse avec de la pente. Je m'engage, et là , ça se complique. Le rocher est mouillé, les deux pneus commencent à glisser. Je dois lâcher le frein avant pour garder la direction mais je commence à prendre beaucoup de vitesse. Ca sent le roussi, je m'éjecte du vélo qui fait un salto avant pendant que j'atterris dans un buisson, pas de bobo, ouf. Je repars prudemment à pieds pour passer la zone délicate et je rejoins finalement le bon itinéraire. Je n'ai toujours pas trouvé mon fameux single en crête, j'espère ne pas l'avoir raté. En fait, il fallait patienter, il est tout au sud du parcours. Après avoir franchi une barrière à animaux, un petit single remonte. Je doute de passer à vélo, mais si, le Dad passe tous les obstacles dont plusieurs belles marches de 30cm, incroyable les capacités de franchissement sur un 29". Je débouche au sommet et là ... j'y suis !

Vue magique, la mer des deux cotés,au fond à gauche, San Sebastian !
Mais chute interdite, sauf à avoir un parachute ou un diplôme de chamois d'élite

J'y étais !
 Je remonte le chemin, pour reprendre un bout de route afin de gagner un peu de temps et rejoindre plus rapidement le chemin côtier qui permet de revenir à Fontarrabie par le bord ouest du Jaizkibel. A ne rater sous aucun pretexte, car ce chemin est une pure merveille : des troupeaux de Pottocks entiers qui parfois barrent le chemin et il faut faire preuve de persuasion pour les faire dégager. Un chemin parfois roulant, parfois très technique mais toujours en montagnes russes permamentes au point d'en être usant, quand ça monte, c'est vraiment super raide et le 20x36 sera de sortie plus d'une fois. J'arrive dans une zone cahotique avec un beau ravin sur ma gauche. Prudence, je mets pied à terre et là je fais ... une Patrick ! Le cailloux sur lequel je pose le pied était instable , ma jambe gauche s'enfonce je tombe droit dans la pente. Heureusement, je tiens toujours le guidon et le vélo en se couchant me permet d'arrêter ma chute tout comme le buisson de ronce qui se trouvait en dessous de moi. Me voilà en train de ramper plein d'épines pour remonter sur le chemin, j'ai eu chaud !!

Le sentier du littoral
Une des multiples criques



Après presque une heure à monter et descendre sur ce single digne du paradis, me voilà de retour à la civilisation en atteignant le phare de Fontarrabie. Encore de belle vues sur la baie d'Hendaye avant de regagner la maison après 4h48 de roulage, 1450m de D+ et 56km. Une des plus belles sorties que j'ai eu l'occasion de faire. Franchement, ce coin est incroyable, il y aurait de quoi organiser des épreuves de légende ici, je me demande pourquoi personne ne s'est déjà lancé dans l'aventure.L'après-midi, de grosses vagues font leur apparition et mon fils insiste pour une session de body board. Et me voilà donc parti pour 2 heures de plus à palmer dans l'eau pour faire la course avec Nico. Dommage qu'il n'y ait pas une édition de la Granit en septembre :-) .

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Hello

A ce JP il sait nous faire rêver, encore une magnifique balade savament décrite, on devient de plus en plus accros au ludo-très technique. Mais fait gaffe à toi,l'équipe à déjà payé un lourd tribu cette année, et quant tu roule seul tu n'es pas loin de la correctionnelle en cas de chute.

Bonnes vacances et bon ride

Patrick